Rencontres du Végétal
Campus d'Angers
13e édition des Rencontres du Végétal
Un nouveau format au service des filières du végétal spécialisé
Les Rencontres du Végétal sont le rendez-vous national de référence du végétal spécialisé (arboriculture, maraîchage, horticulture ornementale, semences, viticulture, cidriculture, plantes médicinales et aromatiques et paysage).
Elles réunissent les acteurs du développement, de l’expérimentation, du conseil, de la recherche et de la formation, ainsi que les étudiantes et étudiants, autour des enjeux des filières.
L’édition 2026 fait évoluer le format pour favoriser les échanges et la construction d’orientations partagées au service de filières plus innovantes, durables et résilientes.

Nouveautés 2026
Découvrez le nouveau format des Rencontres du Végétal et les évolutions de cette édition.
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Thématiques
Six thématiques structurent les échanges et les contributions scientifiques du colloque.
Voir les thématiquesÉvénement associé — gratuit sur inscription
26 novembre 2026 · campus d’Angers de l’Institut Agro Rennes-Angers
Comprendre et favoriser la consommation des fruits et légumes
Une matinée d’échanges sur la consommation de fruits et légumes et les leviers pour la soutenir.
Organisée par INRAE, Agreenium, Aprifel, le CTIFL et l’Institut Agro Rennes-Angers.
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Accueil
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Plénière
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10:30
Café
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Adaptation au changement climatique et impacts sur les filières du végétal spécialisé: Vulnérabilités, diagnostics et pilotage de la transition climatiquePrésidents de session: David LAFOND, Laurent PARROT
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Agroécologie et gestion durable des ressources: Gestion agroécologique des maladies et ravageursPrésidents de session: Cathy ECKERT, Laurent BRUN
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La qPFD® : un outil robuste et accessible pour développer des itinéraires techniques renforçant l’immunité des cultures. Cas d’étude en viticulture dans le Charentais.
Végépolys Innovation, centre R&D du pôle de compétitivité Végépolys Valley, œuvre depuis 2007 au développement de méthodes pour l’évaluation des biosolutions, en partenariat avec des laboratoires académiques (IRHS, INRAE Angers, Respom). Dans ce cadre, le centre a acquis les droits d’un outil moléculaire breveté (PCT/FR2011/051470) permettant, via une approche RT-qPCR ciblée, l’analyse simultanée de plusieurs voies métaboliques de défense des plantes, activées en réponse à des traitements de type SDP ou des stress biotiques ou abiotiques.
Après 12 années d’utilisation dans des projets de recherche collaboratifs et de prestations de service, l’outil qPFD® a démontré sa pertinence et sa robustesse. Il permet aujourd’hui une large gamme d’applications : criblage précoce de molécules candidates, compréhension des mécanismes d’action, optimisation de formulations ou encore validation d’itinéraires techniques en conditions réelles. Après avoir présenté des cas d’application sur différentes espèces végétales ou produits (références ou candidats), la communication s’attachera à présenter des résultats d’application de cet outil au vignoble sur plusieurs années et discuter son intérêt pour sélectionner des itinéraires techniques favorisant des hauts niveaux d’auto-défense (immunité) de la vigne et permettant une bonne protection du vignoble.Orateur: M. Emmanuel PAJOT (Centre R&D de VEGEPOLYS VALLEY) -
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SUPERMOMA : Des plantes de services contre les pathogènes telluriques
Les pathogènes telluriques représentent un enjeu sanitaire majeur en maraîchage, dans un contexte de transition vers des systèmes de production moins dépendants des intrants phytosanitaires de synthèse.
L’utilisation de plantes de service, implantées soit en interculture (couverts végétaux) soit en association (cultures associées) avec la culture principale, constitue une piste prometteuse pour améliorer la résilience des systèmes maraîchers vis-à-vis des maladies du sol.
Cette hypothèse a été étudiée dans le cadre du projet SUPERNOMA (2020–2023), dont l’objectif était de réaliser un screening de plantes de service présentant un potentiel de biocontrôle vis-à-vis des bioagresseurs telluriques des salades. Au travers d’expérimentations conduites en conditions contrôlées et au champ — en contamination artificielle, in vitro, in planta puis in campo — quarante-trois espèces de plantes de service ont été évaluées pour leur capacité à protéger différentes cultures de salades (mâche, batavia et laitue) contre plusieurs agents pathogènes : Pythium spp., Sclerotinia spp., Rhizoctonia spp. et Fusarium spp.
Les effets des plantes de service ont été étudiés à travers plusieurs indicateurs : incidence et dynamique des maladies, biomasse des cultures de rente, statut photosynthétique et redox des plantes, ainsi que structure de la microflore rhizosphèrique.
Parmi les espèces testées, vingt-deux ont présenté des disservices agronomiques, se traduisant soit par une augmentation de la virulence des maladies, soit par une altération de la croissance des cultures hôtes. À l’inverse, neuf plantes de service ont permis de réduire significativement l’incidence des maladies et/ou de retarder leur apparition.
Deux grands modes d’action ont pu être mis en évidence via les expérimentations in planta. Cinq espèces semblent agir indirectement via une modification de la rhizosphère et une sélection de microorganismes bénéfiques symbiotiques, caractérisée notamment par une augmentation de l’abondance des champignons mycorhiziens à arbuscules (CMA). Ces plantes présentent un comportement bioamplificateur et/ou mycorhizotrophe favorisant la résilience des cultures. Les quatre autres espèces exercent un effet plus direct sur les agents pathogènes, probablement via l’exsudation racinaire de métabolites secondaires toxiques ou inhibiteurs. Ce comportement apparenté à des mécanismes allélopathiques pourrait constituer un levier complémentaire de gestion des maladies telluriques.
Les essais in campo en conditions de production soulignent l’intérêt mais également la complexité de l’utilisation des plantes de service dans les systèmes maraîchers. Ils mettent en évidence la nécessité d’une sélection rigoureuse des espèces, cohérente avec les pratiques usuelles des producteurs afin d’éviter les effets délétères potentiels (e.g. concurrence) et d’optimiser les interactions bénéfiques entre plantes, sol et microbiote.Orateur: Charlotte Berthelot (CTIFL) -
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Protection des cultures légumières contre les thrips et les altises à l'aide de stratégies push-pull
Les thrips Thrips tabaci et Frankliniella occidentalis ainsi que la petite altise des crucifères sont trois ravageurs majeurs en cultures légumières, posant des problèmes importants de qualité et de rendement dans un contexte où l’usage des pesticides est de plus en plus contraint. T. tabaci provoque des dommages considérables en culture de poireau : ses piqûres entraînent décolorations, nécroses et pertes de photosynthèse, qui dégradent sévèrement la qualité commerciale des feuilles. F. occidentalis est particulièrement problématique en culture de fraise et en cultures sous abri, où il cause des déformations importantes des fleurs et des fruits, avec un seuil de nuisibilité extrêmement bas. Les altises ravagent quant à elles les cultures de brassicacées maraîchères en dévorant les feuilles, ce qui entraîne un retard de croissance des plantes. Ces ravageurs ont en commun d’être très difficiles à gérer, que ce soit avec des moyens chimiques, biologique, mécaniques ou prophylactiques.
Dans ce contexte, des travaux ont été initiés par le CTIFL afin de mettre au point un nouveau type de stratégie de protection des cultures plein de promesses : les stratégies « push-pull ». Dans un premier temps, des tests d’olfactométrie ont été menés afin de déterminer la réponse comportementale de T. tabaci, de F. occidentalis et des altises face à différentes odeurs d’huiles essentielles. Dans un second temps, des expérimentations au champ ont été menées pour évaluer l’effet de stratégies de protection basées sur la diffusion d’odeurs répulsives sur (i) la sévérité des dégâts occasionnés par T. tabaci dans une culture de poireau et (ii) la sévérité des dégâts occasionnés par les altises du chou dans une culture de chou-fleur. En culture de poireau, six modalités ont été testées : association de poireau avec de la rue officinale de la reine des prés, ou de la coriandre et huile essentielle de coriandre sous forme de gel, de microcapsules pulvérisées sur le feuillage ou de granulés épandus au sol. En culture de chou-fleur, deux modalités ont été testées : association de chou-fleur et de fénugrec et huile essentielle de coriandre (gel).
Les résultats obtenus montrent que les trois ravageurs étudiés répondent de manière différenciée aux signaux olfactifs testés, et que certaines odeurs, qu’elles proviennent de plantes vivantes ou d’huiles essentielles, exercent un effet significatif sur leur comportement. En conditions contrôlées, T. tabaci s’est révélé fortement attiré par les huiles essentielles d’oignon et de poireau tandis que le thym, la coriandre ou le basilic « Grand vert » induisaient une répulsion marquée. F. occidentalis a montré un profil olfactif distinct, caractérisé par une attraction notable pour la rue officinale, la rose de Damas et le basilic grand vert, et une répulsion beaucoup plus atténuée vis‑à‑vis du thym ou de la coriandre, ce qui révèle une divergence interspécifique importante dans la perception des COV et dans la hiérarchie des signaux comportementaux. Les altises des choux ont réagi à l’inverse, en manifestant une attraction nette pour l’huile végétale de moutarde et une répulsion significative face à la coriandre, au thym, à la tanaisie et au fenugrec. En parcelle expérimentale, l’association de rue officinale, de reine des prés et de coriandre au poireau a conduit à une réduction significative des niveaux de vol et d’infestation de T. tabaci par rapport aux témoins, avec des diminutions allant jusqu’à un facteur 2 à 2,5 selon les modalités et les périodes d’observation. Toutefois, malgré ces diminutions, la sévérité finale des dégâts n’a pas pu être maintenue sous les seuils de nuisibilité à l’échelle de la récolte, ce qui souligne la difficulté à prolonger l’effet répulsif au-delà des premières phases de croissance ou des stades physiologiques clés des plantes de service. En culture de chou, les dispositifs testés ont permis de réduire de manière notable le nombre d’altises capturées, mais n’ont entraîné aucune diminution significative de la sévérité des perforations foliaires, en particulier durant les phases critiques de développement des jeunes plants. L’absence d’effet significatif des odeurs testées sur T. tabaci et les altises pourrait s’expliquer par des traitements trop tardifs, très peu d’individus étant suffisants pour provoquer des dégâts très sévères. La réplication des expérimentations en 2025, en commençant cette fois les traitements olfactifs dès la plantation des poireaux ou des choux, devrait permettre d’atteindre des niveaux d’efficacité satisfaisants.Orateur: Sébastien Picault (CTIFL) -
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Gérer les populations d’apion du trèfle violet en production de semences grâce à la gestion différenciée de la précoupe
La production de semences de trèfle violet diminue drastiquement en France depuis plusieurs années, principalement à cause de l’apion du trèfle violet. Protapion trifolii pond ses œufs au stade « boutons verts » du trèfle violet puis les larves se nourrissent des graines en formation, ce qui impacte fortement le rendement grainier. Une femelle apion peut pondre entre 50 et 150 œufs (Chapelin-Viscardi et al. 2023), et chaque larve se nourrit de 2 à 3 graines. Les pertes sur le rendement final sont en moyenne de 38% (Coussy et Joffre 2018).
Dans ce cadre, la FNAMS développe une stratégie s’appuyant sur une pratique classique de l’itinéraire technique du trèfle violet semence : la précoupe (fauche de la culture). Dans cette stratégie, une parcelle est séparée en deux zones : l’une de 10 à 15% de la surface totale, et la seconde de 85 à 90% restants. La zone la plus petite est précoupée selon les dates classiques de la région de production (fin avril, début mai). La plus grande est précoupée environ trois semaines plus tard, ce qui induit donc un décalage dans le développement du trèfle violet entre les deux zones.
La petite zone de « précoupe classique » est fauchée en mai ce qui permet de laisser les premiers apions pondre leurs œufs sur la grande zone non encore précoupée, qui continue de se développer jusqu’au stade « boutons verts ». Environ 3 semaines plus tard, cette grande zone de « précoupe tardive » est fauchée ce qui permet de détruire les pontes et larves déjà présentes. En outre, les apions se déplacent vers la zone « classique » et continuent d’y pondre en épuisant leurs stocks d’œufs. L’objectif final est donc de réduire la pression du ravageur sur la grande zone « tardive » qui représente la majorité de la parcelle.Cette stratégie a été testée sur différents secteurs de production dont le Centre, le Tarn et l’Anjou entre 2023 et 2025. Les essais ont permis de préciser les conditions nécessaires pour maximiser l’efficacité de la stratégie. Ainsi, dans les secteurs où la pression des apions est très importante, le potentiel de rendement du trèfle violet est trop faible pour mettre en évidence une efficacité de la stratégie. En revanche, dans les secteurs à pression plus modérée, il a été mis en évidence dans presque tous les essais une réduction des populations larvaires et une augmentation du nombre de graines dans les inflorescences de la zone précoupée tardivement. Cependant, le rendement grainier final n’est pas systématiquement meilleur dans cette zone, car le fait de retarder la précoupe induit une floraison dans une période plus chaude et sèche, susceptible de limiter le développement des inflorescences et la nouaison. Dans les essais où une irrigation estivale suffisante a pu être assurée, les résultats de rendement grainier de la zone « tardive » ont été très significativement supérieurs à ceux de la zone de précoupe « classique » (+754% dans un essai 2022 dans le Tarn ; +35% dans un essai 2025 en Anjou), ce qui validerait la stratégie envisagée, si tant est que l’on puisse avoir un accès à l’irrigation sur la parcelle.
Afin d’augmenter l’efficacité de cette stratégie, la FNAMS travaille actuellement la stratégie de concentration des apions sur la zone de précoupe « classique » avec une capture mécanique massive des apions. Pour cela, un prototype d’« aspirateur à insectes » a été conçu par POLLINOVA. Les premiers tests ont débuté en 2025 et se poursuivent pour déterminer l’efficacité de capture de l’outil et s’il permet de réduire la pression générale du ravageur sur la parcelle.
Dans un futur proche, l’objectif est de pouvoir transmettre cette technique de production aux multiplicateurs de semences de trèfle violet, et de contribuer au maintien de cette production en France.
Références bibliographiques
-Chapelin-Viscardi J-D., et al. (2023). L’Apion du trèfle Protapion trifolii en France (Coleoptera Brentidae Apioninae). Société Entomologique de France. L’Entomologiste, 5. 64p. ISBN 0013-8886.
-Coussy B., et al. (2018). Et maintenant, comment damer l’apion ? Bulletin Semences N° 262 : 24-27.Orateur: Mme Jana SCHEWE (FNAMS) -
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Gestion des pucerons en maraîchage sous abri
Contexte
Les pucerons sont des bioagresseurs majeurs de nombreuses cultures maraîchères. Dans un contexte de retrait de substances actives qui menace la viabilité de certaines productions, et avec la volonté de diminuer le recours aux produits phytosanitaires, plusieurs projets collaboratifs mobilisent les stations d’expérimentation sur ce sujet. L’APREL teste des solutions alternatives seules ou combinées chez les producteurs de Provence. Les dispositifs sont mis en place dans des tunnels séparés pour bien isoler les stratégies.
Démarches et résultats obtenus
La lutte biologique par conservation en concombre avec le projet EFFICACE (Adaptation et pilotage des pratiques agronomiques pour améliorer l’efficacité des stratégies de lutte biologique contre les pucerons en cultures légumières, 2023-2025) : Différentes plantes de service ont été installées en bordure de tunnel pour jouer un rôle de plante banque (fournit les proies de substitution aux auxiliaires) et de plante ressource (fournit des ressources alimentaires attractives pour les auxiliaires). Les 2 modalités sont disposées dans des tunnels adjacents ou séparées de 50m dans un même tunnel. Les bandes fleuries (73 à 150 m de long) comprennent 5 à 6 répétitions par espèce. Parmi les différentes espèces testées, l’avoine, le blé, l’alysse et l’achillée sont retenues pour jouer un rôle intéressant qui reste à cadrer techniquement pour un développement à grande échelle. L’aneth présente le risque d’attirer le puceron Myzus persiscae compatible avec les cultures maraîchères.
Le projet PAUPFL (Plan Alternatives d’Urgence Phytosanitaire Fruits et Légumes, 2024-2026) a permis de tester deux autres leviers en culture de fraise :
Le dispositif d’essai est constitué de 1 ou 2 tunnels / stratégie au sein desquels 20 plantes sont observées pour dénombrer les pucerons et auxiliaires.
Les lâchers d’auxiliaires : les lâchers de parasitoïdes ou de prédateurs sont historiquement utilisés contre les pucerons mais montrent des limites dans le contrôle du ravageur du fait de la diversité des espèces de pucerons et des déséquilibres de population. Des innovations proposées par les fournisseurs d’auxiliaires ont été testées : le lâcher d’œufs de chrysopes sur fil (Chrysoline) semble améliorer la prédation et le contrôle des populations de pucerons. La modalité présente 2 fois moins de pucerons/plante sur la période entre mi-avril et fin mai. Toutefois, des ajustements techniques sont ici aussi nécessaires pour faciliter la pose.
Les produits de biocontrôle sont disponibles pour la lutte contre les pucerons mais peu utilisés par manque de référence ou d’efficacité. En fraise, les produits Neudosan (sels potassiques d’acides gras) et Lovell (huile paraffinique) ont été testés face à Movento ou une modalité non traitée. L’efficacité est variable selon la date d’application, avec en moyenne 35% d’efficacité pour les 2 produits mais l’hétérogénéité de contamination des pucerons ne permet pas de rendre ce résultat significatif. Une meilleure maîtrise des conditions d’application permettrait d’augmenter la performance de ces produits.L’ensemble de ces résultats d’essai a pour objectif de construire des stratégies de protection qui combinent plusieurs solutions tout en respectant une faisabilité technico-économique pour le producteur.
Orateur: Mme Claire GOILLON (APREL) -
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RAVAST’HOP : Régulation naturelle des ravageurs du houblon via l’implantation de plantes de services
Contexte
Le Projet RAVAST’HOP s’inscrit dans le cadre de la stratégie Ecophyto 2030 et donc dans un contexte de transition agroécologique de la filière houblon à travers la mobilisation de leviers agronomiques tels que la diversification végétale permettant de réduire le recours aux insecticides. En tant que culture mineure et orpheline, la filière houblon dispose de moyens financiers et humains limités. Jusqu’à présent, ces contraintes ne lui ont pas permis de mettre en place des essais à grande échelle pour répondre aux principales problématiques agronomiques et aux impasses techniques rencontrées par les houblonniers. Par ailleurs, les substances actives homologuées disponibles sont peu nombreuses et le recours à ces dernières doit être revu à la baisse. La recherche de solutions alternatives permettant de réguler les populations des bioagresseurs se révèle donc indispensable pour envisager une baisse d’IFT tout en assurant la pérennité des fermes houblonnières.
Objectifs
Ce projet vise donc à évaluer l’impact de l’aménagement de l’agroécosystème, via l’implantation de plantes de services, sur la régulation naturelle des deux ravageurs les plus répandus sur le territoire métropolitain que sont les acariens (Tetranychus urticae) et les pucerons (Phorodon humuli), avec pour but :
- de recenser par l’intermédiaire d’enquêtes les pratiques de rupture, et notamment agroécologiques, mises en place au niveau national et d’identifier les succès et échecs rencontrés dans l’utilisation de ces pratiques ainsi que les freins ou leviers potentiels ;
- de réaliser un inventaire de la faune arthropode des houblonnières françaises afin d’identifier plus précisément les auxiliaires naturels présents et de pouvoir proposer des pratiques les favorisant ;
- de concevoir, en collaboration avec l’ensemble des acteurs de la filière (houblonniers, conseillers, etc.), des pratiques basées sur l’augmentation de la diversité végétale au sein du système par l’insertion de plantes de services qui seront testées dans les sites expérimentaux ;
- d’évaluer l’effet de l’insertion de plantes de services sur la régulation des ravageurs (pucerons et acariens) permettant ainsi de diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires ;
- d’évaluer l’impact de la diversification végétale dans des conditions pédoclimatiques et des systèmes de culture différents à l’échelle du territoire métropolitain.Démarche et résultats attendus
Ainsi, un consortium de 5 partenaires, acteurs du suivi technique et de la R&D de la filière houblon, s’est structuré pour mener à bien ces différentes actions sur les 3 ans du projet. Il s’appuie par ailleurs sur 13 houblonniers répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain qui mettent à disposition leurs houblonnières, participent activement aux expérimentations et qui contribueront à l’évaluation d’un point de vue agronomique, pratique et économique de la stratégie mise en place.
L'enjeu du projet est de produire des références technico-économiques sur les aménagements agroécologiques (introduction de plantes de services) permettant d’utiliser la biodiversité fonctionnelle comme outil de gestion des ravageurs afin de limiter l’impact économique engendré par ces derniers et le recours aux produits phytosanitaires. Seront travaillées au cours du projet des règles de décision relatives au choix et à la mise en place des plantes de services, mais également à leur intégration dans les itinéraires culturaux actuels.Perspectives
Cela permettra de contribuer à la conception de systèmes de cultures résilients en matière de régulation naturelle des ravageurs.
Les références produites seront notamment utilisées pour créer des guides pratiques visant à faciliter leur transfert à l’échelle nationale via les réseaux des acteurs de la filière (institut technique, réseaux chambres d’agriculture et FNAB, services agronomiques des coopératives, lycées agricoles, etc.).Références bibliographiques
- Calderwood L. B., et al. (2015). Survey of Northeastern Hop Arthropod Pests and Their Natural Enemies. Journal of Integrated Pest Management, 6:18‑18.
- Calderwood, L., et al. (2017). Effect of Drive Row Ground Covers on Hop (Rosales : Cannabaceae) Yard Arthropod Pests in Vermont, USA. Environmental Entomology, 46(2): 183‑190.
- Campbell C. A. M. (2018). Influence of companion planting on damson hop aphid Phorodon humuli, two spotted spider mite Tetranychus urticae, and their antagonists in low trellis hops. Crop Protection (02612194), 114:23‑31.
- Grasswitz T. R. & James D. G. (2009). Influence of hop yard ground flora on invertebrate pests of hops and their natural enemies. Journal of Applied Entomology, 133(3):210‑221.
Orateur: THIBAUT VERFAILLE (ITEIPMAI) -
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Des plantes de service contres nématodes à galle en maraîchage sous abri
Les nématodes à galle du genre Meloidogyne sont à l’origine de graves problèmes sur les cultures maraîchères sous abri en Provence où près de 50% des exploitations sont concernées. Depuis l’arrêt des désinfections de sol, de nombreux travaux ont mis en avant l’intérêt de certaines pratiques (solarisation, apport de matière organique, rotations diversifiées, greffage) qui ne suffisent pas toujours à maîtriser ce ravageur et ne s’adaptent pas à tous les itinéraires techniques. L’intégration de plantes nématicides dans les systèmes de production offre des pistes prometteuses avec des modes d’action différents qui sont travaillés dans plusieurs projets.
Le projet MACMA (Multiperformance Agroécologique des Couverts végétaux en Maraîchage sous Abri) porté par l’APREL s’oriente sur les couverts assainissants en interculture. Après une culture sensible aux nématodes, la solarisation ou l’installation de couverts végétaux permettent de réduire la pression du ravageur et de protéger les cultures suivantes. Le sorgho fourrager est habituellement pratiqué car bien adapté aux températures estivales mais au-delà de 3 semaines, il multiplie les nématodes. La destruction du couvert au bout de 3 semaines permet donc de piéger les nématodes mais l’intérêt agronomique du couvert est réduit du fait de la faible biomasse produite. Une nouvelle variété, Jumbo, est testée pour son mode d’action différent qui permet de laisser le couvert plus longtemps dans la parcelle grâce à sa résistance aux nématodes et à la production d’exsudats racinaires nématicides. En 2025, une réduction significative de 68% des indices de galle sur la culture sensible suivante a pu être observée après 12 semaines du couvert Jumbo en comparaison du témoin (sorgho fourrager Piper).
Avec le projet Cap Zero Phyto porté par l’INRAE, les plantes de services font partie des leviers utilisés en combinaison avec d’autres solutions pour lutter contre les bioagresseurs de la tomate, dont les nématodes. Les tagetes ont été positionnées en co-culture pour leurs propriétés nématicides permettant de protéger le système racinaire sensible de la tomate. Les résultats d’essais montrent un effet intéressant sur les indices de galle de la tomate en fin de culture : réduction de 34% avec la présence de Tagetes. Cependant, les contraintes techniques (coût des plants, encombrement dans la culture, temps de plantation, taille des fleurs, sensibilité aux acariens tetranyques) doivent être encore travaillées pour développer une pratique opérationnelle auprès des professionnels.
Orateur: Claire GOILLON (APREL) -
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Des herbes pour contrôler les ravageurs du pommier?
La station ASTREDHOR Loire-Bretagne située à Angers travaille depuis de nombreuses années sur la gestion des adventices en pépinière de pleine terre. Plusieurs leviers ont été ou sont évalués comme les paillages dont le paillage à la paille de blé. Depuis 2023 est testé une modalité où le sol est enrichi avec 200 T/ha de BRF qui à été enfoui à l'automne. Un couvert de trèfle a été implanté et en avril 2024 des pommiers greffés sur tables ont été plantés (Projet PARSADA Trans'Herbe). Le BRF enfoui apporte de nombreux avantages comme une fertilité importante des sol (annulant les effet de concurrence entre la culture et les adventices), une vie fortement augmentée et un ameublissement du sol permettant une pénétration de l'eau bien plus performante. Dans cette modalité, les adventices ne sont pas détruites mais tondue 2 fois par an. Depuis les pommiers ont crû autant que les témoins de la modalité binée et fertilisée (60 UN/an).
En septembre 2025, la parcelle "BRF" n'a pas été tondue, les herbes avaient environ 20 cm de hauteur. Surprise à la sortie de l'hiver 2025-2026, de nombreuses coccinelles à 7 points sortaient des herbes pour se réchauffer au bout des brins d'herbes. La décision a alors été prise de ne pas tondre la parcelle et de regarder si cet habitat hivernal pour les coccinelles à 7 points apportait un avantage pour la gestion des pucerons sur les pommier. Les résultats ont dépassé nos espérance avec seulement 15% d'apex avec dégât de puceron cendré en modalité "BRF" contre 68% en modalité "Binée fertilisée" (distantes de quelques mètres). La parcelle paillée, où nous avons laissé pousser les reprises de blé au printemps 2026, a subi 4% d'apex avec dégâts... Dans la parcelle paillée, il n'y avait pas d'herbe haute pendant l'hiver puisqu'elle a été repaillée en octobre. Les résultats ne sont donc pas uniquement dû aux coccinelles à 7 points. Comment expliquer ces différences d'infestation ?
Cette présentation vise à poser ce cas d'école pour essayer de comprendre ce lien entre les herbes hautes, pendant l'hiver et/ou au printemps, et la régulation des ravageurs au travers de la présentations d'hypothèses explicatives. Dans tous les cas, cet exemple nous montre que nous avons encore des mécanismes de lutte biologique à découvrir!Orateur: M. Tom Hebbinckuys (ASTREDHOR) -
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Les araignées : parents pauvres de la régulation biologique des ravageurs
Lorsque l'on pense auxiliaires des cultures on ne pense pas araignées. Nous vient de suite à l’esprit coccinelles, parasitoïdes, syrphes, carabes, punaises... Pourtant il n’est pas rare que dans les inventaires, les araignées ressortent comme le groupe le plus nombreux. En plus elles sont toutes prédatrices. Une question se pose alors : les araignées ont-elles été injustement négligées en lutte biologique ?
En cause, ce groupe d’arthropodes est souvent mal aimé et victime de sa réputation de prédateur très, trop généraliste. Les araignées consommeraient ainsi autres auxiliaires freinant la régulation permise par ces derniers. Mais est-ce vraiment le cas ?
Un projet récemment fini (Biofruiti, 2021-2024) a exploré des itinéraires Bio en pépinière fruitières. La comparaison des populations de ravageurs en cerisier, poirier et pommier a montré de très faible attaque en parcelle Bio (moins de 20% d’apex atteint) comparée à la parcelle conventionnelle fortement attaquée en puceron cendré, puceron du cerisier et psylle (de 68 à 95% d’apex infestés). Elle avait pourtant été traitée à 5 reprises avec un insecticide.
Des indices sérieux induisent comme vraisemblable que ces sont les araignées qui ont contrôlés ces ravageurs pendant l’hiver ou au moment de leur vol retour sur leur plante-hôte primaire.
De ce constat, un essai fut mené en 2025 sur la station d’expérimentation d’Astredhor Loire-Bretagne pour vérifier l’hypothèse selon laquelle les araignées permettraient de contrôler les arrivées de ravageurs dans les cultures et joue un rôle non-négligeable dans la régulation biologique des ravageurs.
L’essai fut mené sur culture de Bergenia en serre avec un apport d’araignées (adultes et œufs) sur une modalité comparée à une sans apport disposée sur la tablette adjacente. Le critère observé fut l’évolution de l’infestation en pucerons sur la culture. Les résultats tendent à confirmer notre hypothèse de départ. L’installation des populations de puceron a été retardé d’1,5 mois.
A la vue de ces éléments un nouveau projet est en construction (PARASADA Araignées) pour étudier plus précisément ces ennemis naturels dans de nombreuses filières agricoles en métropole et en DROM et répondre aux nombreuses questions qui se posent telles que : quelles sont leur potentiel de régulation, pour quelle culture et ravageur sont-elles efficaces, comment les favoriser, quelles espèces sont les plus actives dans les cultures et comment les reconnaître…
Orateur: Anna Brichant (ASTREDHOR) -
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Gestion des acariens en maraîchage sous abri
Contexte
Les acariens sont des ravageurs majeurs des cultures maraîchères et ornementales et sont concernés par le retrait de substances actives qui menace la viabilité de certaines productions. Ils sont aussi favorisés par des climats chauds et secs et tendent à prendre de l’importance avec le changement climatique.Objectifs
A la demande des professionnels, l’APREL se mobilise pour trouver des solutions à cette problématique avec des projets collaboratifs ou des essais régionaux.
Démarches et résultats obtenus
Plusieurs pistes sont travaillées notamment dans le projet GAMHA (2025-2027) sur culture d’aubergine sous abri, très affectée par les acariens :
La prédation par les ennemis naturels : Deux acariens prédateurs ont été utilisés dans l’essai mais avec une installation décevante : Transeius montdorensis, indiqué pour la gestion des aleurodes, des thrips et des acariens ; Amblyseius swirskii, plutôt indiqué pour la gestion des thrips et des aleurodes mais qui peut occasionnellement se nourrir d’autres proies. La présence des auxiliaires naturels (hytoseuilus persimilis, Feltiella acarisuga et Stethorus punctillum) mi-juin a été finalement plus significative
Des plantes de service ont été identifiées pour servir de plante refuge ou ressource pour les auxiliaires (alysse et menthe poivrée) et sont introduites dans la culture d’aubergine. Leur présence ne semble pas avoir aidé l’installation des auxiliaires lâchés.La gestion du climat est un levier déterminant qui aide à freiner le développement des acariens tetranyques. Des bassinages quotidiens de 5 à 10 min par le système d’aspersion des serres augmentent l’hygrométrie dans la culture et créent des conditions qui lui sont défavorables.
Les produits de biocontrôle sont disponibles pour l’usage acariens mais peu utilisés par manque de référence ou d’efficacité. En aubergine, Flipper (acide gras) et Limocide (huile essentielle d’orange) ont montré un intérêt en combinaison des leviers précédents : le taux de contamination a baissé de 60% des plantes touchées à 20% en 15j après la mise en œuvre de la stratégie.Perspectives
Ces essais sont reproduits en 2026 et complétés par des essais sur d’autres cultures, notamment l’utilisation de menthe suave en tomate.
L’ensemble de ces solutions alternatives montrent des efficacités individuelles limitées et des freins techniques. Les résultats d’essais apportent petit à petit des éléments d’aide à la décision pour construire des stratégies de protection qui font appel à de plus en plus d’observation et de technicité pour être efficaces.Orateur: Mme Claire GOILLON (APREL)
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Diversité végétale, innovation variétale et diversification: Outils et méthodes innovants au service de la sélectionPrésidents de session: José QUERO GARCIA, Philippe GALLOIS (iteipmai)
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Accumulation de flavonoïdes et résistance de la carotte à Alternaria dauci : vers un outil de sélection précoce
Contexte
La production de carotte est fortement impactée par la brûlure foliaire due à Alternaria dauci, une maladie susceptible d’entraîner des pertes majeures de rendement. Dans un contexte de réduction des intrants phytosanitaires, la sélection de variétés résistantes est un levier prioritaire. Cependant, cette résistance étant contrôlée par de multiples facteurs génétiques, la sélection est complexe, longue et coûteuse. L’identification d’indicateurs précoces, robustes et transférables constitue donc un enjeu majeur pour accélérer les programmes de sélection variétale.
Les flavonoïdes, métabolites spécialisés impliqués dans les réponses aux stress, sont de bons candidats et la quantification de leur degré d’accumulation pourrait refléter le niveau de résistance des variétés de carotte.Objectifs
Notre étude vise à évaluer la pertinence de trois flavonoïdes foliaires comme indicateurs de résistance à A. dauci chez la carotte. Plus précisément, elle cherche à :
• déterminer à quel stade du développement une différenciation entre génotypes résistants et sensibles est détectable ;
• vérifier la stabilité de cette différenciation au cours du cycle végétatif ;
• tester la robustesse de cet indicateur au sein d’une large diversité génétique;
• valider l’utilisation de ces composés comme base d’un outil de sélection précoce en amélioration variétale.Démarche et méthodes
Plusieurs essais ont été conduits sur un panel de 38 génotypes de carotte présentant différents niveaux de résistance.
Une première approche a consisté à suivre la dynamique d’accumulation des trois flavonoïdes dans des génotypes contrastés pour leur niveau de résistance, depuis les premiers stades de développement jusqu’à des stades plus avancés. Parallèlement, des analyses ont été menées sur des panels élargis de génotypes afin d’évaluer la relation entre teneur en métabolites et sévérité de la maladie.
Les composés ont été quantifiés dans les feuilles par UHPLC-MS (chromatographie liquide ultra haute performance couplée à la spectrométrie de masse). Les niveaux de résistance ont été évalués soit en conditions naturelles d’infection, soit après inoculation contrôlée.
Enfin, une approche de validation a été mise en œuvre en sélectionnant des génotypes sur la base de leur richesse en flavonoïdes, afin de vérifier a posteriori leur niveau de résistance phénotypique.Résultats obtenus
Les résultats montrent une différenciation nette et précoce entre génotypes résistants et sensibles, observable dès le stade 2 feuilles vraies. Les génotypes résistants évalués présentent des concentrations en flavonoïdes nettement supérieures à celle d’un génotype sensible, avec des écarts pouvant atteindre un facteur dix.
Cette différence se maintient tout au long du développement de la plante, indépendamment du stade considéré. De plus, cette relation entre niveau de résistance et teneur en flavonoïdes est confirmée sur un large panel génétique, indiquant une bonne robustesse de cet indicateur.
En parallèle, un autre essai montre que les génotypes les plus riches en ces trois flavonoïdes sont globalement les plus résistants. À l’inverse, aucun génotype sensible ne présente de forte accumulation, ce qui confère à cet indicateur un fort pouvoir discriminant pour éliminer du matériel sensible.Perspectives
Ces résultats ouvrent la voie au développement d’un outil de sélection précoce basé sur des marqueurs métaboliques. Une telle approche permettrait de cribler rapidement un grand nombre de génotypes dès les premiers stades de développement, sans recourir à des essais d’infection, souvent longs et coûteux. À terme, l’intégration de ce type d’indicateur dans les schémas de sélection pourrait accélérer l’introgression de résistances dans les variétés élites.Références bibliographiques
• Koutouan C.E., et al. (2018). Link between Carrot leaf secondary metabolites and resistance to Alternaria dauci. Sci Rep 8 :1–14.
• Koutouan C. E., et al. (2023). Co-localization of resistance and metabolic quantitative trait loci on carrot genome reveals fungitoxic terpenes and related candidate genes associated with the resistance to Alternaria dauci. Metabolites, 13(1), 71.
• Le Clerc V., et al. (2015) QTL mapping of Carrot resistance to leaf blight with connected populations: stability across years and consequences for breeding. Theor Appl Genet 128: 2177–2187.
• Ramaroson M.L., et al. (2022). Role of phenylpropanoids and flavonoids in plant resistance to pests and diseases. Molecules 27: 8371.
• Ramaroson M. L., et al. (2025). Flavonoid compounds as a way to identify sources of carrot resistance to Alternaria leaf blight. Molecular Breeding, 45(6), 55.Orateur: Valérie Le Clerc -
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Identification de marqueurs biochimiques et moléculaires de bonne capacité au bleuissement chez l’hortensia
Contexte
Chez les cultivars d’hortensia à inflorescences roses, les sépales peuvent devenir bleus en présence d’aluminium (Al). Toutefois, la couleur bleu obtenue est très variable selon les génotypes. Bien que la formation du complexe responsable de la couleur bleue soit aujourd’hui bien décrite, les mécanismes expliquant la variabilité de la capacité au bleuissement des cultivars roses restent mal compris. Ce manque de connaissances limite la sélection de nouvelles variétés présentant une bonne aptitude au bleuissement. Une meilleure compréhension permettrait également d’optimiser les apports d’aluminium en production réduisant les risques d’accumulation d’Al dans les sols et de pollution environnementale.
Objectifs
L’objectif de ce travail a été d’identifier des marqueurs biochimiques et moléculaires de la capacité au bleuissement chez l’hortensia, en étudiant un panel de cultivars soumis à des apports d’aluminium.
Démarche et méthodes
Neuf cultivars roses présentant différentes capacités au bleuissement ont été étudiés. Des mesures spectro-colorimétriques des paramètres de couleur (tonalité : angle hue, saturation : chroma, intensité) des sépales avant et après apport d’Al à l’automne ont été utilisées pour classer les cultivars selon une échelle de bleuissement. L’absorption, le transport et la translocation de l’Al dans chaque cultivar ont ensuite été évalués par la mesure de la teneur en Al dans les organes végétatifs et les inflorescences. L’accumulation de delphinidine (Del) et de co-pigments du complexe dans les inflorescences a également été quantifiée. Enfin, l’expression de gènes clés impliqués dans la synthèse de la Del, le transport de l’Al et la détoxification de l’Al a été analysée.
Résultats obtenus
Nos résultats montrent que les variations de tonalité (angle hue) après apport d’Al constituent un indicateur fiable de la capacité au bleuissement. D’un point de vue biochimique, une forte capacité au bleuissement est corrélée à la fois à un rapport Al/Del élevé et à un rapport Rcp (ratio entre les teneurs en co-pigments stabilisants (acide 5-caféoylquinique + acide 5-coumaroylquinique) et en co-pigment déstabilisant (acide 3-caféoylquinique)) élevé dans les sépales. Inversement, une faible capacité au bleuissement est observée lorsque l’un de ces rapports est inférieur aux valeurs seuils (Al/Del < 10 ; Rcp < 0,5). Au niveau moléculaire, notre analyse montre que l’expression des gènes HmCHS (biosynthèse des anthocyanes), HmALS3 (transport de l’Al) et HmMYB2 (régulateur de la voie des phénylpropanoïdes) est positivement corrélée à la capacité au bleuissement. De manière intéressante, l’expression de HmALS3 dans les organes végétatifs à l’automne est corrélée à la capacité au bleuissement plusieurs mois avant la floraison.
Perspectives
Basés sur l’identification de trois marqueurs, nos recherches permettent de proposer une stratégie accélérant le criblage de génotypes à bonne capacité de bleuissement, tout en réduisant la surface de culture dédiée à ce criblage. Ainsi, nos résultats ayant montré que le rapport Rcp dans les sépales restait identique avec ou sans apport d’Al, il peut être utilisé comme un premier marqueur précoce de sélection dès la première année de floraison, généralement conduite en l’absence de traitement Al. L’année suivante après apport d’Al à l’automne, la mesure bien avant la floraison de l’expression de ALS3 dans les organes végétatifs des descendances sélectionnées (ayant un Rcp<0,5) permettrait de compléter ce premier criblage et d’éliminer dès l’hiver une partie des génotypes à faible potentiel de bleuissement. Enfin, au moment de la floraison à l’été de la seconde année, la mesure du rapport [Al]/[Del] dans les sépales ainsi que l’évaluation de la tonalité bleue (angle hue) à pleine floraison permettraient de confirmer la bonne capacité au bleuissement des quelques génotypes présélectionnés.
Ce travail a été financé par l’ANR et réalisé par le Laboratoire Commun MATCH associant l’UMR1345 IRHS (Institut de recherche en Horticulture et Semences) et l’entreprise Hortensia France.Références bibliographiques
Roman H. et al., (2025) Identification of biochemical and molecular markers of blueability level in Hydrangea macrophylla. Scientia Horticulturae 351. DOI:10.1016/j.scienta.2025.114400
Guérin V. et al., (2023) Impact of fertilization level during flowering phase on blueness of hydrangea sepals and plant visual quality. Acta Horticulturae 1375. ISHS 2023. DOI: 10.17660/ActaHortic.2023.1375.17
Roman H. et al., (2023) Effect of different Al supplies during vegetative phase on sepal blueing in hydrangea inflorescence. Acta Horticulturae 1375. ISHS 2023. DOI: 10.17660/ActaHortic.2023.1375.41Orateur: Hanaé Roman (Hortensia France) -
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Développement et validation au champ de variétés de tomate thermotolérantes obtenues par édition du génome
Le stress thermique constitue une contrainte majeure pour la production mondiale de tomates, affectant négativement la croissance des plantes, la viabilité du pollen, la mise à fruit et le rendement. Le développement de variétés plus résilientes aux températures élevées est devenu un enjeu essentiel pour maintenir la productivité agricole dans un contexte de changement climatique. Dans ce contexte, PLANTIK a développé une nouvelle génération de variétés de tomate thermotolérantes grâce à l’édition ciblée de régions promotrices impliquées dans les voies de réponse au stress thermique. Cette approche permet de moduler finement l’expression de gènes endogènes sans introduction d’ADN étranger, conduisant à l’obtention de variétés NGT1 présentant une meilleure tolérance aux fortes températures. Afin d’évaluer leurs performances agronomiques dans des conditions de production commerciale, des essais sous serre et en plein champ ont été conduits sur trois sites aux États-Unis et en Europe au cours de l’été 2026. Les lignées développées ont été comparées à leurs fonds génétiques d’origine, permettant de confirmer dans des environnements contrastés les phénotypes de thermotolérance observés précédemment en conditions contrôlées. Les résultats montrent que des modifications ciblées de seulement 5 à 10 paires de bases dans des régions régulatrices permettent d’améliorer de manière reproductible les performances des plantes soumises à un stress thermique, tout en préservant les caractéristiques agronomiques et qualitatives des fruits. Ces travaux démontrent le potentiel des modifications fines de séquences régulatrices pour renforcer la résilience climatique des cultures. Cette étude constitue une étape importante vers le développement de variétés adaptées aux conditions environnementales futures et souligne l’intérêt de l’édition du génome comme levier d’innovation pour l’adaptation de l’agriculture au réchauffement climatique.
Orateur: Alice Destailleur (Plantik Biosciences) -
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Les MHB (Matériels hétérogènes biologiques) Une fenêtre légale et donc économique et pour dynamiser l’innovation variétale dans les espèces potagères en agriculture Biologique.
L’introduction dans le règlement Bio du concept de MHB en 2021 donne des opportunités aux entreprises semencières bio qui sont encore aujourd’hui sous utilisées. Ce concept permet de mettre sur le marché des légumes qui répondent aux attentes essentielles des utilisateurs par exemple la saveur, la productivité, la rusticité ... en mettant de coté tous les autres caractères nécessaires à la définition officielle d’une « variété ».
Avec quelques exemples concrets, l’exposant (qui déjà commercialise des MHB) présentera les atouts et les limites agronomiques, économiques, sociaux de cette démarche.Orateur: M. Pierre Dorand -
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Contributions du comité technique permanent de la sélection des espèces cultivées dans l’évaluation de la résistance variétale aux bioagresseurs pour les espèces légumières
Les productions légumières ont pour mission d’assurer des volumes de production selon un calendrier et un niveau de qualité visuel et sanitaire attendus par les marchés. Par ailleurs, face à des pressions sanitaires en croissance en lien notamment avec le dérèglement climatique, le développement de résistances génétiques à des maladies est un axe de sélection variétale majeur pour les obtenteurs. Evaluées dans le cadre du processus d’inscription des variétés au Catalogue officiel des variétés cultivées, nombre de résistances / sensibilités variétales ainsi officiellement validées permettent leur reconnaissance au service des maraîchers pour un développement consolidé des filières. La diversité croissante des maladies sur les territoires français et européen oblige une priorisation de la mise en œuvre de ces biotests, priorisation conduite depuis les années 90 via la Classification des maladies du Comité Technique Permanent de la Sélection qui gère aujourd’hui plus de 150 couples espèces x maladies. Ce type de données contribue par ailleurs à objectiver les soutiens financiers permis par les Programmes Opérationnels portés par le Ministère de l’Agriculture et l’Union Européenne pour accompagner la baisse des IFT en culture.
Orateur: M. Pascal Coquin (GEVES) -
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Phylogénomique de Rosa gallica : origines et transmission de la polyploïdie
Contexte
Rosa gallica L., est une espèce polyploïde d'importance horticole et patrimoniale majeure. Bien qu'elle soit l'une des roses les plus anciennement cultivées en Europe, ses origines hybrides, ses niveaux de ploïdie et les mécanismes à l'origine de sa polyploïdie restent largement méconnus. Le genre Rosa est caractérisé par une phylogénie complexe, façonnée par de nombreux événements d'hybridation et de polyploïdisation répétés au cours de l'évolution. Cette complexité, combinée à la diversité des sections impliquées dans l'histoire évolutive de R. gallica, rend l'utilisation d'un génome de référence unique inadaptée et justifie le développement d'approches phylogénomiques entièrement de novo.
Objectifs
Ce projet a pour objectif principal de reconstruire l'origine phylogénomique de Rosa gallica en identifiant les espèces ancestrales donatrices de sous-génomes. Il vise également à caractériser les modes de transmission de la polyploïdie au sein de l'espèce. Parallèlement, le projet implique le développement d'un pipeline bioinformatique adapté au phasage de copies homéologues à partir de données d'amplicon-sequencing, sans recours à un génome de référence.
Démarche et méthodes
L'étude repose sur un panel de 92 individus représentatifs de la diversité du genre Rosa, incluant des espèces diploïdes, tétraploïdes et hexaploïdes issues de plusieurs sections. Ces individus ont été séquencés par amplicon-sequencing ciblant des loci nucléaires à copie unique (SCOtag), sélectionnés pour leur pouvoir informatif phylogénétique. Un pipeline bioinformatique dédié a été développé pour traiter ces données : il assure le clustering des variants intra-locus, l'extraction des signatures homéologues par alignement multiple, et la réassignation des lectures séquencées aux copies biologiques identifiées. Les copies ainsi phasées sont utilisées pour reconstruire des arbres de gènes indépendants par locus, qui sont ensuite intégrés dans une analyse phylogénomique par approche coalescente (ASTRAL). L'identification du parent maternel de R. gallica est abordée par analyse du plastosome, et des analyses d'introgression sont envisagées pour détecter d'éventuels flux de gènes entre lignées.
Résultats obtenus ou attendus
Le pipeline bioinformatique a été développé, testé et validé sur données réelles, et déployé sur l'ensemble du panel en environnement de calcul haute performance. Les analyses phylogénomiques sont actuellement en cours. Les résultats attendus portent sur l'identification des espèces ancestrales ayant contribué aux sous-génomes de R. gallica, la caractérisation des voies évolutives à l'origine de sa polyploïdie, et la mise en évidence d'éventuels événements d'introgression ayant marqué son histoire.
Perspectives
À terme, ces travaux fourniront un cadre phylogénomique de référence pour Rosa gallica et contribueront à une meilleure compréhension des mécanismes de polyploïdisation dans le genre Rosa. La méthodologie développée, entièrement indépendante d'un génome de référence, est conçue pour être transférable à d'autres complexes polyploïdes pour lesquels les ressources génomiques restent limitées. Ces résultats pourront également informer les stratégies de conservation et d'amélioration génétique de cette espèce à fort patrimoine culturel.Debray. et al. (2022). Unveiling the Patterns of Reticulated Evolutionary Processes with Phylogenomics: Hybridization and Polyploidy in the Genus Rosa. Systematic Biology, 71(3):547–560. https://doi.org/10.1093/sysbio/syab064
Zhang et al. (2020).ASTRAL-Pro: Quartet-Based Species-Tree Inference despite Paralogy. https://doi.org/10.1093/molbev/msaa139
Katoh & Standley (2013). MAFFT Multiple Sequence Alignment Software
Version 7. Molecular Biology and Evolution, 30(4), 772–780.
https://doi.org/10.1093/molbev/mst010Orateur: Mlle Ndèye Moussou DIOUF (IRHS) -
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Le greffage : une nouvelle approche technique pour améliorer le palmier à huile ?
Le greffage : une nouvelle approche technique pour améliorer le palmier à huile ?
R. Lefeuvre2 , A. Labeyrie1, M. Collin2, J.-R. Brossier1, P. Ilbert1, E. Wurth2, J. Hibberd3, A. Tripathi3, J. Tregear2, Florence Jacob4, F. Morcillo1
*Contribution égale, Correspondance : axel.labeyrie@cirad.fr
Contexte
Jusqu’à récemment, la greffe était considérée comme irréalisable chez les monocotylédones en raison de l’absence de cambium vasculaire et de la dispersion des faisceaux vasculaires dans la tige, empêchant l’établissement de connexions fonctionnelles entre le greffon (partie aérienne, épibiote) et le porte-greffe (partie souterraine, hypobiote). Cependant, Reeves et al. ont montré que les tissus indifférenciés de la région hypocotylaire des embryons de monocotylédones permettaient la réalisation de greffes. Chez les Arecaceae, cette technique a été appliquée avec succès au palmier à huile, (Elaeis guineensis), bien qu’à une fréquence très faible.
Objectifs
Dans ce contexte, nous avons récemment lancé le projet « Palmgrafting » en collaboration avec l'université de Cambridge, en utilisant E. guineensis, afin (i) d'optimiser les conditions pratiques de la greffe du palmier à huile ; (ii) d'étudier les interactions entre le greffon et le porte-greffe au cours du développement de la jeune plante ; (iii) de déterminer les avantages qu'une telle technique pourrait offrir pour créer un nouvel idéotype de palmier à huile.
Matériel et méthode
Le matériel végétal provient d’un lot de graines C1001 (DA115D × LM2T) d’Elaeis guineensis tenera fourni par PalmElit S.A. Toutes les greffes sont réalisées entre individus issus du même croisement (demi-frères).
Les graines, extraites de leur coque puis désinfectées, sont mises à germer dans des conditions garantissant l’absence de contamination ainsi que la synchronisation et l’homogénéité des pousses (taille et diamètre).
Le greffage se réalise sous hotte à flux luminaire selon la procédure développée par l’équipe de Reeve and al. et à l’aide d’images histologiques. Lors de la greffe, l’amande peut rester attachée soit au greffon (S-S), soit au porte-greffe (S-R).
Les graines greffées sont ensuite placées dans une chambre de croissance (27 °C, 12 h/12 h) pendant 4 semaines, puis acclimatées dans un phytotron pendant 6 semaines, et enfin placées dans une serre.
La greffe est évaluée à quatre stades :
• J+14 : adhérence entre porte-greffe et greffon
• J+30 : développement de la partie apicale (greffon)
• J+70 : croissance de la plante et contrôle du système racinaire
• J+… : développement conforme de la plante
Résultats obtenus
En 2024, notre équipe a réalisé plus de 140 greffes.
J+14 : 83 % des greffes « S-S » et 62 % des greffes « S-R » présentaient une bonne adhérence au point de greffe.
J+30 : 73 % des greffes « S-S » et 58 % des greffes « S-R » étaient encore viables.
J+70 : 11% en moyenne présente une reprise de développement avec effet de la position de l’amande sur les faux positifs.
Après plus de 100 jours, il ne restait en moyenne que 9% de plants greffés en croissance.
Résultats attendus mi- 2026
En 2025/2026 une nouvelle série de greffages a été réalisés et les derniers résultats (supérieurs à ceux de 2024) seront actualisés juste avant le dépôt final afin d’être présenté dans ce poster avec des illustrations
Conclusion et opportunité
Nos résultats montrent qu'il est tout à fait possible d'optimiser ce processus de greffage, puisque nous avons réussi à produire des plantes greffées qui se sont développées au bout de quatre semaines. De plus, il sera important d'étudier rapidement l'influence de l'haustorium sur les germes greffés (positionnement).
Enfin, ces travaux permettent d’envisager la réalisation de greffes interspécifiques et l'étude des avantages potentiels de porte-greffes spécifiques en matière de résistance aux maladies du sol et/ou d'optimisation de la production d'huile (qualité de la rhizosphère, métabolisme hormonal, croissance des plantes, compatibilité entre les génotypes sélectionnés…).Références bibliographiques
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Reeves, Gregory, Anoop Tripathi, Pallavi Singh, Maximillian R. W. Jones, Amrit K. Nanda, Constance Musseau, Melanie Craze, et al. « Monocotyledonous Plants Graft at the Embryonic Root–Shoot Interface ». Nature 602, no 7896 (10 février 2022): 280 86. https://doi.org/10.1038/s41586-021-04247-y.
Orateurs: M. Axel Labeyrie (CIRAD), Mme Rozeen Lefeuvre -
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Cartographie des caractères, interactions génétiques comprises
Contexte
L’agriculture et l’horticulture s’adaptent continuellement aux changements climatiques et économiques. Aussi des innovations variétales adaptées aux conditions évolutives de production et de vente sont-elles attendues par les professionnels.
La vitesse d’adaptation des variétés est cependant limitée : plus la liste des critères souhaitables s’allonge, plus obtenir une variété qui les remplit tous devient improbable.
Accélérer l’arrivée des variétés qui présentent des qualités nouvelles demande de réduire les aléas de la transmission héréditaire; une refonte de la cartographie génétique est en train d’émerger pour réduire ces aléas à plus grande échelle.
Depuis longtemps, les analyses génétiques ou génomiques identifient régulièrement des sites, et leurs allèles favorables, impliqués dans l’expression des caractères sous la forme de marqueurs moléculaire, de séquences ADN et de segments chromosomiques. En création variétale, les principes de ‘genotype building’ et de ‘breeding by design’ ont ensuite émergé. Ils associent d’une façon plus ou moins stricte la ‘mendélisation’ des caractères au ‘pyramidage de gènes’, appliqués avec succès sur les caractères mono- et oligo-géniques.
Une réduction directe du hasard est alors obtenue en assemblant ces allèles par des procédés diversifiés de croisements, à l’image des briques d’un jeu de construction.
Dans cette logique, chaque allèle favorable identifié devient un aléa en moins et un avantage en plus. Cependant, son application est actuellement limitée par le manque de résolution de la cartographie génétique, le coût des analyses génomiques et notre méconnaissance consécutive du déterminisme génétique de nombreux critères de sélection.Objectifs
L’objectif est d’ouvrir la cartographie génétique à la compréhension des interactions génétiques d’ordres élevés, pour saisir les principaux déterminants des caractères dits « complexes », en écartant les faux-positifs.
Démarche et méthodes
Notre outil est conçu pour éviter l’estimation des multiples effets génétiques proposés par la Génétique Quantitative.
Il peut utiliser plusieurs milliers de loci (marqueurs isolés ou segments chromosomiques). Dans nos simulations, leur nombre est limité à deux-mille-cinq-cents. En revanche, chaque locus est lié à ses voisins par une faible distance génétique (1cM) pour évaluer l’acuité de l’outil.
Il fut testé sur des populations simulées d’individus diploïdes directement issus du croisement de deux hybrides F1 ou de deux ‘outbreds’ (i.e. (AxB) x (CxD)).
La simulation des effets génétiques est fondée sur le modèle NK de Kauffman décrit par Cooper dans (1), toujours d’actualité selon (2). Une erreur aléatoire de phénotypage, dont l’importance est identique à celle des effets génétiques (héritabilité = 1/2) leurs fut ajoutée.
Le témoin de comparaison utilisé est une analyse génétique usuelle, faite sur le génome femelle (AxB) puis sur le génome mâle (CxD), fondée sur la comparaison des moyennes alléliques par une régression linéaire du caractère sur les deux formes alléliques.
Résultats obtenus et attendus :
Actuellement, la complexité génétique maximale de nos simulations implique un total de cinquante sites parmi les deux-mille-cinq-cents simulés, repartis également sur les génomes femelle et mâle. Chaque site est en moyenne en interaction avec 5,2 autres (N=50, K=5,2).
Notre outil détecta vingt-et-un sites sur cinquante avec des écarts inférieurs à 8 cM et aucun faux-positif.
Le témoin détecta seulement un site. D’autres comparaisons sont attendues.Perspectives
1-Évaluer l’intégration de notre outil dans un projet de sélection. Les analyses génétiques déjà faites au sein des projets de sélection ont l’avantage de cibler des déterminants génétiques spécifiques à chaque projet. L’ouverture aux interactions génétiques est faite pour amplifier cet avantage, sur un plus grand nombre de critères de sélection.
2-Évaluer l’usage de notre outil envers le développement de la vigueur hybride, via la généalogie utilisée ici, qui permet d’analyser conjointement deux fonds génétiques (AxB envers CxD).
Propulsant l’amélioration génétique chez un nombre croissant d'espèces, la vigueur hybride pourrait être le phénomène d’interactions principalement ciblé par notre outil.Références bibliographiques
(1) Cooper M., et al. (2002). The E(NK) model: Extending the NK model to incorporate gene-by-environment interactions and epistasis for diploids genomes. Complexity, 7:31-56.
(2) Messina C., et al. (2025). Toward a general framework for AI-enabled prediction in crop improvement. Theoretical and Applied Genetics, 138:151.Orateur: Olivier Touchebeuf (CentiGenetics) -
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Au cœur des pommes à chair rouge : un diagnostic acoustique pour détecter le brunissement
Contexte
Les pommes à chair rouge suscitent un intérêt croissant pour leurs qualités nutritionnelles et esthétiques. Cependant, elles présentent une sensibilité marquée au brunissement interne au cours de la conservation. Cette maladie de conservation se manifeste par l’apparition de taches brunes en périphérie du fruit, le rendant impropre à la consommation. De façon empirique, les sélectionneurs sont capables d’estimer si un fruit est brun selon le bruit qu’il émet. Une hypothèse est établie selon laquelle ce type de brunissement serait associé à des changements structuraux (perte de fermeté, d’intégrité cellulaire) intervenant au cours de la conservation du fruit. Détecter précocement et de manière non destructive ces altérations internes constitue un enjeu majeur pour la filière horticole.Objectifs
L’objectif principal de ce travail est de valider la faisabilité d’un diagnostic acoustique non destructif du brunissement chez la variété de pomme à chair rouge ‘RF201’. Un objectif transversal (ou plutôt une conséquence) est de démontrer l’efficacité d’une approche pluridisciplinaire, associant biologie végétale, physique et sciences du numérique, pour répondre à des problématiques concrètes de phénotypage.Démarche et méthodes
L’étude a été conduite sur un échantillon de près de 5 000 signaux acoustiques acquis sur des fruits de variété ‘RF201’. L’instrumentation utilisée repose sur un dispositif du commerce, l’AWETA-Acoustic Firmness Sensor, qui génère un signal acoustique traversant l’épiderme pour sonder les propriétés mécaniques internes du fruit. Les fruits ont été sondés de manière acoustique puis scannés de manière à obtenir une correspondance image-son.
Les données recueillies ont été traitées via des approches d’apprentissage machine (machine learning) supervisé. Le jeu de données a été segmenté pour l'entraînement et la validation de modèles de classification, avec pour variable cible l'état sanitaire du fruit (brun ou non brun).
Résultats obtenus ou attendus
Les modèles d'apprentissage automatique se montrent performants pour classifier les signaux acoustiques des fruits bruns / non bruns. Ces travaux montrent que ce système non destructif peut être utile pour discriminer les fruits bruns, avec des applications potentielles pour la sélection phénotypique et/ou le tri automatique. Cette preuve de concept valide l’utilisation du capteur AWETA non plus seulement pour la fermeté classique, mais comme un véritable outil de diagnostic sanitaire interne.Perspectives
Ce système non destructif ouvre des perspectives prometteuses pour le phénotypage haut débit en amont de la sélection variétale. À terme, cette technologie pourrait être utilisée pour suivre les fruits en conservation et faciliter la sélection de variétés peu susceptibles au brunissement. Sur le plan scientifique, l’étape suivante consistera à affiner la compréhension du lien entre la signature acoustique et les stades précoces de dégradation cellulaire, afin d'anticiper l'apparition des symptômes avant qu'ils ne soient détectables à l'œil nu.Références :
Pierre Bouillon, Etienne Belin, Anne-Laure Fanciullino, Sylvain Hanteville, Yao Letekoma, et al. Internal
browning detection in red-flesh apple (Malus domestica) using image analysis and acoustic signal-based de-
tection. Fruit Research, 2025, ⟨hal-05206849⟩Espley RV, Leif D, Plunkett B, McGhie T, Henry-Kirk R, Hall M, Johnston JW, Punter MP, Boldingh H, Nardozza S, Volz RK, O'Donnell S, Allan AC. Red to Brown: An Elevated Anthocyanic Response in Apple Drives Ethylene to Advance Maturity and Fruit Flesh Browning. Front Plant Sci. 2019. doi: 10.3389/fpls.2019.01248.
Orateur: Jean Belleville (INRAE (IRHS)) -
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Transmission d'une résistance au Huanglongbing issue du citron caviar australien : analyse d'une population de ségrégation interspécifique
Le Huanglongbing (HLB), ou greening des agrumes, est actuellement considéré comme la maladie la plus destructrice de la filière agrumicole mondiale. Elle est provoquée par la bactérie phloémienne 'Candidatus Liberibacter asiaticus' (CLas) transmise par le psylle asiatique des agrumes (Diaphorina citri Kuwayama) et entraîne un dépérissement progressif des arbres, une dégradation de la qualité des fruits ainsi qu'une forte baisse de productivité. Alors que toutes les variétés commerciales d'agrumes dont les mandariniers sont sensibles au HLB, plusieurs apparentés océaniens des agrumes présentent des niveaux de résistance élevés, notamment le citron caviar australien (Citrus australasica).
Afin d'étudier l'hérédité de cette résistance, le CIRAD a développé plusieurs populations hybrides interspécifiques impliquant le citron caviar australien et le mandarinier (C. reticulata). Quatre génotypes hybrides citron caviar × mandarinier, sélectionnés dans différentes familles de croisement puis multipliés par voie clonale, ont été évalués aux côtés d'un témoin sensible de mandarinier. Chaque génotype était représenté par dix réplicats clonaux.
Les plantes ont été soumises à une inoculation contrôlée à l'aide d'adultes de D. citri porteurs de CLas. Des psylles élevés sur des agrumes fortement symptomatiques et positifs pour CLas ont été confinés pendant sept jours sur de jeunes pousses en croissance, dans des conditions contrôlées de température (24–28 °C). La présence de CLas a été évaluée par qPCR quarante jours après inoculation.
Des réponses contrastées ont été observées parmi les génotypes hybrides. Trois génotypes ont présenté une variabilité de réponse entre réplicats, avec 50 à 75 % des plantes inoculées positives pour CLas. À l'inverse, un génotype hybride a présenté une résistance complète, aucune accumulation détectable de CLas n'ayant été mise en évidence par qPCR chez les individus inoculés.
Afin d'étudier la transmission de cette résistance complète, l'hybride résistant a été croisé avec un second mandarinier (C. reticulata), générant une population de ségrégation d'environ 250 individus implantés au champ. Sept mois après la plantation, cette population a été soumise à un test d'inoculation semi-contrôlé. Pour chaque plante, une jeune pousse nouvellement émise a été isolée à l'aide d'un manchon en filet dans lequel cinq adultes de D. citri infectés par CLas ont été confinés pendant sept jours afin d'assurer la transmission du pathogène. La multiplication bactérienne sera ensuite évaluée par qPCR à 40, 80, 120 et 180 jours après inoculation.
L'analyse des profils de ségrégation apportera des informations essentielles sur l'architecture génétique de la résistance au HLB issue du citron caviar australien ainsi que sur son potentiel d'utilisation dans les programmes d'amélioration variétale des agrumes. Les premiers résultats phénotypiques obtenus sur cette population de ségrégation seront présentés et discutés.Orateur: Barbara HUFNAGEL (CIRAD, UMR AGAP Institut, France)
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Santé des plantes et de l'environnement, interactions plantes-bioagresseurs: Santé des semences : détecter, comprendre, protégerPrésidents de session: Alain FERRE, Benjamin CARBONNE
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Technologies pour l'étude et la conduite des plantes: Phénotypage, imagerie et intelligence artificiellePrésidents de session: David ROUSSEAU, Marine LOUARGANT
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Phénotypage haut‑débit : une approche data‑centric intégrée pour le suivi en ligne des plantes
Le phénotypage occupe une place centrale dans les programmes de sélection variétale destinés à répondre aux exigences du changement climatique, à la sécurité biologique et à la stabilité de la production. L’intelligence artificielle s’est imposée aujourd’hui comme le levier indispensable pour atteindre le haut débit, en automatisant l’extraction de caractéristiques à partir de volumes massifs d’images. La majorité des travaux a ainsi concentré ses efforts sur l’optimisation des architectures de modèles, cherchant à maximiser les performances sur un jeu de données fixes. Cependant, les jeux de données de phénotypage sont souvent hétérogènes, issus de protocoles variés et de qualités très différentes, ce qui limite la généricité et la transférabilité des modèles.
Nous proposons une approche d’intelligence artificielle centrée sur la donnée qui recentre le processus sur la qualité, la structuration et l’évolution continue des données en synergie avec les modèles. Notre contribution se structure au travers d’une pipeline unifiée conçue pour le suivi en ligne et l’amélioration permanente des jeux d’images. La Figure 1 illustre les trois étapes de ce pipeline : (i) acquisition adaptative, (ii) détection en temps réel des anomalies et (iii) mise à jour dynamique des modèles.
Dans le cadre de nos travaux pour l’Institut de Recherche en Horticulture et en Semence, nous étudions les stades précoces de développement du développement des plantes, de la graine à la plantule. Nous validons chaque étape sur les jeux de données couvrant différentes espèces d’intérêts : le pois, la tomate, le colza ou le trèfles.
L’étape d’acquisition adaptative repose sur une méthode bayésienne d’échantillonnage intelligent qui identifie les instants les plus informatifs du processus de germination des graines de trèfle. Cette stratégie est testée sur un jeu de données de germination de graines de trèfles et permet de réduire de 20 % le nombre d’images à capturer tout en maintenant la précision des mesures (Mercier et al., 2025a ; Mercier et al., 2024).
La deuxième étape, la détection d’anomalies en temps réel, exploite les séquences time lapse RGB D d’un jeu de données dédié à la tomate. Les expériences montrent que les transitions phénologiques anormales sont identifiées instantanément avec précision, offrant la possibilité d’intervenir immédiatement en cas de dysfonctionnement du développement (Mercier et al., 2025b ; Mercier et al., 2026b).
La dernière étape, la mise à jour dynamique des modèles, utilise les mêmes séquences RGB D issues de la tomate, du pois et du colza pour ajuster les modèles de deep learning sans recourir à de nouvelles annotations massives. Les résultats démontrent une ré adaptation automatique du modèle face aux variations de conditions ou de variétés, avec une réduction de 40 à 60 % du besoin d’annotation supplémentaire (Mercier et al., 2025b ; Mercier et al., 2026a).
En combinant ces trois modules, le pipeline fournit une vision cohérente du phénotypage : acquisition économique et ciblée, analyse instantanée des écarts, et adaptation continue du modèle. La plateforme a été validée sur plusieurs espèces, confirmant sa robustesse face aux variations expérimentales et sa capacité à fonctionner en temps réel pour le suivi des plantes.
Les perspectives portent sur l’intégration de modèles de fondation dans chaque étape, l’ajout de modalités multispectrales (NIR, fluorescence) pour enrichir le caractère phénotypique, le couplage du flux d’informations à des systèmes de contrôle automatisé des serres (température, humidité, éclairage) et le déploiement du pipeline à l’échelle champ afin de tester sa résilience dans des environnements hétérogènes. À plus long terme, la valorisation industrielle de cette approche data centric devrait accélérer les programmes de sélection variétale, les rendre plus précis et les renforcer face aux enjeux de durabilité.Références
Mercier, F., et al. (2025a). Bayesian Adaptive Sampling: A Smart Approach for Affordable Germination Phenotyping. Plant Phenomics, 100067.
Mercier, F., et al. (2024). Sampling Bayesian Adaptive for Nonlinear Models: Application to Plant Phenotyping. EUSIPCO, Lyon.
Mercier, F., et al. (2025b). Deep‑learning‑ready RGB‑depth images of seedling development. Plant Methods, 21(1), 16.
Mercier, F., et al. (2026b). Online Detection of Abnormal Phenological Stage Transitions Using Conformal Prediction. Artificial Intelligence in Agriculture (soumis).
Mercier, F., et al. (2026a). Annotation‑Efficient Inter‑Species Deep Learning‑Based Plant Phenotyping Using Temporal Trajectories. EUSIPCO, Bruges.Orateur: M. Félix Mercier (Université d'Angers, LARIS, IRHS) -
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Phénotypage haut débit du bananier pour accélérer la sélection variétale dans le projet BANA+
La filière banane des Antilles françaises et des autres départements d’Outre-mer doit aujourd’hui relever plusieurs défis de taille : réduire l’usage des produits phytosanitaires, rester compétitive, s’adapter au changement climatique et anticiper l’arrivée de maladies fongiques particulièrement inquiétantes. La production repose encore largement sur la variété Cavendish, appréciée pour ses qualités agronomiques et commerciales, mais très vulnérable à certaines maladies, notamment la cercosporiose noire, aussi appelée maladie des raies noires. C’est dans ce contexte que le projet BANA+ a vu le jour. Son objectif : accélérer le développement de variétés de bananiers résistantes aux maladies fongiques, pour offrir des solutions durables aux producteurs et à l’ensemble de la filière.
Pour y parvenir, le projet s’appuie sur une plateforme de création et de sélection variétale qui combine plusieurs approches complémentaires : le phénotypage, la génomique, l’amélioration conventionnelle et l’édition du génome. Au cœur de cette démarche, le WP1 joue un rôle clé. Il vise à développer des méthodes de phénotypage haut débit, capables de caractériser plus rapidement, plus précisément et de façon plus objective les ressources génétiques, les hybrides et les variétés candidates. L’idée est de fournir aux équipes de sélection des outils, des protocoles et des solutions numériques pour évaluer les caractères d’intérêt, comme la résistance aux maladies, l’état sanitaire des plantes, leur développement ou encore leur adaptation aux conditions de culture.
Concrètement, cela passe par l’acquisition, le traitement et l’analyse de données issues principalement de l’imagerie et de mesures spectrales appliquées au bananier. L’un des enjeux majeurs est de standardiser les conditions d’acquisition, afin d’obtenir des données comparables entre différents génotypes, sites expérimentaux et stades de développement. Les images collectées permettront d’extraire des indicateurs morphologiques, physiologiques ou sanitaires, tandis que les mesures spectrales apporteront des informations complémentaires sur l’état des plantes. Pour automatiser ou semi-automatiser l’extraction d’indicateurs phénotypiques fiables, on mobilisera des méthodes d’analyse d’images, de traitement de gros volumes de données et, quand c’est pertinent, d’apprentissage automatique.
Les résultats attendus du WP1 portent sur la mise en place de protocoles d’acquisition robustes, de chaînes de traitement reproductibles et d’indicateurs directement exploitables par les équipes de sélection variétale. Ces outils devraient permettre d’évaluer un plus grand nombre de plantes, de réduire la subjectivité des observations visuelles et d’améliorer la précision des mesures. À terme, ils aideront à identifier plus efficacement les génotypes résistants à la cercosporiose noire, tout en respectant les critères agronomiques et économiques attendus par la filière.
Intégrer le phénotypage haut débit dans le projet BANA+ est donc un levier important pour accélérer la création de variétés de bananiers plus résistantes, plus durables et mieux adaptées aux contraintes à venir. Les méthodes développées dans le WP1 ne serviront pas seulement à la sélection variétale : elles renforceront aussi la capacité de la filière à anticiper d’autres menaces sanitaires et climatiques, comme la fusariose TR4 ou les effets du changement climatique. Ce travail s’inscrit pleinement dans une démarche de transition agroécologique, en soutien à la réduction des intrants phytosanitaires et à la diversification variétale de la banane.
Références bibliographiques
— CIRAD. Accélérer le développement de variétés de bananiers résistants aux maladies fongiques pour réduire l’usage des pesticides aux Antilles et dans les autres Droms – BANA+. Disponible sur : https://www.cirad.fr/dans-le-monde/cirad-dans-le-monde/projets/projet-banaplus
— BANA+. Phénotypage haut débit / Activités – BANA+. Disponible sur : https://www.banaplus.org/activites/phenotypage-haut-debit
Orateur: Mme Oumaima Karia (INRAe) -
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Phénotypage 3D : vers des jumeaux numériques de nos essais ?
Phénotypage 3D : vers des jumeaux numériques de nos essais ?
Contexte
Le phénotypage, qu’il soit réalisé en conditions contrôlées ou en plein champ est aujourd'hui confronté à un paradoxe majeur : alors que la génétique et les biotechnologies ont montré des progrès significatifs ces dernières années, la mesure des caractères phénotypiques reste souvent manuelle, fastidieuse et doit être réalisée dans un laps de temps court. Ces contraintes font que l’information est souvent simplifiée, dégradée, voire dans le pire des cas perdue. La complexité biologique d’une plante en trois dimensions est ainsi souvent réduite à quelques chiffres dans un fichier Excel. L'enjeu est donc de numériser nos essais pour ne plus perdre d’informations et de les transformer en objets numériques permanents : des jumeaux numériques.Objectifs
L’objectif de ce projet est de démontrer l’efficacité de la technologie Splatara comme solution tout en un pour le phénotypage de précision. Il ne s'agit pas simplement de prendre une photo en 3D, mais de déployer un écosystème complet permettant de :
1.Capturer la réalité du terrain avec une fidélité photoréaliste.
2.Analyser les données de manière immersive et différée.
3.Coopérer grâce à une infrastructure de partage décentralisée.
4.Automatiser l'extraction de mesures complexes.Démarche et méthodes
Le workflow proposé avec Splatara est constitué de quatre piliers technologiques :
•La 3D Gaussian Splatting : Au lieu d'utiliser des scanners LiDAR coûteux et lents, nous utilisons un Meta Quest. En quelques minutes, le logiciel permet d’acquérir les données nécessaires à la reconstruction.
•Le rendu Immersif en réalité virtuelle : L’utilisateur peut ensuite visualiser et intéragir avec le jumeau numérique. Cette immersion permet de manipuler la plante, de zoomer sur une insertion foliaire ou de mesurer un entre-nœud. On sépare physiquement le temps de la capture du temps de l’analyse.
•Segmentation par IA avec SAM (Segment Anything Model) : Il est possible d’intégrer au processus des IA complémentaires telle que SAM. Cette IA permet d'isoler n'importe quel organe végétal. Une fois une feuille ou un fruit "segmenté" dans l'espace 3D, le logiciel peut en calculer automatiquement la surface, le volume ou l'orientation.
•Le Partage Peer-to-Peer : Les modèles 3D haute définition sont des fichiers extrêmement lourds. Pour éviter les goulots d'étranglement des serveurs cloud classiques, Splatara utilise le protocole P2P. Les fichiers sont partagés directement entre les machines des collaborateurs, garantissant une fluidité totale ainsi qu’une sécurité absolue.Résultats obtenus
L'utilisation de cette chaîne de traitement montre des résultats sur la qualité des données. Le premier gain est celui de la détection. En réalité virtuelle, le jumeau numérique permet d'observer la plante sous des angles difficiles d’accès sur le terrain.
L'aspect collaboratif apporte une dimension nouvelle : la possibilité de taguer des parties du scan. Un expert peut marquer une zone suspecte (début de maladie, carence spécifique) directement dans le modèle 3D. Ses collègues, en ouvrant le fichier via le réseau P2P, voient immédiatement le point d'intérêt dans son contexte. L'essai devient un espace de discussion interactif et réutilisable à l'infini.
Perspectives
La prochaine étape est celle du suivi temporel (4D). En superposant les jumeaux numériques d'une même parcelle acquis à différentes dates, nous pourrons visualiser et quantifier la dynamique de croissance réelle. L'intégration de l'IA pour l'automatisation totale des mesures permettra bientôt de traiter des milliers de plantes sans intervention humaine, ouvrant la voie à un phénotypage haut débit réellement accessible. Splatara ne se contente pas de copier le terrain, il le rend interactif et résistant au temps.Références bibliographiques
Liu B., et al. (2026). Cotton field population phenotyping analysis based on 3D Gaussian reconstruction and dynamic spatial constraints. Frontiers in Plant Science
Deng W., et al. (2026). Hyperspectral imaging meets 3D Gaussian Splatting: A novel approach beyond 3D plant morphology
Nabaei H., et al. (2025). A survey on 3D reconstruction techniques in plant phenotyping: From classical methods to Neural Radiance Fields (NeRF), 3D Gaussian Splatting (3DGS), and beyondOrateur: Dr Kévin CARTELIER -
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Vers un Jumeau Numérique de la production de tomate sous serre : Intégration multi-modèles et adaptation dynamique de l'échelle
La production de tomate sous serre est un système complexe mettant en jeu des interactions entre le climat intérieur, le rayonnement lumineux, la physiologie des plantes, le fonctionnement des équipements et les décisions du producteur. Face aux enjeux d'optimisation des intrants (énergie, eau, fertilisants) et d'adaptation aux aléas climatiques, des outils de pilotage prédictifs et adaptatifs sont devenus indispensables. Le concept de Jumeau Numérique (JN), réplique virtuelle dynamique couplée en temps réel par des mesures terrain à un système physique réel, offre un cadre particulièrement prometteur pour répondre à ces défis.
Un JN se distingue d'une simple simulation par une alimentation en continu par des données expérimentales pour recaler ses paramètres, anticiper l'évolution du système et tester des scénarios de conduite dans un temps compatible avec le pilotage du système réel. Dans le contexte de production sous serre, cela implique l'intégration cohérente de plusieurs couches de modèles : comportement bioclimatique de la serre et des équipements, dynamique de croissance des plantes, et processus d'échange radiatif et gazeux à différentes échelles. C'est l'ambition du projet de long terme que nous développons, à l'interface de l'écophysiologie végétale, de la physique du bâtiment agricole et de l'informatique scientifique.
Le premier pilier est la modélisation du climat sous serre. Un modèle physique de l'enveloppe et des équipements de la serre décrit les échanges de matière (eau, air CO2) et d’énergie entre extérieur, intérieur, cultures et équipement de gestion climatique. Ce modèle permet de prévoir à la fois les conditions microclimatiques internes à la serre et les consommations d’énergie et de matière en fonction du climat extérieur et des règles de pilotage choisi. Dans un jumeau numérique complet, ce modèle s’appuiera sur un réseau de capteurs environnementaux déployés en conditions réelles et couplées aux données météorologiques et aux consignes de chauffage et ventilation. En plus de permettre un recalage du modèle sur le système réel, les données expérimentales permettent de (re)paramétrer le modèle.
Le deuxième pilier est la représentation 3D de la plante et du couvert. Nous développons des modèles Fonctionnels-Structuraux (FSPM) de la tomate dans l'environnement GroIMP, simulant l'architecture 3D en lien avec la physiologie (photosynthèse, transport de carbone, dynamique source-puits), couplé à un lanceur de rayons pour calculer l'interception lumineuse à l'échelle de l'organe. L’objectif est de pouvoir nourrir en continu le modèle, ici par un phénotypage automatique des plantes, afin de vérifier leur bon développement, décider d’opération culturale, et le cas échéant de modifier les règles de pilotage de la serre.
L'un des verrous centraux de ces deux piliers concerne le choix de la bonne échelle spatiotemporelle de modélisation et de simulation. Selon la finalité, le temps de calcul, et les données disponibles, la complexité des modèles doit être adaptée afin d’avoir le résultat le plus précis possible dans le temps disponible. Pour une plante densément instrumentée sans contrainte forte sur le temps de calcul, un modèle mécaniste de photosynthèse couplé à la conductance stomatique (type Farquhar-von Caemmerer-Berry) sera pertinent. En contexte plus contraint sur le temps, avec peu de mesures disponibles, on privilégiera des approches agrégées et/ou plus empiriques (loi de Beer-Lambert pour le rayonnement, ratio de biomasse fixé par unité de rayonnement journalier). Cette adaptation de l'échelle, potentiellement dynamique, pilotée par la disponibilité des données, constitue une originalité forte de notre approche.
La formalisation de l’adaptation de l’échelle de représentation des phénomènes est adressée par le troisième pilier de notre projet, centré sur la structuration formelle des connaissances. Face à la multiplicité et la complexité des modèles mobilisés et trouvés dans la littérature, des ontologies de référence (Plant Ontology, Crop Ontology…) sont mobilisées afin de mettre en relation les modèles par leurs entrées-sorties, leurs échelles de représentation, les paramètres qu’ils utilisent… L’objectif est de pouvoir dans un premier temps juger et s’assurer de l'interopérabilité sémantique entre modèles d’origine différente. À terme, il s’agira de formaliser les conditions et les opérations nécessaires pour remplacer un modèle par un autre dans le JN selon les besoins opérationnels.
Cette présentation illustrera l’avancement des différents projets (modélisation fonctionnelle structurale, climatique sous serre, phénotypage et informatique scientifique) qui convergent vers la formalisation d’un outil de décision robuste et évolutif, au service d'une production de tomate plus durable et résiliente.Orateur: Nattida JUEWONG (staff) -
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PAuL : une approche multidisciplinaire pour le phénotypage des plantes par IA et vision par ordinateur
Contexte
Les problématiques actuelles du phénotypage végétal nécessitent une lecture intégrée du végétal, combinant des informations morphologiques, physiologiques et biochimiques issues d’imageries multimodales (RGB, hyperspectrale, thermique). Toutefois, leur exploitation conjointe reste limitée par l’hétérogénéité des conditions d’acquisition et la fragmentation des approches analytiques.
Pour répondre à ces enjeux, Farm3 s’appuie sur trois piliers complémentaires : agronomie, mécatronique et intelligence artificielle. Cette structuration permet d’aborder le végétal de bout en bout, du capteur à la caractérisation quantitative des traits du végétal.
Dans ce cadre, PAuL (Plant Automated Learning) est développé comme un système d’intelligence artificielle multi-agent intégrant physiologie, morphologie et environnement pour produire une représentation unifiée de l’état du végétal.
Objectif
PAuL vise à développer un modèle d’intelligence artificielle multi-agent capable de relier différents types de connaissances sur les plantes en intégrant conjointement les dimensions morphologiques, physiologiques et environnementales issues de données d’imagerie multimodale.
L’objectif est de dépasser les approches spécifiques à une tâche pour construire un cadre généralisable. Cela permet de mutualiser les connaissances et d’assurer une robustesse face à des environnements allant de conditions contrôlées aux conditions de production au champ.
Cette représentation unifiée constitue le socle permettant d’adresser un ensemble de problématiques agronomiques hétérogènes, notamment :
• l’estimation des activités physiologiques (photosynthèse, conductance stomatique, transpiration) chez le fraisier,
• la détection de la maturité du melon,
• la prédiction non destructive de la teneur en composés bioactifs chez des plantes aromatiques.
Démarche et méthodes
Les données sont acquises via des dispositifs d’imagerie multimodale synchronisés, permettant de capturer simultanément les dimensions structurelles et fonctionnelles du végétal. Un traitement en amont assure la normalisation des acquisitions ainsi que la segmentation des zones d’intérêt, garantissant la cohérence des entrées utilisées par les modèles d’apprentissage.
Dans ce cadre, les modalités d’imagerie sont interprétées selon leur complémentarité: les données issues de l’imagerie RGB sont principalement associées à la caractérisation morphologique du végétal (architecture, structure, géométrie du couvert) [1], tandis que les modalités thermique et hyperspectrale sont davantage liées aux dynamiques physiologiques (activité photosynthétique, état hydrique, conductance stomatique) [2].
L’apprentissage au sein de PAuL repose sur l’exploitation de jeux de données annotés, construits en fonction de problématiques agronomiques ciblées, afin d’apprendre des correspondances entre signatures multimodales et variables agronomiques mesurées.
Au-delà d’une formulation classique en termes de régression ou de classification, PAuL adopte une approche conditionnée par la tâche, dans laquelle la sélection et la combinaison des modalités d’entrée sont directement guidées par la nature des phénomènes étudiés.
Dans ce cadre :
• les dynamiques physiologiques (photosynthèse, conductance stomatique, transpiration) chez le fraisier sont modélisées à partir d’une fusion de données hyperspectrales et d’imagerie RGB,
• la détection de la maturité du melon repose principalement sur des données RGB,
• la prédiction non destructive de la teneur en composés bioactifs chez des plantes aromatiques s’appuie sur des données hyperspectrales.
Cette variabilité dans l’utilisation des modalités illustre la capacité de PAuL à adapter ses entrées et ses représentations aux exigences spécifiques de chaque tâche, tout en conservant un cadre d’apprentissage unifié.
Résultats obtenus
PAuL montre des performances consistantes sur des tâches hétérogènes de phénotypage végétal, avec des niveaux d’erreur dépendant de la nature des variables cibles.
Sur le fraisier, les flux physiologiques (photosynthèse, conductance stomatique, transpiration) sont estimés avec des corrélations élevées par rapport aux mesures de référence (R² = 0,70–0,90).
Sur le melon, la maturité est discriminée en conditions de production avec une précision de 85–95 %, malgré une forte variabilité des conditions d’acquisition.
Sur les plantes aromatiques, la teneur en composés bioactifs est prédite avec des coefficients de détermination compris entre R² = 0,71–0,85 selon les composés considérés.
Perspectives
PAuL vise la généralisation inter-espèces via l’apprentissage de représentations transférables entre cultures. Un second axe concerne la distillation de connaissances pour le transfert entre environnements (chambres de culture, serres, plein champ). Le cadre pourra être étendu par l’ajout de nouvelles modalités et fonctionnalités selon les besoins agronomiques.
Références
[1] Leiva, Fernanda, et al. "Phenotyping Fusarium head blight through seed morphology characteristics using RGB imaging." Frontiers in Plant Science 13 (2022): 1010249.
[2] Sarić, Rijad, et al. "Applications of hyperspectral imaging in plant phenotyping." Trends in plant science 27.3 (2022): 301-315.Orateur: Souhaieb AOUAYEB (Farm3) -
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Discrimination de variétés de fèves de cacao et de leurs niveaux de fermentation par des méthodes non destructives
Mots-clés : fèves de cacao, niveau de fermentation, discrimination, mesures non destructives, origine
Contexte : Le cacao var. Theobroma est une culture de rente présente dans de nombreux pays d’Afrique et d’Amérique Latine. En République du Congo, trois variétés principales sont produites, à savoir le Criollo, le Forastero et le Trinitario. La qualité commerciale des fèves de cacao fermentées et séchées correspond au niveau de fermentation de celles-ci. La détermination de ce niveau de fermentation constitue ainsi un enjeu majeur pour la production et le commerce.
Objectifs : Cette étude visait à 1) déterminer si la variété et l'origine géographique des fèves de cacao entières fermentées et séchées pouvaient être distinguées à l'aide de la spectrométrie Raman, de l'imagerie hyperspectrale (HSI) et de la spectrométrie proche infrarouge (NIRS) et 2) évaluer si ces méthodes non destructives pouvaient caractériser le niveau de fermentation des fèves. Ce dernier a été déterminé par la méthode de référence, càd à l'aide du test de coupe, ainsi que de l'indice de fermentation.
Démarche et méthodes : des fèves fermentées et séchées, issues des trois variétés (Criollo, Forastero et Trinitario) venant de deux régions (nord et sud) de la République du Congo ont été récoltées en 2022. 200 fèves par modalité ont été analysées ; une modalité correspond à variété x région. Des analyses non destructives ont été réalisées sur l’ensemble de ces fèves préalablement numérotées. L’imagerie hyperspectrale a été réalisée à l’aide du système Pika L, Resonon (Bozeman, MT, USA) et du logiciel SpectrononPRO, l’acquisition spectrale allant de 400 nm à 1000 nm. Les spectres proches infra-rouge ont été produit par le système NIRS d’Ocean Insight avec le logiciel NanoQuest 6.1. Enfin, les spectres Raman, de 150 à 2850 cm-1, ont été obtenus à l’aide du spectromètre QE Pro-Raman équipé d’un laser à 785 nm.
Résultats obtenus : Tout d’abord, il a été possible d’obtenir des spectres cohérents à partir des trois méthodes non destructives (Raman, HSI et NIR). Il a été possible de distinguer les variétés de fèves de cacao (précision = 98,2 %, 91,4 % et 80,2 % pour les spectres Raman, HSI et NIRS, respectivement) ainsi que leur origine géographique (précision = 99,4 %, 97,3 % et 97,1 % pour les spectres Raman, HSI et NIRS, respectivement). Les trois méthodes ont permis d'obtenir de très bonnes prédictions des niveaux de fermentation réels, déterminés à l'aide du test de coupe (précision : 97 %) ; les méthodes les plus efficaces ont été la spectroscopie HSI, suivie de la spectroscopie Raman.
Perspectives : Ces méthodes non destructives se révèlent donc efficaces et polyvalentes ; elles pourraient être utilisées par l'industrie pour évaluer la qualité des fèves de cacao, voire pour en vérifier l'authenticité, à condition qu'une base de données plus complète soit constituée.
Référence bibliographique : Biyendolo Loumpangou B.B.D. et al. (2026). Use of non‐destructive methods to differentiate cocoa beans based on variety and fermentation level. Journal of the Science of Food and Agriculture, 106(6), 3720-3731.Orateur: Chantal Maury (Ecole Supérieure des Agricultures)
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Valorisation, usages et qualités du végétal: Elaboration de la qualité des produits et valorisation des sous-produitsPrésidents de session: Anne-Laure LAROCHE, Isabelle SOUCHON
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Légumes sous vide : conservation et qualité nutritionnelle
Contexte
Le marché des végétaux crus prêts à l’emploi connaît une croissance rapide, portée par la demande de praticité et de gain de temps. Dans ce contexte, le conditionnement sous vide apparaît comme une solution prometteuse pour prolonger la durée de conservation des légumes découpés tout en préservant leur fraîcheur et leur valeur nutritionnelle.
Objectifs
L’étude visait à évaluer l’impact du conditionnement sous vide sur la conservation de légumes crus découpés, en comparaison avec une conservation classique en barquette. Elle portait sur cinq espèces modèles — carotte, poireau, brocoli, haricot vert et poivron — en examinant à la fois les critères organoleptiques et nutritionnels.
Démarche et méthodes
Les essais ont été conduits sur des légumes préparés selon des protocoles adaptés à chaque espèce, notamment concernant le % de vide utilisé, puis conditionnés en barquette ou sous vide et stockés à 4° C. Les observations ont porté sur le dessèchement, l’aspect visuel, l’odeur et le brunissement à différents temps de stockage allant jusqu’à 10 jours, ainsi que sur les teneurs en vitamines Apro, B9, C et E. Des analyses microbiologiques ont été effectuées.
Résultats obtenus ou attendus
La mise sous vide améliore l’aspect de fraîcheur des légumes en limitant le dessèchement et maintenant une odeur caractéristique de produit frais, notamment sur la carotte et le poireau. Elle permet de limiter le brunissement sur le brocoli et d’intensifier la couleur des poireaux et brocolis. Elle se traduit toutefois par un risque accru de fermentation pour certaines espèces, notamment la carotte, le poireau et le brocoli, et par une altération de la texture des haricots verts et des poivrons, pour lesquels la barquette préserve mieux le croquant. Aucune différence n’a pas été montrée entre la conservation en barquette et sous-vide concernant le développement microbien.
Sur le plan de la qualité nutritionnelle, les résultats montrent une bonne stabilité des micronutriments étudiés après 7 jours de stockage que ce soit dans un conditionnement sous vide ou en barquette, en particulier pour les caroténoïdes, les folates et la vitamine E. Pour la carotte, le haricot vert ou le poireau, les teneurs en vitamine C sont maintenues dans les modalités conservées sous vide tandis qu’elles diminuent de 14% à 44% pour les modalités stockées en barquette. La vitamine E reste globalement stable, sauf pour le haricot vert où une diminution moyenne d’environ 55% est observée après 7 jours de stockage en conditionnement sous vide par rapport aux barquettes.
Bien que la qualité des légumes découpés conservés en barquette reste correcte, le sous vide est un plus pour la conservation, notamment au niveau visuel et pour la préservation de la vitamine C à condition de maitriser le risque de fermentation.,
Perspectives
Ces résultats suggèrent que le sous vide constitue un levier intéressant pour améliorer la conservation visuelle et certaines qualités nutritionnelles des légumes découpés, sous réserve d’un ajustement aux caractéristiques propres de chaque espèce et d’une bonne maîtrise de la matière première. Ils ouvrent des pistes pour optimiser les modalités de conditionnement selon la nature du légume et son état de fraîcheur initial, afin d’aider les professionnels à concilier praticité, qualité et limitation du gaspillage alimentaire.Orateur: Dr Maria del Carmen PONCE DE LEON RODRIGUEZ -
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Optimisation des qualités nutritionnelles et sensorielles d’aliments à base de lentilles par traitements thermiques et fermentation
Les lentilles présentent des bienfaits considérables pour la santé grâce à leur richesse en protéines de haute qualité naturellement sans gluten et en fibres alimentaires. Cependant, leur consommation à plus grande échelle est limitée par plusieurs freins, notamment la présence d'oligosaccharides de la famille du raffinose (RFOs) susceptibles de provoquer des troubles gastro-intestinaux, de facteurs antinutritionnels, d’une potentielle immunoréactivité ainsi qu’une saveur « végétale » caractéristique. Notre objectif est d’évaluer différentes stratégies de transformation visant à améliorer les qualités nutritionnelles et organoleptiques des aliments à base de lentilles.
Trois variétés de lentilles (Lens culinaris Medik.), différant par leur composition en macronutriments, ont été sélectionnées : deux lentilles vertes (Anicia) et une lentille corail (Rosana). Les graines ont été moulues en farine et utilisées soit telles quelles, soit soumises à un traitement thermique à sec (20 min à 100 °C) ou à une fermentation bactérienne (Levilactobacillus brevis – 24 h à 37 °C), une souche reconnue pour sa capacité à dégrader les RFOs. Un aliment modèle (tuile) a ensuite été préparé par hydratation des différentes farines, suivi d'une cuisson de la pâte en fine couche au four (180 °C, 10 min). Parallèlement, des graines de lentilles entières ont été analysées avant et après cuisson dans l'eau.
Une caractérisation biochimique complète a été réalisée, incluant la détermination de la teneur en protéines et de leur digestibilité, de l'amidon et des fibres alimentaires solubles et insolubles. Les RFOs, les tanins, les facteurs antinutritionnels (inhibiteurs de trypsine, acide phytique et saponines), la composition minérale, le pouvoir antioxydant (tests FRAP et DPPH•) et les propriétés techno-fonctionnelles en milieu aqueux ont également été quantifiés. L'immunoréactivité IgE-dépendante a été évaluée et les profils sensoriels ont été établis à l'aide d'un panel entraîné afin d'évaluer l'impact des traitements sur les notes aromatiques.
Cette étude propose une comparaison globale de différentes sources de lentilles, présentant des compositions et des méthodes de transformation contrastées, et met en évidence leurs avantages et leurs limites respectifs. Ces résultats contribuent à identifier des stratégies efficaces pour améliorer la valeur nutritionnelle, la qualité sensorielle et l'acceptabilité globale des produits à base de lentilles, tout en minimisant leur immunoréactivité potentielle.
Orateur: Dr Marie Dufrechou (ESA Angers - USC GRAPPE) -
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Tester la valorisation des déchets verts issus du maraichage
Contexte
La valorisation de la biomasse résiduaire est un enjeu de la transition écologique à l’échelle nationale, bien identifié dans la Stratégie Nationale de Mobilisation de la Biomasse. Or les productions maraichères génèrent une quantité de déchets verts actuellement pas ou peu valorisés, comme c’est le cas en Pays de la Loire, une région de maraichage. Les résidus de maraichage constituent une biomasse diversifiée et dispersée sur le territoire ce qui rend difficile l’évaluation des voies de valorisation existantes.Une étude réalisée dans le cadre du projet RaFFUT (programme TETRAE, INRAE-PdL)
RaFFUT propose d’évaluer de manière prospective, par l’analyse de scénarios, le déploiement de bioraffinerie flexible et locale pour les filières légumière et horticole relativement aux solutions alternatives (compostage, méthanisation, épandage). Une approche intégrée multidisciplinaire et multi-acteurs pour co-concevoir une bioraffinerie afin de promouvoir la circularité de la biomasse résiduaire légumière dans les Pays de la Loire.Question de recherche du travail
Quels tests physico-chimiques ou mécaniques peuvent orienter le choix d’une valorisation d’une biomasse végétale ?
La méthode utilisée
La première étape consiste à séparer le jus des fibres de chaque biomasse car les deux fractions n’ont pas les mêmes sources d’intérêt. Pour ce qui est de la fraction liquide, nous avons exploré des méthodes simples de dosage des molécules d’intérêt par spectroscopie Infra-Rouge, en nous concentrant sur les protéines, importantes pour l’alimentation animale par exemple. Concernant la partie solide fibreuse, des éprouvettes et des panneaux de particules et différentes tests mécanique (notamment perçage, flexion 3 points, test de cohésion interne) ont été réalisées dans le but d’évaluer une valorisation type matériaux.Matériaux
Pour ce projet, les biomasses étudiées sont majoritairement issues des filières légumières et horticoles, tiges et feuilles de concombre, de tomate, des talons d’asperge, du vert de poireau ou encore du marc de pomme ont été étudiés. Pour la fabrication de panneaux nous avons travaillé spécifiquement avec des déchets verts de tomate et de concombre et avec des particules de bois employées dans l'industrie.Résultats
Dosage de protéines. Une méthode de dosage des protéines par spectroscopie infra-rouge a été développée pour avoir un dosage rapide, fiable et peu couteux. Ce dosage repose sur la loi de Beer-Lambert et permet de doser directement les protéines sans passer par une conversion de l’azote comme cela est le cas pour la plupart des autres méthodes de dosage des protéines.
Mise en forme de matériaux. L’étude de la valorisation de la partie fibreuse des biomasses sous forme de matériaux, repose sur deux procédés, 1. la fabrication d’éprouvettes par pressage à froid et à chaud. L’application de pressions élevées dans un moule permet la liaison des fibres et l’obtention d’une matériau 100% fibreux. Ces éprouvettes de petites tailles sont ensuite soumises à différents tests.
2. la fabrication de panneaux de particules (20x20 cm), avec ajout de colle (10%) par pressage à chaud et faible pression, suivant un procédé comparable au procédé industriel.Perspectives
Les impacts envisagés pour les partenaires et les perspectives de recherche
Les perspectives de ce travail consistent à prolonger le développement de méthodes de criblage et des test-préliminaires en vue de faciliter l’orientation vers une valorisation future de la biomasse végétale.
Concernant la caractérisation de la biomasse, la méthode de dosage développée pour les protéines pourrait être étendue à d’autres composés d’intérêts des biomasses tels que les pectines ou encore les polyphénols. Concernant les tests de la partie fibreuse, le projet poursuit des recherches sur la détermination des conditions de mise en forme et de composition optimales de matériaux.
Le projet permettra aux acteurs du territoire d’être informés des voies de valorisations intéressantes pour les co-produits du maraichage afin d’investir dans celles qui paraitront les plus adaptées au contexte territorial.Orateur: Dr Kamal Kansou (INRAE, UR1268- BIA, F-44316, Nantes, France) -
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Diversification des activités en horticulture ornementale – Développement d’itinéraires de production de végétaux d’intérêt industriel
Contexte
Dans un contexte économique difficile et face à un marché en évolution, l'adaptation par l'innovation est primordiale. La pérennité des acteurs économiques de l'horticulture ornementale est en jeu ; la recherche et le développement de nouveaux marchés est souhaitable pour consolider le revenu des entreprises, et l’exploitation d’actifs végétaux peut constituer une nouvelle source de revenus.
Objectifs
La diversification des usages, au travers de la production de plantes d'intérêt industriel, est une approche permettant de bénéficier du savoir-faire horticole tout en valorisant les infrastructures des professionnels sous utilisés en période estivale. Cet axe de travail est exploré par le CDHR Centre-Val de Loire pour développer de nouveaux marchés pour l’horticulture. L’objectif est d’utiliser les outils et les techniques de l’horticulture sous abri à des fins de production de composés naturels issus d’extraits de végétaux d’intérêt industriel.
Démarche et résultats obtenus
Cette approche a conduit à la mise en relation de compétences et de techniques maîtrisées dans deux domaines :
- le domaine horticole avec la maîtrise des paramètres culturaux liés à l’abri et la conduite de culture en hors-sol en poussant l’optimisation technologique du process de culture jusqu’à l’utilisation de méthodes innovantes et respectueuses de l’environnement : hydroponie, culture sur rafts flottants et aéroponie (brumisation à intervalles régulières de solution nutritive sur les racines).
- le domaine des composants naturels issus d'extraits végétaux qui intéressent le monde industriel de plusieurs secteurs (cosmétique, pharmacie, colorants, alimentaire, …).
La production de ce type de végétaux à un niveau local, au plus près des utilisateurs (extracteurs et industriels de la cosmétique et de la pharmacie), présente plusieurs avantages dont la traçabilité et la régularité de l'approvisionnement.
Les projets d’expérimentation menées par le CDHR sur des plantes d’intérêt industriel ont montré que la production selon des dispositifs et des conduites spécifiques à chaque espèce, était possible avec une qualité et une productivité satisfaisant aux exigences des industriels.
Les modèles de culture développés (notamment l’aéroponie) permettent de valoriser les infrastructures et équipements des professionnels de la filière et d’obtenir des teneurs en métabolites intéressantes au sein des plantes d’intérêt cultivées. Toutefois, ces teneurs sont plus faibles que sur les itinéraires de production traditionnels de ces espèces, à savoir en pleine terre.
Les infrastructures dont bénéficient les professionnels de la filière peuvent permettre d’appliquer une diversité de stress abiotiques pouvant potentiellement stimuler la production de métabolites par les plantes. Le cœur de l’intervention présentera des itinéraires culturaux permettant d’améliorer les rendements en métabolites d’intérêt. Le CDHR teste une pluralité de paramètres : système de culture (pleine terre, conteneur, aéroponie, hydroponie, etc.), stress abiotiques (stress hydrique, LEDs, UV, etc.), intrants (fertilisation organique/minérale, biostimulants, etc.). Ces paramètres sont étudiés pour augmenter la biomasse récoltée et/ou la concentration en métabolite d’intérêt.
Ainsi, la nutrition de la plante, tout comme son éclairage semblent être des leviers d’action intéressants pour stimuler la production de métabolites par la plante. En effet, les essais menés ont mis en évidence qu’une culture d’armoise menée en fertilisation organique produisait plus de métabolites (artémisinine) qu’une culture de référence menée en fertilisation minérale conventionnelle. De même, des travaux réalisés en 2024 montrent que l’application d’un éclairage complémentaire à base de LED a permis de multiplier par deux la teneur en forskoline dans les racines de Coleus forskohlii. Le projet a également montré l’intérêt d’un dispositif de culture en aéroponie avec une production de biomasse racinaire fraiche de Coleus forskohlii augmentée de 993% sur un itinéraire en aéroponie sous serre verre par rapport à un itinéraire sous tunnel en conteneur sur substrat.Perspectives
Le CDHR travaille actuellement au renforcement des liens entre les industriels et les producteurs pour déployer les itinéraires développés au sein des entreprises de production de la région Centre-Val de Loire.
Orateur: M. Olivier YZEBE -
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Mesure non-destructive des fruits par spectroscopie visible infrarouge pour optimiser et valoriser la qualité organoleptique des fruits frais et transformés
Contexte
Afin de relever les défis environnementaux, économiques et sociaux pressants, il est nécessaire de renforcer la durabilité du secteur des fruits tout au long de la chaîne de production, transformation, commercialisation, jusqu’aux consommateurs. La France a d’ailleurs mis en œuvre un plan de souveraineté pour la filière fruits et légumes, y compris les produits transformés, afin de moderniser les infrastructures de stockage et de transformation (Action B-5 – Plan de souveraineté pour la filière fruits et légumes – mars 2023).
L’un des leviers pour améliorer la durabilité des filières fruits est de développer les technologies numériques, utilisant notamment des capteurs peuvent être mis en œuvre pour évaluer et contrôler la qualité des fruits. La qualité des fruits, ici réduite à la dimension organoleptique, est complexe car elle est définie par une combinaison d’attributs et de propriétés qui déterminent l’aspect, la résistance, le goût, la composition en macro et microphytoconstituants bioactifs… De plus, ces attributs évoluent au cours du temps et sont fortement influencés par la gestion et l’environnement des fruits (température, humidité, temps) tout au long des itinéraires après-récolte et de transformation.Objectifs
Parmi les capteurs, la spectroscopie Visible-Proche infrarouge (VIS-NIRS), associée à la chimiométrie, est reconnue comme étant une méthode rapide et non destructive pour évaluer la composition du matériel végétal, en particulier des fruits. L’un des objectifs de nos travaux est de tester et mettre à disposition de la profession un outil simple et portable pour caractériser les fruits au cours de leur itinéraire technologique allant de la maturation à la transformation.
Plusieurs applications ont été étudiées pour i) suivre la maturation des fruits sur l’arbre et déterminer la date optimale de la récolte (cas de l’abricot), ii) contrôler le séchage des fruits (cas de la figue) et enfin iii) prédire la qualité d’une purée à partir de la qualité initiale des matières premières (cas de la pomme et abricot).Démarche et résultats
D’un point de vue méthodologie, l’équipement utilisé était le spectromètre F-750 (Felix Instruments, États-Unis) permettant d’acquérir des spectres entre 400 et 1100 nm. Une régression linéaire par moindres carrés partiels (PLSR) a ensuite été appliquée aux données (spectres et données de référence) réparties aléatoirement entre un lot d’étalonnage (2/3 des données) et un lot de validation (1/3 des données).
Pour la maturation de l’abricot sur l’arbre, un essai a été mené pendant 4 ans (2019-2022) sur 10 à 16 variétés d’abricots chaque année. Les caractéristiques qualitatives étudiées étaient la teneur en solides solubles (SSC) et l’acidité titrable (TA), qui présentaient une grande variabilité allant de 6,2 à 22,6 °Brix pour la SSC et de 4,5 à 46,8 meq/100 g pour la TA. Des modèles pluriannuels et multi-outils ont été comparés. Les résultats de prédiction obtenus pour le test de validation interne présentent un R² de 0,89 et un RMSEP de 0,90 ° Brix pour la teneur en sucre soluble (SSC), et un R² de 0,75 et un RMSEP de 4,43 meq.100⁻¹ g pour l’acidité totale (TA). Les résultats des prédictions se sont révélés très similaires à ceux obtenus avec un spectromètre de laboratoire.
Pour le séchage de la figue, des essais ont été menés pendant deux années (2023-2024) sur deux variétés (Lampa Preta et Pingo de Mel) et deux stades de maturité (mi-mûr et mûr). Les paramètres de qualité d’intérêt étaient la teneur en solides solubles (SSC) et la teneur en eau (%) qui variaient respectivement de 12,4 à 35,9 °Brix et de 65,8 à 89,9 %. Des bons niveaux de prédiction de la teneur en SSC et en eau ont été obtenus (R² > 0,83), même si l’effet annuel s’est avéré supérieur à l’effet stade de maturité.
Enfin, des travaux réalisés sur la pomme, et en cours sur l’abricot, nous permettent de réfléchir au développement d’un outil d’aide à la décision pour optimiser la qualité des fruits transformés, en fonction de la matière première et de son évolution tout au long des itinéraires technologiques.Les résultats présentés sont issus de différents projets :
- Projet Agropolis Fondation financé par l’ANR, programme d’“Investissements d’Avenir” programme (ANR-10-LABX-01-001 Labex Agro) (2018-2021)
- Projet Région Occitanie / FEADER /opération 16.2 (2019-2022)
- Projet PRIMA Programme, supporté par l’UE, Grant Agreement No.1733, FCT (FCT/PRIMA/0005/2021), et ANR (ANR-22-PRIM-0007-08) (2022-2025)Orateur: Mme Sylvie Bureau (INRAE, Avignon) -
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Évaluation de la qualité nutritionnelle des farines de féverole et de cosses de pois en vue de leur intégration dans l'alimentation humaine
Contexte :
Les légumineuses sont reconnues comme un élément clé de l'innovation alimentaire et sont d'excellents candidats pour assurer la durabilité des systèmes alimentaires. Cependant, certaines légumineuses, telles que les féveroles, et certains co-produits de légumineuses, tels que les cosses de petits pois, sont majoritairement destinés à l'alimentation animale et restent encore très peu exploités et valorisés dans l'alimentation humaine.
Objectifs :
Cette étude a pour objectif d'une part, d’évaluer les qualités fonctionnelles et nutritionnelles de ces deux ingrédients peu utilisés et durables (féveroles et cosses de petits pois) et d'autre part, mettre en évidence le potentiel de complémentarité de ces deux ingrédients en termes de qualités fonctionnelles et nutritionnelles, en vue d'une meilleure utilisation.
Démarche et méthodes :
Les deux matières premières utilisées dans cette étude sont les farines de féverole avec et sans traitement thermiquement (réalisé à 80, 120, 150 et 180 ◦C pendant 30 minutes) et la farine de cosses de petits pois. La composition, la qualité nutritionnelle (facteurs antinutritionnels, digestibilité in vitro des protéines) ainsi que les propriétés fonctionnelles (capacité d'absorption d’huile et d’eau) ont été évalués.
Résultats obtenus :
Pour la farine de cosses de petits pois, les résultats ont montré une teneur très intéressante en protéines (12,13 %) et en fibres insolubles (37,45 %), ainsi que des teneurs intéressantes en minéraux, principalement de calcium, de potassium, de magnésium, de manganèse et de fer.
Pour les farines de féveroles testées, le traitement thermique n'a pas affecté de manière significative les teneurs en protéines, en cendres, en amidon et en matières grasses. En revanche, le traitement thermique a réduit de manière significative la teneur en fibres insolubles (environ 30 % à 180°C), les facteurs antinutritionnels tels que l'acide phytique, les tanins et les inhibiteurs de trypsine des fèveroles traités.
Ce traitement a entrainé également une amélioration de la digestibilité in vitro des protéines de 7,7 %. En ce qui concerne les propriétés fonctionnelles, le traitement thermique a un impact significatif sur la capacité d'absorption de l'eau ; en revanche, la capacité d'absorption de l'huile n’a pas été modifiée.Conclusion et perspectives :
En conclusion, les farines de féverole et de cosses de petits pois présentent un potentiel nutritionnel et fonctionnel intéressant en tant que nouveaux ingrédients pour l'industrie alimentaire, s'alignant ainsi sur les objectifs de durabilité et d'amélioration de la nutrition et de la santé publique.Références bibliographiques :
Arribas, C.; Pereira, E.; Barros, L.; Alves, M.J.; Calhelha, R.C.; Guillamon, E.; Pedrosa, M.M.; Ferreira, I. Healthy novel gluten-free formulations based on beans, carob fruit and rice: Extrusion effect on organic acids, tocopherols, phenolic compounds and bioactivity. Food Chem. 2019, 292, 304–313.
Ben Saıd, K.; Bellagha, S.; Gliguem, H. Effect of Blanching Time Variation on Nutritional and Functional Quality Attributes of Pea Pods. Int. J. Innov. Approaches Agric. Res. 2024, 8, 129–137.
Mejri, F.; Ben Khoud, H.; Njim, L.; Baati, T.; Selmi, S.; Martins, A.; Serralheiro, M.L.M.; Rauter, A.P.; Hosni, K. In vitro and in vivo biological properties of pea pods (Pisum sativum L.). Food Biosci. 2019, 32, 100482.
Nadeesha Dilrukshi, H.N.; Torrico, D.D.; Brennan, M.A.; Brennan, C.S. Effects of extrusion processing on the bioactive constituents, in vitro digestibility, amino acid composition, and antioxidant potential of novel gluten-free extruded snacks fortifi ed with cowpea and whey protein concentrate. Food Chem. 2022, 389, 133107.
Ravindran, N.; Singh, S.K.; Singha, P. A comprehensive review on the recent trends in extractions, pretreatments and modifi cations of plant-based proteins. Food Res. Int. 2024, 190, 114575.
Orateur: Amel HEDHILI (USC 1422 GRAPPE, L’Ecole Superieure des Agricultures (ESA), INRAE, SFR QUASAV, 55 rue Rabelais, 49007 Angers, France) -
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TAMIA PACK : 10 ans d’une Technologie qui change la donne du stockage des graines et semences
Contexte
La gestion des stocks de graines et semences est l'un des sujets les plus critiques de la sécurité alimentaire mondiale. Alors que l'agriculture se concentre massivement sur l'amélioration des rendements aux champs, la bataille pour la sécurité alimentaire et pour une transition durable écologique se joue aussi après la récolte.
1. Un enjeu de sécurité alimentaire mondiale On estime que 10 % à 30 % de la production mondiale est perdue après la récolte. Sauver ne serait-ce qu'une fraction de ces stocks permettrait de nourrir des centaines de millions de personnes. De plus, un stockage efficace lisse l'offre sur l'année, évitant l'explosion des prix lors des périodes de soudure.
2. Un impact économique majeur Chaque grain ou semence perdu est un gaspillage net de travail, de carburant et d'engrais. Au-delà de la perte physique, une mauvaise conservation déprécie la qualité du produit, forçant une vente ou un déclassement à bas prix. Investir dans des technologies innovantes (exemple : la mise sous vide) s'avère souvent plus rentable que d'étendre les surfaces cultivables.
3. Santé publique et qualité sanitaire Le stockage incontrôlé présente des risques sanitaires graves. Un taux d'humidité mal maîtrisé favorise l'apparition de mycotoxines toxiques, tandis que les insectes et rongeurs propagent des agents pathogènes. Ces contaminations peuvent rendre des stocks entiers de graines impropres à la consommation.
4. Un impératif écologique Gaspiller des récoltes revient à gaspiller les ressources naturelles (eau, sols) utilisées pour les produire. Chaque tonne de grain ou de semences détériorée représente une empreinte carbone inutile.
Voici pourquoi le contrôle et la réduction des pertes au stockage sont une nécessité absolue.Objectifs
TAMIA PACK® est née d'un vécu et d'une réflexion. Son actionnaire principal, ASUR Plant Breeding (créateur de variétés de céréales et producteur de semences basé dans l'Oise) travaille depuis plusieurs années sur des technologies innovantes pour améliorer l'efficacité des processus de production de semences, en intégrant les impératifs sociétaux, environnementaux et réglementaires.
C'est pour répondre à des questions de conservation des semences qu'un programme de recherche est lancé en 2014, avec pour ambition de trouver la meilleure façon de préserver la qualité germinative des semences lors du stockage, à coût énergétique moindre.Démarche et méthodes
2014-2016 : de l'expérimentation à la preuve industrielle
Dès 2014, des essais visant à améliorer la conservation des semences sont initiés. Au printemps 2016, près de 6 500 tonnes de surplus de semences récoltées jusqu'en 2019 sont conditionnées sous vide avec succès, preuve immédiate de la capacité industrielle du procédé.
Bénéfice complémentaire :
Les lots sont commercialisés en 2019 avec la même qualité germinative. Bonus inattendu : le procédé protège aussi des insectes et rongeurs, sans insecticide, ouvrant la voie aux filières bio.Résultats obtenus
2019-2026 : de la création officielle de TAMIA PACK à une reconnaissance internationale
Depuis sa création, TAMIA PACK a conditionné plus de 30 000T sous vide, sous tous types de formats et sans limite de frontières.
Les bénéfices du procédé sont reconnus aussi bien par les acteurs du monde agricole que par les instituts techniques.Perspectives
Le déploiement de la technologie suit une trajectoire ascendante, portée par une notoriété grandissante et une prise de conscience accrue du marché. Tous les indicateurs sont désormais au vert pour une phase de croissance organique et durable sur le long terme.
L’offre TAMIA PACK se décline en trois axes complémentaires : l'équipement, le déploiement opérationnel via des prestations sur site ainsi que l'accompagnement par le conseil et la formation.Références bibliographiques
-Sarazin JB., et al. (2023). Disinfestation of wheat seed from Sitophilus granarius (L.), S. oryzae (L.), and Rhyzopertha dominica (F.) by packing under vacuum in high-barrier multi-layered plastic bags. Journal of Stored Products Research 100:102045.https://doi.org/10.1016/j.jspr.2022.102045
-Le Bihan Z., et al. (2024). Lutte contre les bruches de la lentille et de la féverole. Les bruches posent un défi majeur pour les producteurs et collecteurs de graines de légumineuses. Préserver la qualité des récoltes passe par le développement de méthodes de lutte efficaces au stockage. Phytoma 778 :25-26Orateur: M. Frédéric ROUSSEAU (TAMIA PACK) -
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MYCOCIRCLE - Valoriser des déchets de champignons pour remplacer des produits d'origine animale
Contexte
Les matières d'origine animale sont étonnamment répandues dans les produits de consommation courante où elles remplissent diverses fonctions dans la formulation et la fabrication des produits. Les produits d'origine animale couramment utilisés vont des matières bien connues, telles que la chitine et les protéines non comestibles comme le collagène, à des ingrédients moins connus, tels que le squalène, principalement issu de l'huile de foie de requin. Le recours à ces produits d'origine animale soulève des questions éthiques concernant le bien-être animal et la durabilité. L'opportunité exploitée par le projet MYCOCIRCLE réside dans les biomatériaux produits à partir de la biomasse résiduelle issue de la production de champignons comestibles (De Cianni et al., 2023). En effet, la biomasse fongique est riche en chitine et offre une alternative à la chitine dérivée des crustacés. Parallèlement, les récentes avancées en matière de technologies de fermentation offrent la possibilité de convertir la biomasse fongique résiduelle en matières à haute valeur ajoutée.
Objectifs
Le projet MYCOCIRCLE vise à développer des procédés basés sur des voies de production biotechnologiques novatrices, évolutives et plus durables pour des produits chimiques et/ou des matériaux d'origine biologique, remplaçant ceux d'origine animale.
Démarche et résultats attendus
Après des étapes de caractérisation de la composition biochimique de la biomasse résiduelle, des procédés de fractionnement enzymatique seront mis au point afin d’extraire la chitine. Cette chitine sera ensuite convertie par voie enzymatique en différents types de chitosans (Arnold et al., 2020) qui seront testés pour leur activité potentielle en protection des cultures. Le reste de la biomasse servira, quant à elle, de substrat de culture pour des souches de levures spécifiques capables de la transformer par fermentation en différents matériaux biosourcés utilisables dans la formulation de produits cosmétiques.
Le projet MYCOCIRCLE prévoit d’aboutir à la production de chitosan et de CHO destinés à être utilisés comme substances bioactives dans les produits phytopharmaceutique, et pour le marché des produits cosmétiques, la production d'huile microbienne riche en caroténoïdes destinée à être utilisée comme agent émollient et hydratant (Sigtryggsson et al., 2023), la production de squalène destiné à être utilisé comme agent hydratant et régénérant pour la peau (Gohil et al., 2019), et la production d'hydrolysats de protéines destinés à être utilisés comme peptides fonctionnels (Apone et al., 2019).
La viabilité économique des technologies MYCOCIRCLE repose sur l'importance des marchés pour les applications ciblées, ainsi que sur la demande de produits durables de la part des utilisateurs finaux et sur les mesures politiques visant à encourager cette transition. Les hypothèses ci-dessous détaillent un concept dans lequel les fournisseurs de technologies travailleront ensemble pour développer et industrialiser les procédés de MYCOCIRCLE et concéder sous licence leur propriété intellectuelle pour une bioraffinerie intégrée qui sera construite sur le site d’un ou des fournisseurs de biomasse.Perspectives
Les actions à mener après la réussite de la mise en œuvre du projet comprendront la mise à l'échelle progressive pour passer de la démonstration à une échelle de préproduction, le conseil et l’assistance aux premiers utilisateurs pour passer de l'échelle de démonstration à la première usine à échelle commerciale d'ici 2031, et enfin la reproduction d'une usine à échelle commerciale afin de permettre une pénétration du marché mondial à partir de 2032.
Références bibliographiques
-Apone F., et al., (2019). Plant and Microalgae Derived Peptides Are Advantageously Employed as Bioactive Compounds in Cosmetics. Front. Plant Sci. 10. https://doi.org/10.3389/fpls.2019.00756
-Arnold N.D., et al., (2020). Enzymatic Modification of Native Chitin and Conversion to Specialty Chemical Products. Mar. Drugs 18, 93. https://doi.org/10.3390/md18020093
-De Cianni R., et al., (2023). A Further Step toward Sustainable Development: The Case of the Edible Mushroom Supply Chain. Foods 12, 3433. https://doi.org/10.3390/foods12183433
-Gohil N., et al., (2019). Engineering Strategies in Microorganisms for the Enhanced Production of Squalene: Advances, Challenges and Opportunities. Front. Bioeng. Biotechnol. 7, 50. https://doi.org/10.3389/fbioe.2019.00050
-Sigtryggsson C., et al., (2023). From straw to salmon: a technical design and energy balance for production of yeast oil for fish feed from wheat straw. Biotechnol. Biofuels Bioprod. 16, 140. https://doi.org/10.1186/s13068-023-02392-2Orateur: Guillaume Fouché (Green Impulse)
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12:30
Déjeuner
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Posters
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Café
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Adaptation au changement climatique et impacts sur les filières du végétal spécialisé: Concevoir des microclimats résilients : conduite des cultures, équipements et végétalisation
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Agroécologie et gestion durable des ressources: Accompagnement pour la transition agroécologiquePrésidents de session: Cathy ECKERT, Laurent BRUN
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Promotion de la transition agroécologique dans les zones tropicales : les défis du maraîchage en Côte d’Ivoire
L’horticulture périurbaine joue un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle des villes tropicales en forte croissance. Pourtant, la dépendance aux pesticides et engrais de synthèse, héritée des modèles agricoles intensifs fondés sur la monoculture, fragilise la santé humaine, dégrade les services écosystémiques et réduit la résilience des systèmes de production. Face à ces enjeux, l’agroécologie apparaît comme une alternative capable de concilier productivité agricole, durabilité environnementale et inclusion sociale.
Pendant cinq ans, le projet MARIGO, financé par l’Union européenne, a mis en œuvre une approche systémique et multi-acteurs dans quatre grandes zones de production maraîchère périurbaine d’Afrique de l’Ouest. Une équipe pluridisciplinaire a travaillé en étroite collaboration avec plus de 600 producteurs afin d’identifier les contraintes biophysiques, techniques et socio-économiques freinant la transition agroécologique. Les travaux se sont appuyés sur des diagnostics participatifs, des expérimentations de terrain et des analyses socio-institutionnelles.
Les résultats ont permis d’identifier plusieurs leviers majeurs pour accompagner cette transition :
(i) renforcer la demande et les incitations de marché pour des légumes de qualité ;
(ii) améliorer la santé des sols et la gestion de la fertilité ;
(iii) développer des stratégies de protection des cultures adaptées aux contextes locaux ;
(iv) préserver et diffuser des semences locales adaptées ;
(v) garantir l’accès aux bio-intrants et aux équipements post-récolte.
Plusieurs innovations techniques ont démontré leur potentiel pour réduire la dépendance aux pesticides tout en améliorant l’efficacité de l’utilisation des ressources. Parmi celles-ci figurent l’irrigation goutte-à-goutte, les fertilisants organiques, les biopesticides à base de plantes et les filets anti-insectes.
Les innovations institutionnelles se sont également révélées déterminantes. Les Systèmes Participatifs de Garantie (SPG) ont montré qu’il était possible de mettre en place des mécanismes locaux de certification de qualité renforçant la confiance des consommateurs et améliorant les revenus des producteurs. Par ailleurs, les plateformes multi-acteurs ont favorisé la gouvernance participative, l’apprentissage collectif et la diffusion des innovations agroécologiques en réunissant producteurs, chercheurs, ONG et décideurs publics.
En articulant dimensions techniques, organisationnelles et institutionnelles, le projet MARIGO apporte des preuves concrètes que les systèmes maraîchers périurbains peuvent évoluer vers des trajectoires plus durables et résilientes. Ces résultats constituent une base importante pour développer des politiques publiques et des stratégies d’accompagnement favorisant la transition agroécologique et la durabilité des systèmes alimentaires dans les contextes urbains tropicaux.Orateur: Dr Thibaud Martin (Cirad) -
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Systèmes horticoles innovants diversifiés pour s’affranchir de l’usage de pesticides à La Réunion
Contexte
Afin de réduire les impacts directs et indirects des pesticides sur la biodiversité, les écosystèmes et la santé humaine, il apparait nécessaire de promouvoir la protection agroécologique des cultures, basée à la fois sur la biodiversité fonctionnelle, le renforcement de la santé des sols et l’adoption de pratiques agricoles combinées pour lutter contre les bioagresseurs. Des travaux récents montrent que la diversification végétale, cultivée ou semi-naturelle, favorise la régulation des bioagresseurs (Vialatte et al., 2023), et notamment dans les systèmes maraichers de La Réunion (Nève de Mévergnies et al., 2026).
Objectifs
Afin d‘accompagner la transition agroécologique des systèmes agricoles dans les territoires d’Outre-Mer, une démarche de conception de systèmes horticoles diversifiés a été initiée sur le territoire réunionnais. Dans un premier temps, l’objectif de ce travail est de recenser, comprendre et formaliser les leviers de diversité végétale mobilisés par les agriculteur·rices qui n’utilisent pas ou peu de pesticides.
Démarche et méthodes
Nous avons mené une traque aux innovations (Salembier et al., 2021) afin de repérer et analyser des systèmes horticoles diversifiés mis en œuvre par des paysan·nes pionnier·ères. A partir de 31 entretiens semi-directifs réalisés dans des fermes aux conditions pédoclimatiques variées, nous avons décrit, caractérisé et analysé des systèmes de culture fruitiers et maraichers diversifiés qui n’utilisent pas ou peu de pesticides, en portant une attention particulière aux critères de satisfaction de leur concepteur·rice.
Résultats
Ces entretiens ont permis de caractériser une diversité de pratiques mobilisant la diversité végétale, à la fois dans le temps (rotations de culture, gestion des intercultures) et l’espace (associations culturales, gestion des couverts végétaux, plantes de services, infrastructures agroécologiques, agencement spatial des parcelles). Le choix de ces différents leviers est expliqué par les caractéristiques du contexte de la situation agricole, par les motivations et indicateurs propres aux agriculteur·rices, ainsi que par les éléments du fonctionnement de ces systèmes qu’il·elles cherchent à influencer. L’analyse des données a mis en lumière différentes stratégies de moyens de lutte, ainsi que les logiques d’action propres aux agriculteur·rices qui les mettent en œuvre. Les connaissances produites par l’analyse de ces entretiens constituent une source d’information importante, à la fois pour inspirer celles et ceux qui souhaiteraient initier un changement de pratiques et pour comprendre leur cohérence agronomique et les critères d’évaluation de leur concepteur·rice. Les résultats préliminaires ont été partagés avec les personnes enquêtées afin d’amorcer des échanges sur les pratiques sans pesticides et d’encourager la transition agroécologique par la création d’une communauté d’acteur·rices. Néanmoins, de nombreux verrous à la mise en œuvre de ces pratiques évoqués par les agriculteur·rices se situent souvent à des niveaux d’organisations auxquels il·elles n’ont pas de réelle capacité d’action directe.Perspectives
Afin d’être en mesure d’agir à tous les niveaux y compris ceux externes aux fermes, un diagnostic sociotechnique est actuellement en cours pour identifier et caractériser les freins et les leviers au niveau de l’ensemble des acteur·rices concerné·es par la diversification végétale à l’échelle de la filière fruits et légumes de La Réunion. Ce diagnostic viendra apporter des éléments de réponse sur les capacités de développement de pratiques innovantes. In fine, l’ensemble de ces éléments viendra alimenter et renforcer un processus de conception d’innovations visant à développer, au cours d’ateliers multi-acteurs, des systèmes agroécologiques répondant aux enjeux actuels. En effet, en favorisant les processus d’apprentissage par les échanges et les collaborations entre acteur·rices, ces démarches collectives se sont montrées favorables pour accompagner des changements de pratiques et accroitre la souveraineté alimentaire (Leclère et al., 2021).
Références bibliographiques
-Leclère M., et al. (2021). Design workshop with farmers as a promising tool to support the introduction of diversifying crops within a territory: the case of camelina in northern France to supply a local biorefinery. OCL 28, 40
-Nève de Mévergnies T., et al. (2026). Ecological and management drivers of pest regulation via multitrophic pathways in tropical insular agroecosystems. Agriculture, Ecosystems & Environment 397, 110030
-Salembier C., et al. (2021). A theoretical framework for tracking farmers' innovations to support farming system design. Agronomy for Sustainable Development 41
-Vialatte A., et al. (2023). Protéger les cultures en augmentant la diversité végétale des espaces agricoles. Rapport de l’Expertise scientifique collective.Figure: Système agricole diversifié des Hauts de l’ouest- La Réunion (crédit photo : M. Darnaudery)
Orateur: M. Charles Mottes (UPR Hortsys - CIRAD) -
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Accompagner et former à la transition agroécologique en cultures pérennes grâce à un parcours outillé, apports du projet Vitarbae
Contexte : Les cultures pérennes telles que le pommier et la vigne requièrent une protection phytosanitaire importante qui justifie la mise en place d’une transition agroécologique ambitieuse. Pour cela l’accompagnement des collectifs de producteurs et la formation des futurs acteurs de la filière sont capitales et requièrent des démarches et outils dédiés. Notamment, parmi ces outils, les jeux sérieux permettent une exploration collective sans risques de solutions et la simulation de scénarios en stimulant les échanges d’expériences.
Objectifs : Le projet VITARBAE (2023-2026) visait à accompagner les collectifs agricoles et la formation pour concevoir et mettre en œuvre des itinéraires techniques combinant des leviers agroécologiques en viticulture et arboriculture fruitière par la construction d’un parcours d’accompagnement outillé.
Matériel et méthodes : La démarche suivie dans le projet a été la suivante (Figure 1): sur la base d’un recensement d’outils existant, jeux sérieux, logiciels d’évaluation environnementale et économique, plateformes de connaissance, et d’une étude des pratiques des besoins des conseillers des deux filières (plus de 100 répondants), nous avons i) formalisé un parcours d’accompagnement modulable, ii) constitué et mis à disposition une boîte à outils reliée à ce parcours et dédiée aux cultures pérennes, iii) créé et développé certains de ces outils et iv) développé des formations à l’accompagnement et aux changement de pratiques agroécologiques mobilisant les outils.
Figure 1 : démarche du projet Vitarbae
Résultats : Le projet a permis des avancées scientifiques :
i) L’enquête a permis la caractérisation des pratiques d’accompagnement de collectifs arboricoles et viticoles par les conseillers, et leurs besoins en outils et formation. La grande diversité des pratiques des 114 répondants ne permet pas d’identifier de grands types de profils, et montre une connaissance et une utilisation limitées des outils à leur disposition.
ii) Un parcours d’accompagnement modulable et outillé, adaptable aux situations spécifiques de collectifs de producteurs arboricoles et viticoles a été formalisé avec 5 étapes. (1) création et structuration du collectif (optionnelle) ; (2) problématisation et définition des objectifs (optionnelle) ; (3) exploration de leviers et de solutions ; (4) (re)design de pratiques et de systèmes ; (5) implémentation et dissémination. Plusieurs points d'entrée dans le parcours sont possibles selon la maturité du collectif et des rétroactions continues sont prévues basées sur des évaluations à chaque étape.
iii) L’analyse réflexive de la mobilisation des jeux sérieux Vitigame® et Dessinez le verger de demain (DVD) avec différents acteurs des deux filières a identifié les points d’amélioration de ces jeux.
iv) Ceci a permis la formalisation de la phase de débrief des jeux et outils, afin de relier les apprentissages aux objectifs individuels et renforcer leur impact sur les changements de pratiques.
Le projet a aussi abouti à des résultats opérationnels avec la mise à disposition de la boîte à outils sur plateforme web INRAE (automne 2026), regroupant des fiches descriptives de 10 jeux sérieux, 7 outils d’évaluation et 9 plateformes de connaissances dédiés à la viticulture et l’arboriculture, avec différentes clés de sélection pour l’utilisateur. Les outils, décrits au recto, sont situés dans le parcours d’accompagnement au verso avec des situations d’usages concrètes. Le parcours d’accompagnement est disponible sur la plateforme pour être utilisé par les conseillers dans des contextes variés du fait de sa modularité.
Deux jeux sérieux ont été créés, ITK’arbo en arboriculture pour la transition agroécologique à l’échelle de l’itinéraire technique, et Agroécoviti en viticulture pour la conception du vignoble agroécologique, tandis que Vitigame® et DVD ont été complétés en interaction avec des animateurs de collectifs et des enseignants.
Les outils d‘évaluation Vit’LCA® et IPE2Vit ont été améliorés et connectés pour une double évaluation environnementale et économique du changement de pratiques. Une évaluation multicritère a été élaboré pour prendre en compte l’effet des pratiques sur la biodiversité locale lors d’ateliers participatifs.
Afin de faciliter le partage des résultats d’analyse de cycle de vie, un atelier de restitution incluant une mise en forme spécifique des résultats d’ACV sélectionnés a été élaboré et testé auprès d’une quarantaine d’acteurs.
Enfin, un semestre de formation à la viticulture agroécologique et résiliente et à l’accompagnement mobilisant la boite à outils Vitarbae a été élaboré et mis en œuvre (niveau M1).
Perspectives : Finalisation des prototypes de jeux, pérennisation des productions du projet et valorisation.Orateur: Dr Christel Renaud Gentié (GRAPPE, ESA, Angers, France) -
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Le végétal sauvage d'origine locale, Un nouveau sujet porteur de sens dans la formation et l'accompagnement d'entreprises au sein d'un établissement public de formation agricole.
Contexte
L'EPLEFPA Angers Le Fresne est impliqué dans la "démarche végétal local" depuis plus de 10 ans. Tout a commencé par la création d'un verger d'espèces indigènes de saules pour alimenter ses chantiers de génie végétal dans le cadre de sa formation de Technicien du Génie Ecologique.
Au fil des discussions avec ses partenaires (Fédération régionale des chasseurs des Pays de la Loire (Olivier Clément), la Pépinière forestière d'état de Guéménée Penfao (Olivier Forestier ONF), CREN Poitou Charentes (Michel Boutaud), l'AFAC-Agroforesterie (Anne Sophie Bruniau), l'établissement a décidé de se lancer dans la production de végétaux locaux au-delà des salicaceae. Cet investissement correspond aux missions de l'établissement public agricole Angers Le Fresne en termes d'innovation et d'accompagnement par la formation.
Objectifs
Le label a permis de disposer dans l’établissement d’un nouvel outil pédagogique pour aborder des thèmes d’écologie ou encore d’économie, et ce, dans toutes ses filières, de l’horticulture au paysagisme en passant par le génie écologique.
Démarche et méthodes
Création d’une pépinière de pépinières au sein de l’établissement, gérée par un formateur, pour monter en compétences et « apprendre à faire » pour mieux accompagner les apprenants au sein de cette pépinière d’entreprises mais aussi dans les formations de l’établissement. Création de passerelles également entre les porteurs de projets et les classes.
Résultats obtenus
Cinq ans après le démarrage, ce sont 4 porteurs de projets qui ont travaillé, un an environ chacun, sur la pépinière et qui se sont ensuite installés pour trois d'entre eux sur ce thème. Ce sont également plus de cinquante interventions dans les classes de paysagistes qui ont été réalisées, permettant la création de passerelles entre milieux professionnels souvent séparés (espaces naturels VS espaces paysagers). Ces interventions ont également permis d'interroger les "valeurs" du label végétal local par des regards décalés : naturalité, introgression, métaphore avec les sociétés humaines, etc.
C’est aussi des formations courtes que l’Établissement dispense tous les ans à des professionnels souhaitant se spécialiser. Hier sur les semences d’« espèces ligneuses » et aujourd’hui d’espèces herbacées. Enfin, c’est une exploitation agricole qui a contribué à la production de plants et de minimottes durant dix années.
Perspectives
Les perspectives sont diverses : continuer d’accompagner la filière professionnelle, maintenir des interventions et ce thème dans nos formations, et pourquoi pas, participer à de nouveaux projets sur ce thème.
Orateur: olivier ziberlin -
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Carbone F&L: outil de réalisation de bilan carbone d'exploitation agricole
Contexte
Parmi les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture en France (76MtCO2eq), la filière fruit et légume représente environ 3%. Dans le cadre de la stratégie nationale bas carbone une réduction des émissions est attendue. C’est dans ce contexte que des démarches de réduction des émissions a lieu notamment via des démarches RSE, dossiers de financement (CEE) et démarches volontaires. Le CTIFL accompagne donc les professionnels de la filière en mettant à disposition un outil répondant à ces demandes.
Objectifs
Promouvoir l’outil Carbone F&L permettant de réaliser des bilans carbones à plus grande échelle pour les différents types d’exploitations : arboriculture, maraichage de plein champ et sous abris.
Démarche et méthodes
Outil développé par le CTIFL, Carbone F&L permet de calculer le bilan carbone d’une exploitation agricole en prenant en compte les émissions de gaz à effet de serre mais également le potentiel de stockage de carbone. Concernant les émissions, l’outil prend en compte tous les éléments liés à une exploitation fruitière et légumière (intrants, énergie, engins, infrastructures, fret sortant et déplacement de la main d’œuvre). De plus, l’outil possède un module avec une prise en compte du stockage de carbone selon différentes sources (engrais organique, gestion des résidus de culture, infrastructure agroécologique, âge du verger, …). Enfin, pour accompagner les professionnels dans leur transition, des leviers chiffrés (environnemental, économique et social) de réduction des émissions ou d’augmentation du stockage de carbone sont proposés.
Résultats obtenus
Une centaine de bilans carbones de plusieurs exploitants et coopératives ont été réalisés. Dans cet échantillon on retrouve, 40 exploitations maraichères plein champ avec une moyenne des émissions qui s’élève à 2,15 kgCO2eq/kg de légumes où le carburant et les engrais sont les postes les plus émetteurs. Ensuite, 30 exploitations de culture hors sol sous abris avec une moyenne des émissions de 1,85 kgCO2eq/kg de légumes où le combustible et plus particulièrement le gaz représente 70% du résultat. Enfin, la moyenne des émissions d’une cinquantaine de vergers est de 1,85 kgCO2eq/kg de fruits et la fertilisation est un poste qui ressort aussi dans le profil. Concernant des données de références pour comparer les agriculteurs entre eux, elles sont en cours d'acquisition. Malheureusement, il est difficile de comparer des systèmes agricoles de production similaire qui peuvent être conduits très différemment. Une multiplication des démarches permettrait d’acquérir davantage de données et donc des références.
Perspectives
A l’heure actuelle, l’outil Carbone F&L est un fichier Excel mais la création d’une plateforme web est en cours de création. En réalisant cette plateforme, l’objectif est de rendre autonome l’utilisateur et la publication des résultats. Des licences seront proposées afin de correspondre à différents profils utilisateurs comme « agriculteur » et « coopérative/chambre agriculture » en fonction de la quantité de bilans à réaliser. À la suite de la réalisation de son bilan carbone, l’utilisateur aura à disposition des fiches de leviers.
Orateur: Malou MIREUR -
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Projet MACMA : Multiperformance agroécologique des couverts végétaux en maraîchage sous abri
Contexte
Le projet MACMA, soutenu par la Région Sud-PACA et la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), a été construit pour développer les couverts végétaux dans les systèmes maraîchers sous abri et accompagner les producteurs dans la transition vers une agriculture durable et résiliente. Ce projet rassemble producteurs, conseillers et ingénieurs au sein d’un collectif régional de travail qui associe expérimentation et développement.
Objectifs
L’objectif global est d’identifier les services écosystémiques que peuvent apporter les couverts végétaux aux systèmes maraîchers et de définir les itinéraires techniques adaptés pour en augmenter l’utilisation.
Démarches et méthodes
Plusieurs axes de travail font l’objet d’expérimentations au sein du réseau des 4 parcelles de producteurs partenaires.
- Les couverts végétaux en inter-cultures
- Les couverts végétaux en inter-rang
- Les couverts végétaux sur rangRésultats obtenus
Les premières années du projet (2023 à 2025) ont permis de réaliser des screenings assez importants d’espèces, de variétés, de doses et de mélanges.
Pour les intercultures, au total, 36 modalités ont été testées sur des placettes de 30 à 700 m² selon les exploitations, en cherchant à trouver une alternative au sorgho fourrager, référence dans la région. Les critères s’orientent sur une pousse rapide pour concurrencer les adventices, une bonne production de biomasse, un cycle assez long pour garder le couvert longtemps et une moindre sensibilité aux maladies et ravageurs des cultures maraîchères. L’introduction de légumineuses est attendue pour apporter des bénéfices de nutrition au sol. Le mélange Millet perlé + Trèfle de Perse a été particulièrement retenu.
Pour les inter-rangs, 15 modalités, essentiellement des graminées gazonnantes et du trèfle, ont été testées sur des placettes de 30 m² dans les cultures de tomate, poivron et aubergine sous abri. Les critères de choix s’orientent sur une couverture rapide du sol pour concurrencer les adventices, un port assez bas pour ne pas concurrencer les cultures et limiter la tonte, ainsi qu’une bonne résistance au sec et au piétinement. Le mélange Barerioso Giro (Fetuque élevée gazonnante et Ray gras anglais) ou le trèfle de Perse ont été retenus.
Pour les couverts sur rangs, ce sont 5 modalités à base de thym serpolet, origan, trèfle ou graminées qui sont testées en 2026 sur des petites parcelles de 5 m² seulement
La sélection de modalités les plus intéressantes est ensuite développée à grande échelle dans le collectif de producteurs avec un travail orienté sur l’itinéraire technique et les performances, sans oublier l’identification des freins au développement des pratiques plus innovantes (couverts végétaux en inter-rang et sur rang), en particulier le temps de travail et le risque pour la production.
Les essais intègrent aussi une démarche d’adaptation des pratiques agricoles au changement climatique avec le suivi des consommations en eau des couverts végétaux et l’effet des inter-rangs sur le climat. Des essais spécifiques de modalités avec réduction d’apports sont conduits en 2025 et 2026.Orateur: Mme Claire GOILLON (APREL) -
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La Permaculture comme approche systémique. Innovation technique et pédagogique
Le projet Casdar PermaInnov-EA est dans la continuité des travaux sur la reconception des systèmes agricoles innovants et du programme enseigner à produire autrement EPA2. Il répond à une commande de la DGER pour accompagner les établissements de l’enseignement agricole dans les transitions agroécologiques pour former les nouvelles générations d’agriculteurs.
Face aux évolutions climatiques, aux dégradations de la biodiversité, aux enjeux liées à la sécurité alimentaire…les acteurs professionnels de la formation, du monde agricole, de la recherche, réfléchissent collectivement et expérimentent de nouvelles modalités pédagogiques pour former à des systèmes basés sur des solutions fondées sur la nature SFN. Celles-ci reposent sur les services offerts par les écosystèmes qui apportent des réponses concrètes aux grands défis sociétaux : climat, santé publique, risques naturels, approvisionnement en eau … Ces SFN présentent le double avantage de répondre à ces enjeux tout en préservant le vivant. Elles remettent au centre du débat des approches transdisciplinaires par une hybridation des savoirs afin de traiter la complexité qui régissent les agrosystèmes et la biodiversité et la manière de composer avec. Le collectif du casdar PermaInnov expérimente par le biais d’un LivingLab adapté, de nouvelles modalités techniques et pédagogiques pour aborder en formation les systèmes complexes en agriculture afin d’outiller les nouvelles générations pour s’adapter à ces changements et soutenir la robustesse des systèmes mis en place. Former à la permaculture ouvre des pistes de réflexion pour la reconception de systèmes agricoles complexes, robustes qui nécessitent de s’appuyer sur des savoirs transdisciplinaires, des savoirs faire variés et diversifiés et sur des situations professionnelles ancrée dans les territoires où l’expérimentation à différentes échelles est essentielle.Contexte
Commande DGER en réponse au programme Enseigner à Produire Autrement EPA2, accompagner les transitons. Loi Egalim.
Objectifs
Formation : Transdisciplinarité, hybridation des savoirs, décloisonnement des approches, solutions fondées sur la nature. Accompagner les transitions. Comment aborder et former aux systèmes complexes en agriculture pour accompagner les transitions en s’inspirant de la permaculture ?
Démarche et méthodes
Living lab, expérimentations
Résultats obtenus
Expérimentation et Réalisation d’un cycle de formation en 6 sessions d’une semaine chacune pour :
• Partager une culture commune sur la permaculture,
• Analyser un échantillon d’étude de cas sur des systèmes d’inspiration permacole mis en place
• Construire des approches pédagogiques innovantes pour enseigner les systèmes complexes en agriculture en s’appuyant sur la permaculture et les solutions fondées sur la nature
• Réinterroger les projets des établissements partenaires du casdar PermaInnov en repensant les liens et la cohérence entre les différentes actions mises en œuvre pour accompagner les transitions.
• Expérimenter le design et les principes de la permaculture à différentes échelles selon le choix des établissements et les objectifs qu’ils souhaitent atteindre au niveau des propositions de formations, du projet de l’exploitation agricole, ou du projet de l’établissement.
- Réalisation d’une série de documents audiovisuels sur des études de cas permacoles
Perspectives
- Création du réseau permaculture de l’enseignement agricole technique
- Essaimage des résultats du casdar PermaInnov au 2eme cercle des établissements qui expérimentent des approches permacoles
- Déposer un autre projet pour permettre au collectif des établissements de l’enseignement agricole du casdar PermaInnov d’affiner leurs travaux et leurs expérimentations.Pour en savoir plus : https://padlet.com/Bergerienationale/casdar-permalnnov-ea-j0bu46d98wq6nzfi
Orateurs: Mme Eeugénie Muscat (EPL Ribecourt), M. Fredrick Leveque (EPL Lomme), lamia otthoffer (CEZ-Bergerie nationale) -
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Conception d'une trame fruitière métropolitaine : quels leviers pour reconnecter les habitants aux ressources alimentaires locales et favoriser la biodiversité des sols ?
Contexte
Face aux enjeux de transition écologique, de résilience alimentaire et de préservation de la biodiversité, les collectivités territoriales développent de nouvelles approches favorisant une gestion intégrée des espaces. Les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) constituent des leviers relocalisant les systèmes alimentaires et renforçant les liens entre acteurs du territoire. Bordeaux Métropole, reconnue PAT de niveau 2 depuis 2025, s'est engagée dans une stratégie ambitieuse visant à favoriser l'accès de toutes et tous à une alimentation saine, durable et de qualité. C'est dans cette dynamique que le pôle végétalisation en ville a initié une réflexion, à travers notamment le soutien aux jardins collectifs, le développement de réseaux d'acteurs et la valorisation des ressources alimentaires locales.
C'est dans ce cadre que Bordeaux Métropole a confié à SaluTerre une réflexion autour de la création d'une Trame Fruitière intercommunale. Inspiré du concept de trame écologique, ce concept émergent vise à identifier, connecter et valoriser les espaces accueillant des arbres fruitiers ou présentant un potentiel fruitier à l'échelle métropolitaine, en créant des connexions physiques et fonctionnelles entre les lieux et habitants du territoire.La trame fruitière repose sur une approche systémique intégrant des dimensions écologiques, alimentaires et sociales. Elle constitue un outil de reconnexion des habitants à leur environnement alimentaire local, en rendant visibles les ressources fruitières existantes et en facilitant leur appropriation. Dans un contexte de déconnexion croissante entre production et consommation, la valorisation des arbres fruitiers présents dans les espaces publics, jardins collectifs et vergers urbains peut renforcer les connaissances des habitants sur les ressources alimentaires de proximité et les services écosystémiques associés.
Cependant, si les bénéfices sociaux, paysagers et alimentaires des arbres fruitiers sont régulièrement mis en avant, leurs effets sur la biodiversité des sols demeurent peu documentés, notamment en contexte urbain et périurbain. Or, les arbres fruitiers peuvent modifier localement les conditions microclimatiques, contribuer au stockage du carbone dans les sols, ou créer des habitats propices au développement de la biodiversité.Objectifs
L'objectif de ce travail est donc d'étudier dans quelle mesure la conception d'une trame fruitière peut favoriser la reconnexion des habitants aux ressources alimentaires locales tout en intégrant les enjeux de biodiversité des sols. L'hypothèse centrale est qu'une organisation continue, cohérente et visible des espaces fruitiers renforce les dynamiques socio-écologiques et alimentaires des territoires, tout en préservant la biodiversité et le fonctionnement biologique des sols.
Démarche et méthodologiesPour répondre à cette problématique, une méthodologie pluridisciplinaire sera mise en œuvre. D'abord, un recensement et une cartographie des espaces fruitiers seront réalisés à l'échelle de Bordeaux Métropole, identifiant les liens physiques, fonctionnels et sociaux. Ensuite, une enquête sociale sera conduite auprès des habitants afin de caractériser leurs connaissances, représentations et attentes, pour adapter les dispositifs de sensibilisation aux besoins des acteurs locaux. Enfin, un volet environnemental évaluera la biodiversité des sols via des analyses de la macrofaune, mésofaune et microfaune du sol, afin d'explorer les relations entre arbres fruitiers, microclimat et qualité biologique des sols en milieu urbain et périurbain. Cette approche vise à alimenter la conception de futurs aménagements agroécologiques et à renforcer l'intégration de la biodiversité des sols dans les politiques alimentaires territoriales.
Références bibliographiques
-INRAE (2026) Injustice alimentaire, vers un droit commun à l’alimentation ?
-Ipsos France (2025) Produits locaux : les Français plébiscitent leur goût, mais s’interrogent sur le prix
-BARDY M. ; POINÇOT F., (2025). Les enjeux des sols. Une ressource non renouvelable
-KEMPPINEN, J. ; LEMBRECHTS J. J. ; VAN MEERBEEK, K., et al. (2024). Microclimate, an important part of ecology and biogeographyOrateur: Mlle Imân Kasmi (SaluTerre) -
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Favoriser la transition agroécologique des systèmes horticoles via la mise en réseau de living labs et de dispositifs de formation à l’échelle européenne.
Il est urgent de reconcevoir les systèmes de culture pour accroître leur durabilité et leur résilience. Les systèmes horticoles (verger, maraîchage,…) sont généralement très simplifiés et standardisés. Re-diversifier les systèmes est un défi qu’il faut relever mais qui fait face à un grand nombre de difficultés notamment en raison du système sociotechnique (recherche, formation, conseil, organisation des filières…) qui s’est organisé et autorenforcé sur des systèmes simplifiés. Néanmoins de nombreux projets de recherche et développement et diverses initiatives ont émergé ces dernières années à l’échelle locale ou à l’échelle européenne en faveur de la diversification : test de nouvelles pratiques, quantification des performances, réseaux d’échange entre agriculteurs, développement de nouvelles filières pour valoriser les produits issus de la diversification…Malgré ces démarches, des challenges demeurent : comment capitaliser sur les diverses initiatives, comment accélérer le déploiement, comment quantifier les bénéfices et les risques sur l’ensemble des dimensions (économique, environnementale, sociale) avec des indicateurs pertinents pour éclairer les décideurs ?
La diversification des systèmes de culture peut être temporelle (insertion de cultures intermédiaires entre cultures principales, allongement des rotations…) et spatiale (mélange de variétés, insertios de plantes de services au sein de cultures principales, cultures associées en bande, en rangs alternées, semis sous couvert…). L’association d’arbres fruitiers et de légumes est une des formes de diversification la plus complexe (diverses strates, diversité des cycles, grand nombre d’arrangements spatio temporels possibles…). C’est aussi un excellent modèle d’étude pour étudier les multiples bénéfices, risques et les challenges de la transition agroécologique.
Un réseau de 15 vergers-maraîchers a été créé en Europe (7 pays) dans le cadre du projet européen ALL TOGETHER (2026-2029) retenu dans le second appel à projets du partenariat Agroecology Partnership. L’objectif de ce partenariat est d’accélérer la transition agroécologique par la mise en réseau de living labs (des situations réelles impliquant une diversité d’acteurs mettant en œuvre ensemble des démarches de co-conception). La présente contribution vise à montrer, via l’exemple de ALL TOGETHER (à son démarrage), comment ce type de réseau peut émerger, à quelles questions de recherche ils peuvent répondre, comment ils peuvent contribuer à la transition agroécologique et quelles questions méthodologiques ils soulèvent.
Le réseau ALL TOGETHER (Agroecological Living Labs To Gather Experiences for the Transition of Horticulture through Education and Research) a été construit à partir de dispositifs de vergers maraîchers déjà en place (dans une diversité de situations pédo-climatiques et contextes de production et présentant des états d’avancement différents) et qui ont souhaité se rassembler pour partager leurs expériences, co-construire et co-apprendre sur ces systèmes. Le réseau rassemble par ailleurs des acteurs très impliqués dans la formation notamment au sein de l’alliance européenne universitaire ELLS (Euroleague for Life Sciences) permettant de travailler de façon originale et concertée sur des dispositifs pédagogiques pour la transition agroécologique et l’attractivité du secteur pour les jeunes générations. Le réseau a été construit également en cherchant à rassembler des partenaires scientifiques aux compétences variés et complémentaires (agronomie, sciences du sol, écologues, économistes, sociologues…) pour améliorer la compréhension des multiples bénéfices de ces pratiques. Le projet vise à produire des connaissances opérationnelles, des outils et des innovations disponibles pour les agriculteurs, les conseillers et autres professionnels pour favoriser l’adoption à l’échelle locale de ces pratiques. Il souhaite favoriser la compréhension des bénéfices et risques et accroître la capacité des agriculteurs à construire et adapter de façon continue leurs systèmes. Ce type de projet vise aussi à faciliter le dialogue entre recherche et politiques publiques pour créer les conditions favorables au déploiement de ces systèmes. Au sein de chaque living lab, des objectifs et des actions à mettre en place selon la théorie du changement seront définis ; un traçage de la dynamique des apprentissages sera réalisé ; des analyses multi-critères seront réalisées à partir d’indicateurs choisis avec les acteurs impliqués dans les living labs ainsi que des mesures réalisées sur les parcelles (micro-climat, biodiversité, qualité des produits…). Des outils pour aider au design des vergers-maraîchers seront proposés. Un recensement des politiques publiques locales, nationales, européennes facilitant ces pratiques ainsi que des manques repérés par les acteurs des living labs sera effectué.Orateur: Guénaëlle Hellou (Institut Agro Rennes-Angers)
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Diversité végétale, innovation variétale et diversification: Caractérisation et exploitation de la diversité génétique pour les filières végétales spécialiséesPrésidents de session: José QUERO GARCIA, Philippe GALLOIS
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Le projet européen FruitDiv: Exploiter le potentiel inexploité de la diversité des arbres fruitiers sauvages au service d'une agriculture durable
Les espèces sauvages apparentées aux espèces cultivées représentent un réservoir de diversité génétique essentiel pour relever les défis du changement climatique car ces espèces peuvent présenter des résistances aux bioagresseurs, des tolérances vis-à-vis de conditions environnementales défavorables et une grande capacité d'adaptation. C'est dans ce contexte que se place le projet européen FruitDiv, dont les principaux objectifs sont de réaliser un inventaire européen des espèces sauvages apparentées aux espèces fruitières que sont le pommier, le poirier, l'amandier, le cerisier et le prunier, de les caractériser génétiquement afin d'implanter des core-collections représentatives qui permettront leur conservation ex-situ, leur phénotypage et leur valorisation dans les programmes d'amélioration des espèces cultivées, ainsi que de proposer des stratégies pour leur conservation in-situ. Dans ce contexte, la caractérisation génétique d'échantillons prélevés in-situ, et déjà présents dans des collections ex-situ de certains partenaires du projet, a été répartie entre cinq unités, une par taxon. L'équipe ResPom de l'IRHS a pris en charge l'étude génétique des poiriers sauvages. Une première étape de caractérisation génétique s'est basée sur des marqueurs microsatellites chez le poirier, l'amandier, le cerisier et le prunier et sur une puce à 50K SNP chez le pommier. Cette étape a permis de distinguer, parmi les échantillons, ceux provenant bien d'espèces sauvages de ceux provenant de l'espèce domestique ou de croisement entre domestique et sauvage. Chez le poirier, 1499 échantillons, provenant de 74 populations et de trois collections ex-situ ont été analysés, et comparés à 2556 échantillons d'espèces connues disponibles dans l'équipe. Nous avons ainsi pu distinguer les espèces sauvages d'intérêt, Pyrus pyraster et P. spinosa principalement, de l'espèce cultivée, P. communis, et commencer à élucider la structuration génétique au sein des espèces sauvages. L'étape suivante, appliquée seulement sur les échantillons d'espèces sauvages, a constitué au séquençage en courts fragments du génome des individus échantillonnés, ce qui permettra une caractérisation plus approfondie de la diversité génétique sauvage. En effet, les matrices de génotypage SNPs obtenues permettront d'évaluer la diversité génétique présente dans chaque population, la structure de la diversité génétique au sein des espèces et les flux de gènes entre populations et avec l'espèce domestiquée. Chez le poirier, 192 échantillons, provenant de 29 populations, ont ainsi été séquencés pour l'instant, menant à une matrice de génotypage contenant ~60M SNPs. Il est prévu de séquencer 384 échantillons supplémentaires. L'analyse des 96 premiers échantillons a confirmé la délimitation des espèces au sein du genre poirier et montré une amorce de structuration géographique au sein de l'espèce P. pyraster. Les données obtenues à la première étape ont permis de choisir des populations à phénotyper in situ, pour la morphologie des feuilles et l'anatomie du bois. Les données obtenues à la première étape et éventuellement à la seconde permettront de définir pour chaque taxon, les arbres mères constituant des core-collections dont les descendants issus des pépins ou noyaux, seront implantés pour conserver la diversité sauvage ex-situ et la phénotyper.
Par ailleurs, des efforts d'identification du contrôle génétique de caractères d'intérêt portés par les espèces sauvages ont été entrepris, ainsi que l'introgression d'allèles d'intérêt des espèces sauvages vers les espèces cultivées. L'ensemble des données et matériels génétiques générés par le projet FruitDiv permettra le développement de variétés fruitières résilientes et augmentera la durabilité et la productivité de l'agriculture européenne.Orateur: Dr Hélène Muranty (Univ Angers, Institut Agro, INRAE, IRHS, SFR QuaSaV, F-49000 Angers, France) -
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La caractérisation de la diversité des agrumes du Centre de Ressources Biologiques Citrus INRAE-Cirad (Corse) un préalable indispensable à l’adaptation des programmes d’amélioration
Le centre de ressources biologiques (CRB) citrus INRAE-Cirad de Corse, certifié ISO9001, regroupe plus de 1100 accessions sous formes d’arbres en verger, en serre Insect Proof et de graines congelées (Cryobanque). La majorité des espèces ancestrales et des formes cultivées y est représentée. La caractérisation de leur diversité génétique est un préambule à la connaissance de l’évolution des agrumes, à la phylogénie des formes cultivées et leur structure génomique. Par ailleurs, l’usage des marqueurs moléculaires permet aussi de subvenir au besoin de traçabilité et d’identification des accessions du CRB. Pour cela nous nous focalisons sur le développement de marqueurs interopérables pour la réalisation d’une banque internationale de CRB citrus. La caractérisation phénotypique s’appuie sue descriptif IPGRI mais en se concentrant sur des caractères quantitatifs agronomiques incluant des descripteurs de la biologie reproductive. Cette caractérisation contribue à adapter les programmes de recherche, les schémas d’amélioration et les modes de culture des variétés de ce conservatoire.
Les agrumes sont reconnus pour leur diversité variétale élevée. Cette diversité résulte de phases évolutives de spéciation allopatrique, de migrations et d’hybridations interspécifiques. Les études de séquençage des génomes ont révélé des évolutions des séquences (codantes ou répétées) propres à chaque espèce et ont aussi consolidé les hypothèses phylogénétiques des variétés cultivées. La diversité des cultivars repose essentiellement sur 5 espèces ancestrales (C. reticulata, C. maxima, C. medica, C. ichangensis et C. micrantha) et les formes cultivées sont des croisements interspécifiques spontanés combinant parfois plusieurs de ces 5 espèces, mais avec un nombre limité d’évènements méiotiques. La plupart de ces formes cultivées possèdent la capacité de multiplication clonale par embryogénie somatique (germination des pépins), qui leur a permis de se maintenir et de se multiplier. Cette apomixie et cette hétérozygotie interspécifique limitent grandement les possibilités d’amélioration de ces hybrides (ex : oranger, pomelo) par croisement et leur diversification ne repose donc que sur la sélection de mutations modifiant peu de caractères (ex de la coloration sanguine chez les oranges). Certains hybrides de pamplemousses (C. maxima) ont hérité de son auto-incompatibilité gamétique inhibant toutes possibilités d’autofécondation. Cette contrainte reproductive associée à la parthénocarpie a été exploitée pour la production de fruits sans pépins dans des vergers de culture monoclonale (ex. clémentinier). Par ailleurs les programmes d’amélioration utilisent ces cultivars auto-incompatibles et monoembryonnés comme parents maternels (récepteurs de pollen) dans les croisements afin de garantir une production simplifiée d’hybrides. Un programme de diversification des mandarines et des limes a été développé à la station INRAE de Corse en s’adaptant aux caractéristiques phylogénétiques et reproductives des variétés du CRB. La gestion de la polyploïdie est partie intégrante de ce programme car permet d’obtenir de la stérilité (fruit sans pépin). Les critères de qualité de production fruitière (rendement, alternance, murissement, sucrosité, acidité, arome…) sont aussi mobilisés dans ces programmes et constituent le socle de la caractérisation phénotypique du CRB citrus.
L’adaptation de la culture des agrumes aux contraintes environnementales, dont le changement climatique, repose essentiellement sur la sélection de porte-greffe. Les critères de tolérance à la salinité, au déficit hydrique, au Phytophtora sp., sont des thématiques de recherche à la station INRAE de Corse, avec un objectif à moyen terme la création de nouveaux porte-greffes plus tolérants à ces contraintes. Les porte-greffes étant multipliés par semis chez les agrumes, les critères d’apomixie (reproduction clonale) et de conservation des pépins font partis de la sélection.Orateur: Francois Luro (INRAE) -
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Inventorier pour préserver : les formes sauvages apparentées aux plantes cultivées en France métropolitaine
Contexte
Face aux défis posés par le changement climatique et l’évolution des pratiques agricoles, la préservation des ressources génétiques (RG) constitue un enjeu majeur pour l’agriculture. Les RG regroupent les formes cultivées, anciennes et actuelles, ainsi que les formes sauvages apparentées appelées CWR pour Crop Wild Relatives. Les CWR représentent une ressource particulièrement intéressante. Présentes dans les milieux naturels, ces espèces proches des plantes cultivées possèdent souvent une diversité génétique plus élevée que les formes cultivées issues du goulot d’étranglement lié à la domestication et à la sélection moderne (Glémin et Bataillon, 2009). En continuant d’évoluer dans leur environnement naturel, ces formes sauvages ont développé des adaptations aux contraintes climatiques et écologiques, constituant ainsi une source précieuse de gènes d’intérêt pour améliorer la résistance des cultures aux stress biotiques et abiotiques.
Objectifs
Malgré leur importance pour l’amélioration variétale, les CWR restent encore peu intégrés aux politiques de conservation. Afin de mieux connaître la diversité disponible et d’anticiper les impacts des changements globaux, nous avons réalisé un inventaire des CWR présentes en France métropolitaine, Corse comprise.
Démarches et méthodes
À partir des principales espèces cultivées en France (208 espèces appartenant à 134 genres), nous avons recensé 1213 taxons de CWR, correspondant à 845 espèces et 368 sous-espèces ou variétés botaniques (Delalande et al., soumis).
Chaque taxon a été évalué selon plusieurs critères : statut de menace, endémicité, capacité de croisement avec les espèces cultivées et importance économique des cultures associées. Cette analyse a permis d’établir des priorités de conservation in situ. Une première liste comprend 170 espèces nécessitant un suivi précis des populations et la mise au point d’actions de conservation adaptées. Une seconde liste rassemble 365 espèces devant faire l’objet d’une surveillance renforcée afin de mieux évaluer leur vulnérabilité.
La prochaine étape consiste à analyser la distribution géographique des espèces prioritaires afin d’étudier leur diversité adaptative potentielle, d’identifier des zones prioritaires de collecte ou de conservation et de repérer les lacunes dans la conservation ex situ de ces espèces. Pour cela, nous prévoyons d’utiliser l’outil CAPFITOGEN (Parra-Quijano et al., 2012), qui permet de produire des cartographies éco-géographiques (cartes ELC) intégrant des variables climatiques, topographiques et édaphiques. Ces cartes permettent de caractériser les habitats occupés par les espèces et d’utiliser les contextes environnementaux comme indicateurs de diversité adaptative.
Dans une perspective de conservation dynamique in situ Maxted et al. (2020) proposent la création de réserves génétiques dédiées au maintien de la diversité génétique des espèces dans leur habitat naturel. Ces réserves visent à préserver les populations, leur variabilité intra-spécifique et les processus évolutifs. Elles peuvent être implantées dans les aires protégées françaises ou à proximité. L’analyse croisée des unités éco-géographiques et du réseau des aires protégées permettra d’évaluer la capacité actuelle de conservation in situ et d’identifier des zones nécessitant une protection renforcée. Un autre objectif sera de comparer la diversité observée dans les populations naturelles avec celle conservée dans les collections afin d’identifier les régions ou populations insuffisamment représentées.
Dans un premier temps, nous avons sélectionné un panel de formes sauvages de céréales (blé, orge, avoine, seigle) et de lin dans les listes prioritaires des CWR de l’inventaire français pour réaliser ces analyses éco-géographiques. Ce travail donnera des éléments concrets afin de mieux articuler conservation in situ et ex situ, d’optimiser les collections existantes, de proposer des stratégies innovantes de conservation et de produire des outils d’aide à la décision pour les gestionnaires d’espaces naturels, les banques de gènes et les politiques publiques.Références bibliographiques
Delalande M., et al. (2026). Inventory and priorization of France’s crop wild relatives. Flora (under review).
Glémin, S. and Bataillon, T. (2009), A comparative view of the evolution of grasses under domestication. New Phytologist, 183: 273-290.
Maxted N., et al. (2020). Plant Genetic Conservation. Cambridge University Press.
Parra-Quijano M., et al. (2012). Ecogeographical land characterization maps as a tool for assessing plant adaptation and their implications in agrobiodiversity studies. Genet Resour Crop Evol 59, 205–217.Orateur: Magalie DELALANDE (INRAE) -
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Diversité intra et interspécifique de la conservation des semences en conditions froides et sèches.
Contexte
Les semences dites orthodoxes sont capables de se conserver de nombreuses années du fait de leur état déshydraté. La plupart des espèces agricoles sont dites mésobiotiques, conservant leur capacité germinative une dizaine d’années. Cependant, la longévité des graines est conditionnée par les réserves séminales qui peuvent être amylacées, oléiques ou protéiques selon leur famille botanique ou leur variété. Les espèces ou variétés riches en lipides vieillissent plus rapidement que celles riches en glucides ou protéines. Les conditions de production des semences jouent également un rôle ainsi que les conditions de stockage (Nagel et Börner, 2010).
Objectifs
Au GEVES, les variétés inscrites aux catalogues français et européen (plus de 110 espèces et 33 000 variétés) sont conservées plusieurs dizaines d’années dans des conditions maitrisées à 5°C et 30% HR sur le site du Magneraud (17). Depuis plus de 40 ans, les données de la collection sont enregistrées dans une base de données interne. Ces données ont été utilisées en 2025 pour comparer la longévité des espèces selon leur type variétal à partir d’une approche par modélisation probit (Ellis, 2022).
Démarche et méthodes
Les analyses ont été réalisées sur le logiciel R en se basant sur les travaux de Wolkis et al., 2025 après la curation des données historiques. Cette modélisation est basée sur une distribution normale de la mortalité des semences. Une étape préliminaire de sélection des données a visé à écarter les lots dont la faculté germinative initiale était inférieure à 70%. Le second filtre a conduit à conserver uniquement les lots pour lesquels au moins trois données de germination étaient disponibles au cours du temps et dont une décroissance de faculté germinative a été observée. Les lots entrés récemment dans la collection ne présentent en effet pas suffisamment de données de germination et ceux ayant une bonne aptitude à la conservation ne sont pas pertinents pour modéliser de façon satisfaisante la longévité des semences.
Résultats obtenus
La régression binomiale (probit) des données de germination a permis d’établir des courbes de survie pour 22 535 lots sélectionnés parmi les 46 381 présentant une faculté germinative initiale supérieure à 70%. Trois paramètres de longévité ont été extraits de ces courbes : le sigma (σ), qui représente la pente de la courbe de survie et traduit la vitesse de décroissance de la viabilité ; le Ki, correspondant à la viabilité initiale exprimée en unités probit ; et le P50, défini comme le temps de demi-vie du lot de semences, soit la durée nécessaire pour que sa viabilité diminue de moitié. La comparaison des espèces a ensuite été effectuée sur la médiane du P50, pour les 20 espèces majeures de la collection nationale de référence.
L’ensemble des résultats acquis montre que les lignées se conservent moins longtemps que les hybrides au sein d’une même espèce. La longévité dépendant du type variétal, la comparaison interspécifique a porté sur le type dominant des espèces majeures à savoir les lignées.
Une diversité de réponse au stockage a été observée sur toutes les espèces et ce, même au sein d’un même type variétal. La longévité maximale excède les 110 ans pour des espèces agricoles, la minimale est de deux ans pour une lignée de soja.Perspectives
Cette analyse des données historiques de la collection nationale de référence a montré que les conditions de stockage sont optimales pour conserver les variétés témoins nécessaires aux essais d’inscription sur au moins 12 ans, ce qui est en adéquation avec la durée d’utilisation d’une variété de référence (Ekué, 2025). Cette approche permettra d’ajuster la fréquence des contrôles de viabilité par espèce et de réduire de 67% les essais annuels de germination.
Références bibliographiques
Ekué K., (2025). Analyser la longévité des semences pour gérer une collection nationale de référence. Mémoire de Master 1 Statistique et Données Du Vivant, Université de Poitiers, 30 p.
Ellis R.H., (2022). Seed ageing, survival and the improved seed viability equation; forty years on. Seed Science and Technology, 50 (1): 1-20.
Nagel M. et Börner A. (2010). The longevity of crop seeds stored under ambient conditions. Seed Science Research, 20: 1–20.
Wolkis D., et al. (2025). Seed longevity: analysing post storage germination data in R to fit the viability equation. Seed Science Research, 1–8.Orateur: Marie-Hélène WAGNER (GEVES) -
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Les lilas de Lemoine : caractérisation génétique pour une conservation sécurisée
Le lilas est une plante ligneuse ornementale du genre Syringa. Elle a fait l’objet d’une importante activité de sélection en France à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, notamment par la famille Lemoine, obtenteurs sur trois générations et figure de proue du siècle d’or de l’horticulture française. Les variétés françaises obtenues à cette époque offrent de multiples formes et couleurs de fleurs, suscitant l’engouement et créant même des modes. Elles ont par la suite servi de matériel de base pour la sélection variétale des obtenteurs à l’international. Le lilas étant une plante à multiplication végétative, les variétés françaises obtenues à cette époque ont pu être conservées dans différentes collections.
Les objectifs de cette étude sont, par la caractérisation génétique des accessions conservées : (i) d’optimiser leur conservation multisite dans le cadre de la constitution de la collection nationale de ressources génétiques, (ii) de révéler la structuration de la variabilité génétique parmi ces variétés et (iii) de contribuer à une meilleure connaissance de l’histoire de la sélection du lilas.
Peu de méthodes de génotypage utilisant des marqueurs moléculaires locus-spécifique ont été utilisées jusqu’à présent sur lilas. Les marqueurs microsatellites définis sont en nombre insuffisant pour identifier avec précision les cultivars (Korpelainen et Linden 2023). Les marqueurs SNP sont nombreux (Korpelainen et Linden 2023) mais bi-alléliques, au contraire des marqueurs microsatellites. Ces derniers peuvent maintenant être révélés par séquençage (méthode SSR-Seq) sur l’ensemble du génome, ce qui permet d’avoir accès non seulement à un polymorphisme de type microsatellites en de nombreuses zones du génome, mais également à un polymorphisme de type SNP, avec des coûts de développement faibles (Lepais et al 2020).
Pour mettre au point la méthode SSR-seq sur lilas, des séquences microsatellites sont recherchées dans un génome de référence, en choisissant parmi les génomes disponibles, celui qui est botaniquement le plus proche des variétés conservées. L’ensemble des accessions est ensuite génotypée par la méthode SSR-seq avec les marqueurs nouvellement développés. Les accessions synonymes (nom variétal différent, mais génotype identique) et les accessions homonymes (nom variétal identique mais génotype différent) sont recherchées en comparant deux à deux les génotypes obtenus. Une analyse de diversité est ensuite conduite pour révéler la structuration de la variabilité parmi les accessions conservées.La méthode SSR-seq s’est révélée efficace : elle a permis de génotyper plus de 30 marqueurs SSR hautement polymorphes distinguant les différentes variétés. Le génotypage a fonctionné avec succès pour plus de 300 accessions conservées. L’analyse des résultats pour les accessions génotypées plusieurs fois a permis de déterminer un seuil de tolérance de marqueurs différents entre deux ADN identiques. En tenant compte de ce seuil, des accessions portant un nom différent ont été identifiées comme génotypiquement identiques alors que des accessions portant un même nom de variétés sont apparues différentes génotypiquement. Par ailleurs, l’hypothèse selon laquelle les lilas français obtenus par la dynastie Lemoine correspondent à un groupe biologique distinct est invalidée. Ces variétés de lilas français paraissent très diversifiées au regard de l’échantillon étudié. Les Lemoine auraient donc exploré, si ce n’est l’ensemble, tout du moins un grand nombre de croisements entre géniteurs relativement éloignés, y compris des hybrides avec S. chinensis. Ces variétés obtenues par la dynastie Lemoine ont ainsi pu constituer une base génétique intéressante pour les obtenteurs du monde entier.
Les résultats obtenus permettent, après vérification phénotypique de confirmer les éventuels doublons, d’identifier formellement les synonymes suspectés, ainsi que de détecter les faux-synonymes, trois paramètres importants pour optimiser la gestion d’une collection. Les résultats de cette étude permettront ainsi d’optimiser la conservation des lilas d’intérêt patrimonial français et de mieux appréhender la généalogie des différentes variétés actuelles.
Korpelainen, H., Lindén, L. (2023). Insights into historic and genetic relationships of diverse common lilac (Syringa vulgaris) genotypes based on whole-genome profiling. Plant Genetic Resources: Characterization and Utilization 21, 527-536. doi: 10.1017/s1479262123001053
Lepais, O., Chancerel, E., Boury, C., Salin, F., Manicki, A., Taillebois, L., Dutech, C., Aissi, A., Bacles, C. F. E., Daverat, F., Launey, S., Guichoux, E. (2020). Fast sequence-based microsatellite genotyping development workflow. PeerJ 8, e9085. doi: 10.7717/peerj.9085Orateur: Alix Pernet (INRAE) -
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Diversification du genre Camellia pour une filière alimentaire et cosmétique
Depuis quelques années, de nombreux projets de production de thé français voient le jour. Cette filière, inconcevable il y a 20 ans, nécessite de nouvelles compétences et la mise en production de jeunes plants de Camellia sinensis var sinensis. La transformation des feuilles fraîches en feuilles de thé mobilise des savoirs complexes qui frisent l'alchimie pour des néophytes.
La filière devra optimiser les différentes chaînes de valeurs et imaginer la transmission des nombreuses compétences mobilisées.
L'huile de camélia est un autre trésor de l'Asie encore mieux gardé que le thé. Cette huile, de très grande qualité, est à rapprocher de celle de l'arganier. Généralement obtenue à partir des graines de Camellia oleifera, elle peut l'être également du Camellia japonica qui peuple de nombreux jardins de l'ouest et du sud-ouest français.
Thé et huile de camélias sont aujourd'hui des sujets qui jettent un nouveau regard sur le genre Camellia et lui ouvrent de nouvelles perspectives de développement au niveau national. Des restaurateurs s'essaient également à cuisiner la fleur.
D'un arbuste ornemental introduit en Europe à la fin du XVIIIe siècle à une production alimentaire du XXIe siècle, c'est ce grand écart auquel se prête le Campus Nantes Terre Atlantique par la mobilisation de ces apprenants dans la sélection de Camellia japonica particulièrement fructifères et la mise en production de jeunes plants de théiers. La multiplication de séances de dégustations de thés vise également à former des consommateurs éclairés de la deuxième boisson mondiale après l'eau.
Dans le cadre de la coopération internationale relevant des établissements de l'enseignement agricole, le Campus Nantes Terre Atlantique développe des partenariats avec le Cameroun qui entend aujourd'hui développer sa production de thé pour en faire une culture de rente et en améliorer la chaîne de valeurs.
Les perspectives de croissance de la consommation de thé en France sont de 9,6% par an (+6,3% à l'échelle mondiale) , c'est donc plus qu'un phénomène de mode. Les producteurs français sauront-ils saisir les opportunités offertes par cette dynamique ?Orateur: Stéphane Lehuédé (Campus Nantes Terre Atlantique)
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Santé des plantes et de l'environnement, interactions plantes-bioagresseurs: Innovations et méthodes alternatives pour la gestion des bioagresseurs
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Technologies pour l'étude et la conduite des plantes: Capteurs, observation et pilotage des culturesPrésidents de session: David ROUSSEAU, Marine LOUARGANT
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Système de contrôle d’arrosage connecté basé sur l’imagerie thermique infrarouge
•Contexte
Les toitures végétalisées (TTV), comme toutes les formes de végétalisation en ville, participent au rafraîchissement du milieu urbain par l'évapotranspiration. L’irrigation de ces toitures, parfois pratiquée en période estivale, est souvent mal maîtrisée. Un sous-arrosage limite la transpiration des plantes, tandis qu’un arrosage en excès conduit à des conflits d’usage de l’eau. Les problématiques liées à l’eau sont également rencontrées dans d’autres domaines, tels que les sols sportifs ou les productions agricoles (pomme de terre, maïs…) et la vigne, avec un enjeu économique fort.
•Objectifs
Le projet Infra Green, lancé par le CRITT Horticole et qui a été transféré vers l’entreprise Smart Infra Green, a pour but d’utiliser l’imagerie thermique infrarouge de proximité afin de détecter précocement le stress hydrique et d’éviter des arrosages inutiles En plus du stress hydrique, le projet peut contribuer à détecter la présence d’eau libre sur les feuilles pour adapter la stratégie phytosanitaire (mildiou sur vigne et pomme de terre).
•Démarches et méthodes
Après une recherche bibliographique et un état de l’art, le travail s’est tout d’abord concentré sur l’analyse des besoins. Un benchmark des solutions existantes a été réalisé, et des échanges avec des professionnels de la végétalisation urbaine ont été conduits. Puis, les besoins recensés ont pu être traduits en fonctionnalités. Le cahier des charges compile les contraintes que subira l’outil, les fonctionnalités qu’il devra remplir pour s’adapter à ces contraintes ainsi que ses fonctions primaires. À partir de ce document, l’analyse technique a permis d’établir la structure matérielle et logicielle du système. De plus, les différents composants ont été sélectionnés dans le but de remplir les fonctions de l’outil final tout en restant frugal et économe. Enfin, des prototypes ont été construits. Ils ont été déployés sur des maquettes de TTV et sur des TTV réelles.
•Résultats obtenus
Premièrement, la relation entre les mesures infrarouges thermiques et l’état de stress hydrique des végétaux a été démontrée et précisée. Il est possible d’extraire une température de canopée à partir d’un thermogramme, et de calculer un indice de stress hydrique à partir de cette température et de la température ambiante. Cette méthode a été éprouvée sur plusieurs espèces végétales typiques des TTV avec à chaque fois de fortes corrélations (R² entre 0,92 et 0,95). Deuxièmement, le projet a permis d’assembler plusieurs prototypes qui remplissent plusieurs fonctions clef. Ils sont capables de prendre des mesures infrarouges à intervalles réguliers, de récupérer la température ambiante et les prévisions de précipitation via une API météo, et de calculer l’indice de stress hydrique du végétal. À partir de ce résultat, un prototype peut ouvrir ou non les électrovannes d’irrigation selon le besoin en eau réel des végétaux. Enfin, tout ce système est connecté, pour pouvoir être monitoré à distance, et est autonome en électricité.
•Perspectives
Sur la base de ces travaux préliminaires, une entreprise a été créé pour achever le développement et assurer la diffusion du procédé. La suite du projet a pour but, d’une part, d’élargir l’étude de l’indice de stress hydrique à d’autres espèces végétales telles que le maïs, la pomme de terre et la vigne. D’autre part, des travaux seront menés sur l’amélioration de l’outil, notamment sur le volet Numérique Responsable, l’économie d’énergie et sur le développement d’une interface graphique pour le monitoring et le contrôle de l’outil à distance.
•Références bibliographiques
- A review on smart irrigation management strategies and their effect
on water savings and crop yield. Touil, S. et al. (2022) Irrigation
and Drainage, 71(5), 1396–1416. - Thermographic Analysis of Green Wall and Green Roof Plant Types under
Levels of Water Stress. Elkadi, H et al. (2024), Sustainability,
16(19), p. 8685. - Use of artificial intelligence for the prediction of microbial
diseases of grapevine and optimisation of fungicide application.
Otero M. et al. (2023) Conference paper, 22nd GiESCO International
Meeting, Cornell University, Ithaca, USA. - Using infrared thermal imaging technology to estimate the
transpiration rate of citrus trees and evaluate plant water status,
Zhao W. et al. (2022) Journal of Hydrology Volume 615, Part A, - Assessment for crop water stress with infrared thermal imagery in
precision agriculture: A review and future prospects for deep
learning applications Zhou Z. et al. (2021), Computers and
Electronics in Agriculture Volume 182, 106019.
Orateur: Julien Minard (ARRDHOR CRITT Horticole) - A review on smart irrigation management strategies and their effect
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Développement d'un outil permettant de compter automatiquement les insectes ravageurs dans les cultures de semences de luzerne
Contexte
La luzerne porte-graine fait face à des infestations de nombreux insectes ravageurs tels que des charançons du feuillage (phytonome, négril, apion, sitone), des ravageurs des inflorescences (tychius, tordeuse) ou encore des punaises mirides. La détection de ces insectes dans les champs est importante pour adapter et raisonner les pratiques culturales. Actuellement, la surveillance de ces nuisibles repose sur un échantillonnage et un comptage manuels (à l’aide d’un filet fauchoir), une méthode chronophage et nécessitant une certaine habitude pour réduire les risques d’erreurs.
Objectifs
Pour pallier ces contraintes, la FNAMS et l'université d'Angers travaillent ensemble depuis 2023 au développement d'un outil de comptage automatique des insectes ravageurs de la luzerne porte-graine.
Démarche et méthodes
Ce travail s'appuie sur l'imagerie couplée à l'intelligence artificielle. L'approche comprend plusieurs étapes successives : 1) collecte de données sur le terrain, 2) annotation d'images échantillons, 3) développement du modèle d'apprentissage profond, 4) évaluation de la qualité prédictive et 5) déploiement de l'outil fini via une application smartphone.
Le processus a débuté par une phase de collecte de données sur le terrain. L'échantillonnage a été effectué dans des champs de luzerne porte-graine à l'aide d'un filet fauchoir. Chaque échantillon prélevé au filet a ensuite été transféré dans un bac jaune, dans lequel les insectes capturés ont été photographiés puis comptés. Ces images, prises dans des conditions réelles sur le terrain, constituent la base d'un ensemble de données représentatif (479 images de 2023 à 2025), qui a ensuite été soumise à une annotation manuelle rigoureuse afin d'identifier et de localiser sur photo les différentes espèces nuisibles.
Ces annotations ont par la suite été utilisées pour entraîner un modèle d'apprentissage profond basé sur un réseau neuronal convolutif (CNN), conçu pour détecter, classer et compter automatiquement les insectes. Des techniques d'augmentation des données ont été appliquées afin d'accroître sa robustesse face aux variations d'éclairage, de position et de qualité d'image. Le modèle a ensuite été évalué à l'aide d'un ensemble d'images indépendant afin de valider ses performances.
Résultats obtenus ou attendus
Sur un jeu de données test de 67 photos de 2025 n’ayant pas servi à l’entrainement du modèle de comptage automatique, les résultats de prédiction des insectes sur photo sont robustes : R² = 0,81 ; précision à ± 5 insectes = 87% ; précision à ± 10 insectes = 95%. Le modèle est donc capable de prédire de manière assez satisfaisante le nombre d’insectes dénombrés sur les photos prises au champ, même s’il peut encore être amélioré. Le principal biais restant à corriger afin d’obtenir un outil prédictif fiable est la précision du résultat issu d’un comptage sur photo par rapport au comptage réel obtenu sur le terrain. En effet, dans le jeu de données disponible il est observé qu’en moyenne le comptage sur photo sous-estime d’environ un facteur 4 le nombre d’insectes réellement observés sur le terrain. Cette sous-estimation provient de plusieurs éléments parfois combinés : délai trop important entre le comptage de terrain et la prise de photo servant au comptage, présence de nombreux débris de végétation sur la photo perturbant le comptage, insectes superposés rendant difficile le comptage. Afin de réduire une partie de ces biais, le nombre de coups de filet fauchoir servant à l’échantillonnage a été réduit en 2025, en comparaison de 2023 et 2024. Cette mise à jour a permis de réduire une partie de l’erreur de prédiction (de 84% à 66%).
Perspectives
Une fois les problèmes identifiés résolus, une interface mobile sera développée pour permettre le déploiement opérationnel de la solution, offrant aux utilisateurs la possibilité de télécharger des images prises au champ et d'obtenir un comptage automatisé instantané, facilitant ainsi son intégration dans les pratiques agricoles.Orateur: M. Benjamin COUSSY (FNAMS) -
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La télédétection au service de la gestion du doryphore de la pomme de terre
Le projet COLEOFAST (Fédérer et Accompagner la recherche de Solutions Techniques innovantes pour protéger les cultures contre les COLEOptères), porté par la FNAMS, adresse la problématique urgente de la protection des cultures de semences et plants face aux coléoptères ravageurs, dans un contexte où plusieurs substances actives de synthèse risquent d’être retirées du marché. Les enjeux de ce projet sont multiples : il s’agit de garantir la souveraineté semencière française tout en réduisant l’usage des intrants chimiques et donc en préservant l’environnement.
L'Institut Technique Agricole du Plant de Pomme de Terre (inov3PT) s’est engagé dans le projet COLEOFAST afin de trouver des solutions innovantes pour la gestion du doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata). Le doryphore est un coléoptère ravageur important des cultures de pommes de terre du fait de son action défoliatrice. Le feuillage peut être complètement détruite et la production de tubercules fortement réduite. Pour le plant de pomme de terre, le règlement technique annexe de la production, du contrôle et de la certification (homologué par arrêté du 10 juin 2020) exige des tubercules exempts de ce parasite. La lutte contre le doryphore repose largement sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Une optimisation des conditions de mise en œuvre de la lutte chimique, par la détection précoce et le traitement ciblé des foyers d’infestation, pourraient permettre de réduire la quantité d’insecticide nécessaire.
Depuis 2025, inov3PT expérimente la télédétection du doryphore. Les images acquises par drone (DJI Mavic 3, vol à faible hauteur) sont analysées et interprétées par des algorithmes d’intelligence artificielle de la société Agroscout pour localiser les doryphores (adultes, larves) dans la culture. Une première étude réalisée par inov3PT en 2025 valide la performance de la télédétection pour des doryphores adultes (taux de détection > 90 %) et des foyers de larves (taux de détection L2 : 70 %, L3/L4 : 95 %). Les foyers de très jeunes larves (L1) ne sont pas détectés pour raison d’une résolution des images de drone trop faible à la hauteur de vol recommandée par la société.
Après cette validation initiale réussite, la prochaine étape consistera à tester le service de télédétection dans un contexte de production de pomme de terre. Ainsi, il est prévu pour 2026 de créer des cartes de détection des parcelles de producteurs en Bretagne. La réalisation d’un traitement d’insecticide ciblé, basé sur les résultats de la télédétection, est également envisagée.
Orateur: Alexander Kröner (inov3PT) -
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L’abeille connectée pour comprendre le végétal
Depuis les débuts de l’agriculture l’humain n’a cessé d’améliorer le matériel végétal à sa disposition en sélectionnant pour les reproduire les fruits les plus savoureux, les meilleurs légumes, les céréales les plus productives. Avec le temps la compréhension et la maitrise des procédés techniques se sont améliorées et l’attention agronomique s’est portée sur l’hybridation, qui est un phénomène naturel fréquent chez les végétaux allogames et permet l’évolution d’une espèce. Elle peut être intraspécifique (croisement de 2 variétés d’une même espèce), ou interspécifique (croisement de 2 espèces différentes). Il est donc possible théoriquement de produire une multitude de nouvelles lignées végétales par combinaisons plus ou moins aléatoires. Mais dans les faits c’est parfois compliqué des les produire.
L’étape de la pollinisation révèle parfois des incompatibilités non anticipées et souvent incomprises. Le pollen, élément fécondant, est scruté et évalué sur les lignées mâles fertiles, mais sa présence ne suffit pas à la réussite d’une pollinisation. D’autres facteurs entrent en jeu.
Afin d’éviter de couteuses déconvenues, il est possible de juger de la compatibilité des lignées parentales mais pour l’attester en conditions réelles de production, il est préférable de disposer d’éléments probants et avérés.
Pour les végétaux à pollinisation entomophile, l’insecte est un agent de transport du pollen indispensable. Parmi ceux-ci on peut considérer les pollinisateurs à action aléatoire, qui véhiculent un peu de pollen et le déposent parfois au bon endroit, et les pollinisateurs à action ciblée, qui captent des signaux émis par le végétal en fleur et assurent ainsi une prestation efficace en échange d’une contrepartie consistant en ressource alimentaire. L’abeille domestique est l’un de ces insectes à action ciblée, capable de repérer et d’évaluer une ressource. L’abeille est de plus un insecte social capable de communiquer, animé par un instinct d’amassage qui fait qu’elle ne consomme pas sur place la ressource alimentaire mais la rapporte à la ruche ; elle transmettra alors à ses congénères la localisation et la valeur de cette ressource et la colonie, par son intelligence collective et naturelle, enverra alors une quantité de butineuses proportionnée à la ressource repérée.
La mise à disposition de la ressource alimentaire par le végétal n’est pas constante ni linéaire. C’est un coût énergétique conséquent et la nature étant pragmatique, cette mise à disposition correspondra au moment où la plante a besoin de l’insecte, c’est-à-dire au moment où elle est fécondante et/ ou fécondable. Et c’est alors que l’insecte à pollinisation ciblée est primordial car son activité pollinisatrice est régie par les signaux émis par le végétal ; si ces signaux ne sont pas manifestes l’insecte, lui aussi pragmatique par nature, ne dépensera pas d’énergie pour une activité de butinage non fructueuse. C’est pourquoi la présence d’abeilles sur une culture en fleur n’est pas constante au cours d’une journée, il y a même des journées sans activité pollinisatrice et ce n’est pas du à une quelconque paresse ou frilosité des butineuses.
La captation, l’enregistrement, l’analyse de ces mouvements d’abeilles nous livre donc de nombreuses informations sur le végétal et sur sa capacité à polliniser ou à être pollinisé. En mettant en parallèle des informations météorologiques et agronomiques on parvient à établir un panorama des conditions optimales de pollinisation en conditions réelles de productibilité, sans interférences humaines. Ces conditions sont particulières à chaque espèce végétale et chaque lignée présente des particularités.
Notre projet consiste donc à utiliser des ruches connectées à différents capteurs (radar à abeilles, balance à ruche, sondes internes) couplées à des capteurs météorologiques pour caractériser les conditions optimales de pollinisation sur diverses cultures : semences potagères, colza, tournesol, cultures fruitières. Ces informations précises permettent d’attester la productibilité de lignées nouvelles, elles permettent également d’anticiper les nécessaires adaptations au changement climatique.
La présentation proposée débutera par l’explication de la méthodologie mise en place pour enregistrer les signaux émis par le végétal, capté par l’abeille et retranscrit pour notre bonne compréhension. Plusieurs exemples de productions de semences potagères seront ainsi abordés. L’objectif est de pouvoir faire connaitre cette technologie efficace et non intrusive aux acteurs de la sélection et de la production du secteur du végétal spécialisé, afin de poursuivre et enrichir ces travaux dans le cadre de collaborations et d’expérimentations accompagnées par Végépolys Valley.Orateur: ludovic Cauchard (Apipol) -
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Quantification en vignoble expérimental de l’efficacité anti-Black Rot avec conséquences sur le rendement du dispositif anti-pluie automatisé Vititunnel
Le Black Rot (BR), causé par Phyllosticta ampelicida, est une maladie cryptogamique majeure de la vigne pouvant provoquer de très lourdes pertes de rendement. En recrudescence dans le Bordelais depuis dix ans (Fermaud et al., 2024). Les organes fructifères sont particulièrement sensibles, mais la résistance ontogénique des grappes génère une moindre sensibilité dès la fermeture des grappes et surtout après la véraison.
Le dispositif Vititunnel® (VT) « Smart Protect » (https://viti-tunnel.com/smart-protect/) est un système automatisé de couverture ou bâchage anti-pluie, interceptant les précipitations au-dessus de la canopée. Son efficacité contre le mildiou a déjà donné lieu à expérimentations concluantes (Aveline N. et al, 2024). L’actuel projet COUVINNOV vise à produire la preuve de concept, en 2025 et 2026, de l’efficacité du VT contre le BR au vignoble sur site INRAE-Bordeaux. En condition d’absence totale de protection anti-fongique, l’étude inclut aussi l’évaluation des effets du VT sur la vigueur et les composantes du rendement.Méthodologie
Une parcelle INRAE de Bordeaux, (cv. Artaban) est équipée de « VT » sur trois rangs contigus, encadrés de chaque côté par deux rangs témoins non couverts « Non_VT ». En 2025 et 2026, tous sont non traités par fongicides/biosolutions anti-BR. En 2025 d’autres rangs hors-essai sur la même parcelle reçoivent une protection conventionnelle « TrT »).
L’activation automatique du VT se déclenche grâce à un capteur Raincap® Vaisala, suite à un début de pluie d’intensité de 3 mm/h, pour rester déployé 5 mn après la fin de la pluie. L’activité des VTs s’étend du début de la croissance des baies à leur maturité, sur les 3 rangs VT en 2025 et sur 1 seul rang VT en 2026. En 2026, sur 2 rangs VT contigus, l’activation est effective dès le débourrement jusqu’à la maturité.
Les notations de sévérité du BR sur feuilles et grappes sont réalisées régulièrement et le rendement est évalué à la vendange par pesées. La vigueur est quantifiée à des stades clefs par NDVI (GreenSeeker®), poids de bois de taille, et longueur des rameaux.Résultats
Démonstration de l’efficacité anti-BR par protection anti-pluie des grappes (2025)
Le VT activé dès le 5/06/2025 a réduit les précipitations de 76 % par rapport aux rangs témoins non protégés. A ce stade de début de la croissance des baies, la sévérité foliaire du BR d’env. 5 % est comparable sous VT et Non_VT. Les symptômes sur grappes atteignent 17 % et 55 % le 25 juin sous VT et Non_VT resp., puis la maladie progresse faiblement sous VT (26 % sévérité finale) mais explose dans les rangs témoins Non_VT (91 %). L’efficacité finale du dispositif atteint ainsi 72 %.
Effet sur le rendement, ses composantes et la vigueur des vignes (2025)
En 2025, la proportion de grappes denses en baies augmente quand la sévérité du BR baisse. Les différences de rendement sont considérables : 7 hL/ha pour Non_VT, 69 hL/ha pour VT et 128 hL/ha pour TrT, soit un rendement 9,7 fois supérieur sous VT par rapport à toute absence de protection. En 2025, les mesures NDVI et les poids de bois de taille sont plus faibles sous VT s’expliquant par un écimage plus strict sous VT (rameaux principaux raccourcis).
Conclusions et perspectives
En 2025, sans aucun fongicide, grâce à un déploiement des VTs ciblé pendant la période fructifère post-nouaison, le Vititunnel® a réduit fortement l’incidence du BR (–72 %), tout en préservant un rendement significatif (69 hL/ha). Il constitue donc une alternative physique très prometteuse pour réduir la dépendance aux intrants et assurant une production viable.
En 2026, les résultats épidémiologiques, physiologiques de croissance végétative et de rendement seront approfondis et analysés comparativement à ceux de 2025. Les résultats 2026 étayeront des perspectives d’amélioration en allongeant la période de déploiement des VTs, soit en incluant la floraison et/ou avec la stratégie plus systématique de bâchage automatique par VT sur l’ensemble de la saison depuis le débourrement en évitant ainsi toutes infections primaires et/ou secondaires du Black rot.
Références
Fermaud, M., et al 2024 Long-term historical characterization of French vineyard exposure to pests and diseases. IOBC-WPRS BULLETIN 171, 29‑33.
Aveline, N. et al 2024. VITITUNNEL : Suivi expérimental d’un dispositif en rupture pour lutter contre le mildiou sans intrants phytosanitaires. Rapport IFV 2021-2023 (FranceAgriMer)Orateur: MARC FERMAUD (INRAE UMR-SAVE) -
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Optimisation des étapes d’extraction/élution du PFOA de 2 sols et évaluation du transfert du PFOA du sol à des plants de tomates
Contexte
Les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS) suscitent une inquiétude croissante en raison de leur persistance dans l'environnement, de leur présence généralisée et de leur toxicité. Parmi les PFAS, l'acide perfluorooctanoïque (PFOA) est largement utilisé et sert souvent de marqueur de contamination environnementale par ces composés. Récemment classé comme cancérogène, mutagène et reprotoxique pour l'homme, le PFOA a été détecté dans de nombreux compartiments environnementaux, les sols constituant des réservoirs majeurs.Objectifs
Dans le contexte de la gestion durable des sols européens (projet ESPF-digit.eu), cette étude porte sur l'extraction et la quantification du PFOA dans deux types de sols étudiés : un sol limoneux de Murcia (Espagne) et un sol argilo-limoneux de Volos (Grèce).Démarche et méthodes
Nous avons évalué systématiquement les solvants d'extraction (eau ultrapure, EtOH/eau ultrapure 70:30 et 80:20, MeOH–10 mM NH₄OAc, EtOH–10 mM NH₄OAc), les solvants d'élution complémentaires (MeOH–0,1 % NH₄OH et EtOH–0,1 % NH₄OH) et l'humidité du sol.Résultats obtenus
Les résultats ont démontré que le choix du solvant est fortement influencé par le type de sol : le mélange EtOH/eau ultrapure (80:20, v/v) est optimal pour le sol limoneux de Murcia (RR 67 %), tandis que le mélange MeOH–10 mM NH₄OAc est plus performant pour le sol argilo-limoneux de Volos (RR 66 %). Une humidité du sol inférieure à 50 % n'a pas affecté significativement l'efficacité de l’extraction. Les extraits ont été analysés par LC-MS/MS, confirmant la robustesse de la méthode pour une quantification fiable du PFOA. De plus, l'étude a exploré le nexus sol-plante en évaluant l'absorption de PFOA par des plants de tomates cultivées dans un sols contaminé artificiellement par le PFOA. Un transfert de PFOA a été observé, avec des concentrations atteignant 38 µg/L dans les fruits récoltés. L'analyse de la croissance des plantes a révélé que, si la croissance végétative précoce n'était pas affectée, les plants exposés au PFOA présentaient une croissance de la hauteur réduite de 20% par rapport au témoin, soulignant ainsi les effets phytotoxiques du PFOA et les risques potentiels pour la sécurité alimentaire.
Les analyses de sols, de solutions nutritives, de feuilles de racines et de fruits ont toutes montrées des differences notables vis-à-vis de l’expérience de contrôle sans PFOA. Globalement, cette étude démontre l'extraction efficace du PFOA des sols limoneux et argileux et son transfert aux plants de tomates, mettant en évidence les risques potentiels pour la croissance des cultures et la sécurité alimentaire. De plus un capteur électrochimique à PFOA de type capteur à empreinte moleculaire a été mis au point dans le but de faciliter le monitoring de la solution nutritive au cours du temps.Perspectives
A terme ces travaux devraient a mieux apprehender les sols pollués aux PFAS pour leur utilization en agriculture dans une démarche de diagnostic via un traitement au préalable à la mise en culture. Une plateforme de type DRONE devrait être le bras armé du projet pour mener les essais de diagnostic en plein champ.Bibliographie
[1] Malak DIA, Adil AIT YAZZA, Aissata KEITA, Dimitri BREARD, Jeroen PETERS, Maxime PONTIE, « Development of a PFOA Extraction Method and Assessment of PFOA Transfer from Soil to Tomato Plants, Frontiers in soil science (2026) (in preparation)”;
[2] https://e-spfdigit.eu/resources/#trainingmaterial;
[3] https://www.youtube.com/@E-SPFdigit;
[4] Silga JP et al. (2025)J. Electrochem. Soc., (2025) 172 027501;
Badel T., et al. (2025). Phenology of fruit trees. Trees Journal, 60:25-35
[5] Gligoric N. et al. (2026) “Portable electrochemical sensing system for contaminant detection in complex aqueous matrices”, EP (patent demand deposited 18 march 2026)Orateur: Maxime PONTIE (Université d'Angers, Groupe Analyses et Procédés)
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Valorisation, usages et qualités du végétal: Valorisation du végétal, du paysage au territoire et des opérateurs aux consommateursPrésidents de session: Anne-Laure Laroche (ASTREDHOR), Isabelle Souchon (INRAE)
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Innovation en agriculture urbaine
• Contexte
Dans le cadre du projet européen (Horizon Europe) FoodCityBoost, qui vise à évaluer les impacts de l’agriculture urbaine, nous nous sommes intéressés à l’innovation en agriculture urbaine.• Objectifs
L’objectif était de comprendre quelles sont aujourd’hui les pratiques innovantes en agriculture urbaine en Europe. L’innovation étant définie ici comme plurielle, allant des innovations agronomiques, économiques, environnementales mais aussi sociales et territoriales. Nous souhaitions illustrer cette diversité de pratiques innovantes par la réalisation d’un catalogue de 30 initiatives détaillées, analysant l’impact des différentes pratiques et leur réplicabilité.• Démarche et méthodes
Pour cela nous avons mené une large recherche bibliographique ainsi qu’une enquête en ligne à destination des acteurs de l’agriculture urbaine (agriculteurs urbains, chercheurs, collectivités etc). Nous avons ainsi identifié plusieurs centaines d’initiatives, que nous avons ensuite sélectionnées selon un processus itératif croisant des paramètres d’innovation prédéfinis ainsi que le regard de plusieurs experts internationaux. Nous avons ainsi sélectionné les 6 initiatives les plus innovantes pour chacune de nos 5 thématiques de l’innovation (agronomique, économique, environnementale, sociale et territoriale). Ces 30 initiatives au total ont toutes été contactées afin de récolter des données précises sur leur exploitation et sur le système innovant qu’elles ont mis en place, afin d’évaluer leurs impacts et leurs caractéristiques (facilité et coût de mise en œuvre, autonomie ou non, réplicabilité etc).• Résultats obtenus ou attendus
Nous avons ainsi produit un catalogue de 30 innovations en agriculture urbaine en Europe, disponible en 4 langues: anglais, français, espagnol et allemand. L’objectif de ce catalogue est de montrer l’étendue et la diversité des innovations possibles en agriculture urbaine et de les décrire le plus précisément possible pour permettre d’inspirer d’autres acteurs du secteur à les mettre en place. Ces innovations comprennent des systèmes très différents, allant de modèles d’agriculture urbaine verticale, en toiture, à de nouvelles méthodes de production et de fonctionnement économique, en passant par des initiatives intégrant une circularité dans leurs ressources ou bien des approches territoriales intégrées permettant le développement de l’agriculture urbaine à plus grande échelle.
Nous avons également choisi de valoriser les autres initiatives non retenues pour le catalogue par une carte interactive qui les représente selon les 5 même catégories. Dans l’objectif d’élargir la vision et de s’inspirer d’autres pays, les initiatives présentées dans cette carte interactive sont internationales.• Perspectives
Ce catalogue vise à être diffusé très largement pour inspirer tous types d’acteurs travaillant dans l’agriculture urbaine.
La suite du travail engagé dans le projet FoodCityBoost repose sur la mise en œuvre concrète d’innovations dans des modèles déjà existants, à travers la mise en place de plusieurs ateliers de co-design dans les territoires d’expérimentation du projet. Ces ateliers de co-construction ont donné lieu à des prototypes intégrant différents types d’innovation, que nous sommes aujourd’hui en train d’analyser.
Une analyse croisée des résultats issus de la sélection des innovations et du catalogue est également en cours, afin de définir les tendances qui se dégagent derrière chaque thématique d’innovation. Cette analyse fera l’objet d’un article dans l’année à venir.• Références bibliographiques (5 maximum)
Balseca Hernandez, V., Ancion, N., & Jijakli, H. (2020). Business Models in Urban and Peri Urban Agriculture: Analytical report
EFUA. (2020). Urban Agriculture Benefits
INA Opitz, Specht, K., Berges, R., Siebert, R., & Piorr, A. (2016). Toward sustainability: Novelties, areas of learn¬ing and innovation in urban agriculture. Sustainability, 8(4), 356. https://doi.org/10.3390/su8040356
Sanyé Mengual, E., Specht, K., Grapsa, E., Orsini, F., & Gianquinto, G. (2019). How can innovation in urban agriculture contribute to sustainability? A characterization and evaluation study from five Western European cities. Sustainability, 11(15), 4221. https://doi.org/10.3390/su11154221
RUAF. (2024). Urban Agriculture Magazine, no 40: Pathways towards resilient urban food systemsOrateur: Charlotte Liborio-Cornet (ASTREDHOR) -
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Trame Fruitière Intercommunale et biodiversité cultivée : vers une valorisation écologique, alimentaire et sociale des variétés végétales fruitières en milieu urbain
Face à l’érosion continue de la biodiversité cultivée et aux enjeux croissants de souveraineté alimentaire locale, les collectivités territoriales sont amenées à repenser la place du végétal nourricier dans les espaces urbains (Royer et al., 2023). Les vergers communaux constituent aujourd’hui des leviers opérationnels locaux permettant de concilier préservation de la diversité végétale, production alimentaire de proximité et richesse paysagère (Rada et al., 2022). A l’instar des vergers, cette communication interroge le potentiel d’une Trame Fruitière Intercommunale (TFi) comme outil de valorisation du végétal spécialisé, mais à une échelle métropolitaine.
La réflexion s’appuie sur près de trente années d’expérience de SaluTerre, société coopérative spécialisée dans la conception de paysages nourriciers participatifs, et plus particulièrement sur plusieurs opérations d’implantation de vergers conduites dans la métropole bordelaise, à Floirac, Villenave-d’Ornon et Le Bouscat. La question centrale est la suivante : dans quelle mesure une Trame Fruitière Intercommunale peut-elle contribuer simultanément à la restauration de la biodiversité végétale cultivée, à l’amélioration des capacités nourricières locales et à la création de nouvelles formes de valorisation socio-écologique et donc paysagère du végétal ?
Les projets étudiés reposent sur une démarche intégrée associant assistance à maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre paysagère et accompagnement des collectifs habitants. Chaque opération débute par un diagnostic croisant analyses paysagères, agronomiques et biochimiques des sols afin d’identifier les potentialités du site ; les vergers sont ensuite conçus comme des systèmes écologiques complets intégrant les contraintes locales et les usages attendus. Une attention particulière est portée au choix des porte-greffes et des variétés fruitières, pour concilier adaptation aux conditions pédoclimatiques, étalement des périodes de récolte, diversification génétique et conservation de variétés patrimoniales. Les habitants sont associés à cette sélection à travers des ateliers mobilisant les mémoires alimentaires, les pratiques fruitières locales et les représentations culturelles liées aux fruits.
Les retours d’expérience montrent que ces dispositifs permettent l’introduction durable d’une biodiversité fruitière significative en milieu urbain, tant sur le plan génétique que fonctionnel. Ils contribuent également à la valorisation du végétal par la production de fruits accessibles aux habitants, la transmission de savoir-faire liés à l’arboriculture fruitière ou à la transformation du fruit, et le renforcement des liens sociaux intergénérationnels autour d’activités productives. Les vergers apparaissent ainsi comme des espaces où la qualité du végétal ne se limite pas à ses caractéristiques agronomiques ou organoleptiques mais englobe également ses dimensions culturelles, sociales et territoriales (Robert & Goulaze, 2021). Mais l’enjeu principal, pour une métropole, est leur mise en relation afin de penser les fonctionnalités précitées à une échelle intercommunale.
SaluTerre développe aujourd’hui une expérimentation de Trame Fruitière Intercommunale à l’échelle de Bordeaux Métropole. Cette démarche vise à relier les vergers existants, les lieux publiques dotés d’une production fruitière accessible, et de nouveaux espaces à planter au sein d’un réseau cohérent de paysages nourriciers. Elle s’appuie sur l’identification du foncier mobilisable, l’analyse agronomique des sites, des enquêtes sur les pratiques alimentaires, la co-construction des projets avec les habitants, ainsi qu’un programme de suivi écologique, de formation et de mutualisation des ressources. Cette TFi s’inscrit également dans une démarche de conservation bioculturelle (Clément, 2024) grâce à des partenariats avec des acteurs de la préservation des ressources génétiques végétales et des pépinières locales. Elle favorise la sauvegarde de variétés anciennes ou rares, tout en permettant l’expérimentation de cultivars adaptés aux évolutions climatiques. Son ambition est ainsi de constituer une continuité écologique productive conciliant préservation de la biodiversité, valorisation du végétal nourricier et renforcement des capacités alimentaires des territoires.
La communication mettra en évidence plusieurs facteurs de fragilité dans l’opérationnalité de cette TFi, appuyant notamment l’idée que la pérennité des vergers dépend largement de la capacité des collectifs à s’organiser dans la durée et à se mettre en relation, de l’existence de dispositifs d’animation adaptés et de la mise en place d’une gouvernance claire entre collectivités et habitants. La valorisation du végétal biocultivé passe ainsi autant par l’ingénierie sociale que par la qualité de la conception paysagère et des plantations.
Orateur: Morgane Robert (ENSAP Bordeaux / UMR Passages 5319 CNRS / SCOP SaluTerre) -
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Le Projet DIVER’Act : connaitre et exploiter la biodiversité cultivée d’espèces fruitières courantes pour des systèmes alimentaires plus robustes
Contexte
Face à l’appauvrissement de la diversité des espèces cultivées dans les systèmes alimentaires, et plus particulièrement dans les grandes filières arboricoles largement engagées dans la standardisation de leur production et l’utilisation généralisée des produits phytosanitaires, la recherche académique a pu démontrer depuis le milieu des années 2000, que les modes de production qui s’appuient sur la biodiversité sont associés à de plus haut niveaux de services écosystémiques et offrent des systèmes de production plus résilients1. En revanche, pour l’arboriculture fruitière, la standardisation des productions autour de quelques idéotypes largement répandus auprès des consommateurs continue à limiter la conversion des systèmes vers des vergers plus diversifiés.
Objectifs
Faisant le constat i) qu’il existe un patrimoine de variétés connues des collectionneurs amateurs et des conservatoires, et ii) qu’il est sans doute possible, en délivrant une information pragmatique du potentiel de cette diversité, de renverser la tendance à l’uniformisation portée par les unités de stockage ou de transformation des fruits, nous avons proposé le projet Diver’ACT (CASDAR, 2023), avec l’objectif général d’élaborer de nouvelles stratégies pour préserver et promouvoir l’agrobiodiversité en la valorisant vers des destinations en frais ou en produits transformés.
Démarche et méthodes
Parmi les cinq espèces (pommes, poires, abricots, prunes et cerises) étudiées dans le projet Diver’act, la présentation se focalisera sur la pomme et l’abricot qui ont été caractérisés pour leurs critères organoleptiques (sucre, teneur en matière sèche, acidité, couleur, composés d’arômes) avant et après transformation (compotes et confitures) pour révéler leurs aptitudes à la transformation. La stratégie a été de s’appuyer sur un même socle d’espèces « ponts » provenant d’une même origine qui ont été analysées sur 3 années d’expérimentation successives. Des variétés d’intérêt régional ou avec une originalité organoleptique sélectionnées de façon participative (collectionneurs, conservatoires) ont été ajoutées.
En pomme, le socle a été constitué de 5 variétés majeures représentatives des lignées les plus distribuées, alors qu’en abricot, cette sélection s’est effectuée sur la variabilité connue au sein de la collection du CRB Prunus-INRAE2. Pour les deux espèces nous avons constituées une base constituée de l’ensemble des données sur les fruits frais et sur les produits transformés. Des approches multivariées ont permis de mettre en avant les clusters de variétés qui se ressemblent et la convergence entre les deux jeux de données du frais et du transformés.Résultats obtenus
En pomme, nous obtenons une structuration en 6 groupes homogènes, dont 3 groupes plus centraux où se retrouvent la plupart des variétés « ponts », et 3 groupes comportant des lignées régionales qui se distinguent pour leurs profils aromatiques. L’AFM (Analyse Factorielle Multiple) montre un resserrement de la variabilité entre les variétés qui témoigne d’une perte d’arômes pendant la cuisson, mais toujours une structuration qui met en exergue les variétés régionales. En abricot, la variabilité des variétés « ponts » couvre l’ensemble de la variabilité observée dans les variétés récoltées, démontrant l’intérêt d’un échantillonnage de références basé sur de la variabilité génétique structurée. Tout comme en pomme, la structuration des données frais et transformés restent en cohérence.
Perspectives
Ces bases de données et la caractérisation de la variabilité des pommes et des abricots du projet serviront de références pour cartographier la distribution de nouvelles variétés. Elles servent également de base au développement de modèles permettant de prédire des assemblages de fruits provenant de diverses espèces et/ou variétés pour obtenir un produit d’assemblage de qualité ciblée3.
Références bibliographiques
1 : Anaïs Tibi et al., Protéger les cultures en augmentant la diversité végétale des espaces agricoles. Synthèse de l’expertise scientifique collective. INRAE. 2022, 86 p. ⟨hal-03852213v3⟩
2 : Centres de Ressources Biologique, collection Abricot, UE- Gautheron – INRAE, centre PACA
3 : « Mieux transformer les fruits en arboriculture : un levier pour favoriser la biodiversité cultivée ? » Thèse de doctorat Justine Giroud-Argout, en coursOrateur: M. David Page (SQPOV, INRAE Avignon/GRAB Avignon) -
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Démarches qualité et de certification dans la filière des fruits et légumes : où en sommes-nous en 2026
Contexte
Depuis plusieurs années, les démarches qualité liées aux produits, aux modes de production et à l’hygiène prennent une place croissante dans la filière fruits et légumes. Dans un contexte de multiplication des cahiers des charges et des certifications, le CTIFL est sollicité par les organisations professionnelles pour dresser un panorama des démarches de certifications dans la filière.
Menée tous les trois à quatre ans depuis 2007, cette enquête permet d’établir un état des lieux utile à l’ensemble de la profession.Objectif
L’objectif de cette enquête est de mieux connaître le déploiement de ces démarches, leurs évolutions et leurs répercussions sur l’organisation des entreprises. Elle permet de comprendre les orientations qui se profilent et quels sont les avis des professionnels.
Démarche et méthodes
Méthodologie : L’enquête a été réalisée en mai et juin 2026. Elle a été administrée et envoyée par mail à une liste de contacts du CTIFL et mise en avant sur le site internet du CTIFL. Elle a aussi été relayée par plusieurs familles professionnelles à leurs adhérents ainsi que par Interfel.
Plus de 110 réponses ont été analysées, les répondants représente 240 sites (d’expédition, de conditionnement ou d’entrepôts) et plus de 3 300 producteurs.Résultats attendus
La première partie de l’enquête dresse un panorama des signes de qualité et de l’origine (SIQO) et de leurs évolutions dans la filière. La deuxième partie traite des démarches de certification au sein des exploitations agricoles (Agriculture biologique, HVE, Globalgap, LEAF…), la troisième partie étudie le développement des démarches qualité au sein des entreprises d’expédition et gros (BRC, IFS, ISO 9001…). Un focus est ensuite réalisé sur les démarches de responsabilité sociétale au sein de la filière. La dernière partie analyse pour l’ensemble des démarches les bénéfices et avantages apportés mais aussi les contraintes engendrées.
Perspectives
Les données analysées seront utilisées par Interfel dans le cadre de la création d’une démarche de responsabilité sociétale de la filière des fruits et légumes frais.
Référence bibliographique
Glémot C. (2023). Démarches Qualité et RSE de la filière des fruits et légumes, les tendances 2022 : Enquête sur les démarches qualité et de certification. Infos CTIFL, 390 :22–31
Orateur: Catherine GLEMOT -
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Qui mange des légumes secs aujourd’hui ? Comprendre pour mieux cibler demain
CONTEXTE
Dans le cadre de la transition vers des systèmes alimentaires durables, l’orientation vers des régimes plus riches en sources de protéines végétales constitue un levier majeur pour réduire l’impact environnemental tout en améliorant la qualité nutritionnelle des régimes. Parmi ces sources, les légumineuses, et tout particulièrement les légumes secs, occupent une place stratégique en raison de leur densité nutritionnelle, de leur rôle historique dans l’alimentation humaine, de leur accessibilité économique et de leur faible empreinte environnementale. Malgré ces atouts et les recommandations nationales, leur consommation en France demeure nettement inférieure aux niveaux recommandés.OBJECTIF
L’augmentation de l’intégration des légumes secs dans les pratiques alimentaires nécessite une compréhension fine des profils de consommateurs, incluant leurs comportements, leurs connaissances, leurs motivations et leurs compétences culinaires spécifiques à ces espèces. L’enquête présentée ici vise à identifier les facteurs différenciant les consommateurs réguliers de légumes secs des consommateurs peu fréquents, afin d’orienter des stratégies d’intervention adaptées.DÉMARCHE ET MÉTHODES
Un échantillon de 800 consommateurs français a été constitué en novembre 2024 selon une stratification ciblée permettant de représenter trois groupes : consommateurs réguliers, consommateurs occasionnels et individus consommant rarement ou jamais des légumineuses. L’échantillon est représentatif de l’âge, du genre et de la région d’habitation des Français. Les participants ont répondu à un questionnaire sur internet. Les analyses montrent peu de variations sociodémographiques entre groupes, à l’exception d’une surreprésentation d’individus à statut socio‑économique élevé, de résidents franciliens et de personnes végétariennes (6 %) parmi les consommateurs réguliers.RÉSULTATS OBTENUS
Les résultats mettent en évidence un contraste marqué entre les consommateurs réguliers et les consommateurs rares, tandis que les consommateurs occasionnels présentent des réponses proches des premiers. Les consommateurs rares disposent d’un niveau plus faible de connaissances nutritionnelles et environnementales liées aux légumes secs, comparativement aux deux autres groupes. Ils déclarent également des compétences culinaires limitées, un attachement émotionnel moindre à ces aliments. Leur néophobie alimentaire est plus élevée. Enfin, leur propension à modifier leurs habitudes pour intégrer davantage de légumineuses est significativement plus faible.PERSPECTIVES
La proximité observée entre les profils des consommateurs réguliers et occasionnels, en contraste avec les consommateurs rares, suggère que les actions visant à augmenter la fréquence de consommation chez les consommateurs occasionnels constituent une stratégie plus réaliste et plus efficace que de cibler directement les consommateurs peu fréquents. Ces résultats soulignent la nécessité de développer des stratégies de promotion ciblées, adaptées aux différents profils, afin d’accélérer l’adoption des légumes secs dans l’alimentation en France.Orateur: ISABELLE MAITRE (Unité GRAPPE, Ecole Supérieure d'Agricultures, ESA)
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Accueil
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Adaptation au changement climatique et impacts sur les filières du végétal spécialisé: Du phénotypage à l’innovation variétale : sélectionner et comprendre la tolérance aux stress
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Agroécologie et gestion durable des ressources: Des leviers agroécologiques à mieux connaître
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REGENVITILOIRE – Premiers résultats d'une démarche de régénération des sols viticoles en estuaire de Loire
Le projet REGENVITILOIRE, conduit dans le vignoble du Muscadet Sèvre-Maine (Loroux-Bottereau, Loire-Atlantique), s'inscrit dans le cadre du programme européen LivingSoiLL (Living Labs for Healthy Soils). Il vise la régénération de sols viticoles dégradés par des décennies de pratiques intensives, à travers le suivi de deux parcelles expérimentales voisines, sur une durée de près de trois ans. Il est rattaché au Living Lab "Vallée de la Loire-Beaujolais" co-animé par l’IFV et les Chambres d’Agriculture.
La première parcelle, plantée en folle-blanche (1982–1984), présente un sol sablo-limoneux fortement compacté, à activité biologique très réduite, conséquence d'un désherbage chimique total sans travail du sol ni apport organique jusqu'en 2021. La seconde, plantée en melon B en 2023 et conduite en agriculture biologique depuis 2022, constitue un point de comparaison avec une situation de départ différente mais toujours marquée par un historique initial commun peu favorable à la vie du sol.
Face aux contraintes spécifiques rencontrées (forte compaction du sol, racines superficielles limitant le travail mécanique, évolutions climatiques accentuant le déficit hydrique estival et la saturation hivernale), une stratégie multi-leviers a été co-conçue avec les partenaires du Living Lab Vallée de la Loire pour améliorer les sols. Elle interroge la pertinence de l’implantation de couverts végétaux permanents, du compostage de surface, du recours à des apports organiques, voire à des biointrants microbiens pour stimuler la décomposition de la biomasse.
En parallèle, le projet structure une dynamique collective à l'échelle du territoire : ateliers participatifs de co-conception avec viticulteurs, conseillers et fournisseurs locaux ; visites croisées entre sites expérimentaux et fermes pionnières ; documentation de cas pilotes de viticulteurs engagés dans des pratiques régénératives.
Cette communication présentera la démarche mise en place, les pratiques expérimentées sur les deux parcelles, ainsi que des retours d'expérience de viticulteurs pionniers ayant engagé des pratiques régénératives similaires sur le territoire.
Orateur: Laurence Fontaine (Centre National d'Agroécologie) -
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Soil Vision de Weenat : une solution de suivi de l'humidité du sol basée sur l'IA pour l'agriculture européenne
Face aux enjeux croissants de raréfaction des ressources en eau, la gestion stratégique de l'irrigation agricole s'impose comme une priorité mondiale. L'agriculture représente à elle seule plus de 70 % des prélèvements mondiaux en eau douce (source : AQUASTAT – FAO), et les analyses actuelles indiquent qu'au moins la moitié de cette eau pourrait être utilisée de manière bien plus efficiente. L'optimisation de cette ressource constitue donc non seulement un impératif environnemental, mais aussi un levier fondamental pour la sécurité alimentaire et la stabilité économique.
Le principal défi opérationnel auquel est confrontée l'agriculture moderne réside dans la difficulté d'obtenir des données d'humidité du sol à la fois précises à l'échelle parcellaire et suffisamment exhaustives pour couvrir de vastes territoires. Or, cette information est le fondement de toute gestion efficace de la ressource hydrique. Les outils existants se heurtent invariablement au même arbitrage : précision ou couverture spatiale — rarement les deux simultanément.
C'est précisément ce verrou que Soil Vision de Weenat cherche à lever, grâce à une stratégie de fusion de données multi-sources alimentant un moteur d'intelligence artificielle. Cette approche repose sur quatre piliers complémentaires : un réseau de plus de 40 000 capteurs sol in situ déployés dans des parcelles agricoles de 15 pays différents, une base de données propriétaire de 2 000 échantillons physiques de sol permettant de caractériser les courbes de rétention d’eau, l'intégration d’indicateur de végétation mesurés par satellite ainsi que des données météorologiques spatialisées à la résolution du kilomètre carré.
Le cœur de l'innovation repose sur un modèle d'apprentissage propriétaire, développé sur trois ans de recherche et développement, validé sur plus de 200 parcelles réparties dans 50 fermes pilotes à travers l'Europe. Ce modèle couvre une grande réprésentativité des types de sols et des conditions climatiques rencontrés en France, avec un historique de données s'étendant de 2021 à 2025.
Les applications concrètes sont multiples : optimisation des doses d'irrigation, pilotage efficient de l’irrigation, maîtrise des volumes d’eau consommés et qualification de la santé des sols.
En définitive, Soil Vision propose une approche qui permet aux acteurs agricoles de passer d'une gestion réactive à une conduite proactive et fondée sur la donnée, au service d'une agriculture à la fois plus productive, plus résiliente et plus durable.
Bastet, G. : Estimation des propriétés de rétention en eau des sols à l’aide de fonctions de pédotransfert : développement de nouvelles approches. Sciences du Vivant [q-bio]. Université d’Orléans, 1999, https://hal.inrae.fr/tel-02840907v1
Foster, T., Mieno, T., Brozovi´c, N., 2020. Satellite-based monitoring of irrigation water use: assessing measurement errors and their implications for agricultural water management policy. Water Resour. Res. 56, e2020WR028378 https://doi.org/10.1029/2020WR028378.
Ma, C.; Johansen, K.; McCabe, M.F. Monitoring Irrigation Events and Crop Dynamics Using Sentinel-1 and Sentinel-2 Time Series. Remote Sens. 2022, 14, 1205. https://doi.org/ 10.3390/rs1405
Massari, C., Modanesi, S., Dari, J., Gruber, A., De Lannoy, G.J.M., Girotto, M., QuintanaSeguí, P., LePage, M., Jarlan, L., Zribi, M., Ouaadi, N., Vreugdenhil, M., Zappa, L., Dorigo, W., Wagner, W., Brombacher, J., Pelgrum, H., Jaquot, P., Freeman, V., Volden, E., Fernandez Prieto, D., Tarpanelli, A., Barbetta, S., Brocca, L., 2021. A review of irrigation information retrievals from space and their utility for users. Remote Sens. 13, 4112. https://doi.org/10.3390/rs13204112.Orateur: Dr Emmanuel Buisson (WEENAT) -
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Optimisation du procédé d’extrusion bi-vis pour favoriser la substitution de la tourbe par des fibres de bois.
Contexte
Pour faire face aux différents défis environnementaux et économiques, la filière horticole opère progressivement une transition vers des systèmes de culture hors sol, plus résilients et économes en eau, répondant également à la demande de productions en circuits courts et de végétalisation urbaine. Mais ces systèmes reposent encore massivement sur l’utilisation de tourbe, ressource fossile très peu renouvelable, comme composant majeur des supports de culture, tout particulièrement en raison de ses capacités de rétention en eau et sa biostabilité. Or, la demande de supports de culture horticoles devrait plus que doubler d’ici 2050 (Nguyen et al., 2026), rendant indispensable le développement d’alternatives durables, économiquement viables et performantes, ce qu’aucune solution actuelle ne satisfait pleinement. Parmi les alternatives explorées, les fibres de bois suscitent un intérêt tout particulier des fabricants de supports de culture, mais elles souffrent d’une faible rétention en eau et d’une stabilité biologique plus faible que la tourbe, qui freinent encore leur utilisation à plus grande échelle.
Démarche et méthodes
Dans ce contexte, des essais de défibrage ont été réalisés avec un extrudeur bi-vis haute capacité afin de produire des fibres de bois à partir de plaquettes de pin maritime en utilisant différents profils de vis plus ou moins cisaillants. Les fibres obtenues (Fig. 1) ont ensuite fait l'objet d'analyses granulométriques par analyse d’images dynamiques (Durand et al., 2023), ainsi que de mesures de leurs propriétés de rétention en eau et d’aération (Durand et al., 2024), et de leur biodégradabilité (Durand & Michel, 2026).
Résultats et perspectives
La réduction de la longueur des fibres, induite par des conditions d’extrusion bi-vis plus cisaillantes, s’accompagne d’une augmentation de leur capacité de rétention en eau, atteignant jusqu’à plus de 60 % vol. pour le profil 6C (Fig. 1), une valeur proche de celle de tourbes blondes et nettement supérieure aux 20 à 30 % vol. généralement observés pour les fibres de bois actuellement commercialisées. Elle conduit également à une biodégradabilité accrue (4,5 % de carbone minéralisé pour ce même profil 6C, contre environ 3 % pour les fibres disponibles sur le marché), mettant en évidence des corrélations inverses significatives entre la longueur des fibres et ces deux propriétés.
La morphologie des fibres apparaît ainsi comme un facteur déterminant de leurs performances, à la fois en matière de rétention hydrique et de stabilité biologique. Toutefois, le gain en rétention en eau va de pair avec une plus faible stabilité biologique, ce qui implique de recourir à des procédés complémentaires afin de limiter cette biodégradation.Références bibliographiques
Durand S., Michel J.C., 2026. Changes in physical properties of growing media constituents according to biodegradation. Frontiers in Horticulture 5:1713311. https://doi.org.10.3389/fhort.2026.1713311
Durand S., Fonteno W.C., Michel J.C., 2024. A review and analysis of particle size parameters and their relationships to physical properties of growing media. Soil Science Society of America Journal. https://doi.org/10.1002/saj2.20661
Durand S., Jackson B.E., Fonteno W.C., Michel J.C., 2023. Particle size distribution of growing media constituents using dynamic image analysis: parametrization and comparison to sieving. Soil Science Society of America Journal. https://doi.org/10.1002/saj2.20518
Nguyen V.T.H., Blok C., Barbagli T., Zheng Z., Mondaca-Duarte F., Vandecasteele B., 2026. The growth of growing media market by 2050: demand and availability of raw materials. Frontiers in Horticulture 5:1800056. https://doi.org/10.3389/fhort.2026.1800056Orateur: Jean-Charles MICHEL (staff) -
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Le Label Haie : un label pour préserver les haies
Le Label Haie est en cours de déploiement en France et particulièrement en Pays de La Loire (PDL), depuis 2019. Il constitue un outil innovant pour la préservation des haies et la création de filières locales.
Initié par un collectif de structures et d’agriculteurs œuvrant à la préservation du bocage coordonné par Réseau Haies France, le Label Haie bénéficie de la reconnaissance des Ministères de l’Agriculture, de la Transition écologique, de l’ADEME et de l’Office Français de la Biodiversité.
Réseau Haies France est une association nationale reconnue d’utilité publique et un Organisme National à Vocation Agricole et Rurale (ONVAR). Elle agit pour promouvoir, accompagner et mettre en œuvre des politiques globales de développement de l’arbre et de la haie dans les territoires, afin de répondre aux enjeux de transition agroécologique, de lutte contre l’effondrement de la biodiversité, et de résilience face à la crise climatique. Réseau Haies France est constitué de 9 Réseaux Haies régionaux et regroupe plus de 500 structures, dont plus de 60 au sein de Réseau Haies Pays de la Loire.Contexte
La haie subit une érosion quantitative avec, en moyenne, 23 500 km de haies disparus annuellement entre 2017 et 2021 [1]. Le linéaire de haie qui disparait chaque année est supérieur au linéaire planté. La haie subit aussi une érosion qualitative par une gestion inadaptée et de multiples dégradations. Les écosystèmes bocagers sont en mauvais état écologique : ils ne remplissent plus les services écosystémiques pourtant fortement attendus aujourd'hui.
Objectifs
Grâce à des pratiques durables, on régénère les haies dégradées et vieillissantes et on protège les jeunes haies. Le Label Haie implique de modifier fondamentalement les pratiques de gestion. Ce Label est aujourd’hui reconnu marque de garantie. C’est le seul à garantir une origine tracée, locale et sans sur-exploitation du bois bocager permettant d'ancrer durablement la filière. Ce Label s’adresse aux gestionnaires des haies - les agriculteurs étant les premiers concernés, les distributeurs et les acheteurs de bois bocager et les citoyens – consommateurs.
Le Label Haie dispose de deux cahiers des charges distincts : "Gestion" et "Distribution".
Zoom sur le Cahier des charges "Gestion" :Démarches et méthodes
La certification atteste d'une gestion durable et d'une filière durable, assurant traçabilité et transparence. Un organisme certificateur réalise un audit de terrain des haies sur les exploitations agricoles, tous les deux ans.
- La labellisation peut s’obtenir soit de façon individuelle soit collective.
- Le Label Haie se veut progressif dans l’amélioration des pratiques : les critères sont structurés en 3 paliers étalés sur 10 ans.
Les attendus techniques fondamentaux sont les suivants :
• Des coupes nettes, au plus près du sol (<20 cm) ou du bourrelet de recouvrement
• Un entretien d'emprise non dégradant (sur des brins < 2 cm de diamètre, sur cépée et hauts-jets ; absence de dégradation mécanique au sol, etc.).
• Un prélèvement inférieur à 10% du linéaire de haie / an en fonction du cycle de gestion (~15 ans)Résultats obtenus
Aujourd’hui, le Label Haie compte 1121 gestionnaires labellisés (principalement des agriculteurs) dont 218 en Pays de la Loire représentant 2 500 km de haies. Des filières locales se déploient, via des structures de valorisation du bois et le soutien des collectivités (Syndicat d’Eau Nord-Ouest Mayennais, Communauté de Communes du Pays de Pouzauges...).
Perspectives
Les collectivités s'intéressent de plus en plus au bois-énergie issu d'une ressource locale, gérée durablement. Cela permet le maintien des haies existantes par leur valorisation et de préserver les jeunes haies dont l’implantation a souvent été subventionnée. Nous constatons un nombre croissant d'agriculteurs engagés dans le Label Haie notamment grâce à la valorisation supplémentaire permise par le Bonus Haie de la Politique Agricole Commune (PAC).
Références bibliographiques
- [1] Catherine de MENTHIÈRE Patrick FALCONE Vincent PIVETEAU Xavier ORY (2023), La haie, levier de la planification écologique, Rapport n°22114 du CGAAER, 116p.
- Projet de Recherche & Développement RESP'HAIES - RESilience et Performances des exploitations agricoles grâce aux HAIES (2019-2022) (8 rapports thèmatiques ici : https://reseauhaies.fr/resphaies/)
- Pointereau P. (2019), Focus - Un label pour la haie, Revue Sciences Eaux & Territoires, 30:74-77 https://doi.org/10.3917/set.030.0074
- De nombreuses ressources sur : https://labelhaie.fr/ et sur https://reseauhaies.fr
Orateurs: Laurence GUIBERT (RESEAU HAIES PAYS DE LA LOIRE), Mme Sandrine EMERIAU (Animatrice Régionale de Réseau Haies Pays de la Loire) -
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Usages et leviers de substitution du glyphosate aux Antilles et à La Réunion
Contexte
Dans les DROM, le glyphosate est massivement utilisé et représente entre 30 et 50 % des herbicides vendus et jusqu’à 1 kg/ha/an (3 fois plus que la moyenne nationale). Cette dépendance s’explique par le climat favorisant la croissance des adventices, une raréfaction de la main-d’œuvre et des coûts élevés des alternatives. Pourtant, les risques sur les écosystèmes imposent une transition vers des pratiques plus durables (Tarsiguel et al., 2023).
Démarche et méthodes
Les usages du glyphosate ont été étudiées dans le cadre du projet Territoires Durables , soutenu par le Ministère des Outre-Mer (Le Bellec et al., 2024). Pour ce faire, des enquêtes semi-directives ont été entreprises auprès d’une centaine de producteurs entre 2019 et 2023 afin de documenter les pratiques et les leviers de substitution. En complément, des collectifs d’acteurs des territoires ont été mobilisés pour analyser les pratiques et les alternatives afin d’évaluer leur potentiel de déploiement à travers des scénarios prospectifs.
Résultats obtenus
Les principaux usages actuels du glyphosate visent le désherbage général (bordures de parcelles, chemins, préparation des sols avant culture) et la gestion intra-parcellaire (lutte contre les adventices pendant le cycle cultural, destruction des bananeraies en fin de cycle via la technique du « piquage » ). Son adoption repose sur son efficacité, sa simplicité d’application et son rapport coût-bénéfice, malgré des impacts négatifs largement documentés.
Les leviers de substitution identifiés peuvent être regroupés en quatre catégories de solutions :- mesures préventives :
- Les paillages morts ou vivants (BRF, feuilles de canne, plantes de couverture…) pour étouffer les adventices, tout en améliorant la fertilité des sols (Grange et al., 2024).
- La densification des cultures.
- Les rotations culturales (ex. canne/banane) pour rompre le cycle des adventices spécifiques à la culture.
- Les haies en bordure pour bloquer la propagation des espèces invasives.
- mesures curatives :
- Le désherbage mécanique ou manuel, malgré sa pénibilité et son coût.
- L’éco-pâturage pour gérer l’enherbement tout en diversifiant les revenus (Andrieu et al., 2024).
- Le désherbage thermique bien qu’il soit peu répandu.
- mesures d’optimisation :
- Les aménagements parcellaires pour faciliter la mécanisation.
- L’utilisation d’outils adaptés (débroussailleuses, gyrobroyeurs) pour les zones pentues.
- mesures de gestion de l’interculture :
- La destruction mécanique des bananeraies.
- Le travail du sol (enfouissement des adventices) avant une nouvelle culture.
Perspectives
La réduction du glyphosate se heurte à trois obstacles majeurs : i) les alternatives nécessitent des investissements initiaux élevés, bien que rentables à long terme (diversification des revenus, réduction des intrants), ii) un manque de référentiels techniques et iii) des solutions dont le changement d’échelle locales est difficile (ex. moutons en bananeraie en Guadeloupe). Les ateliers de prospective ont par ailleurs mis en évidence des besoins visant à : i) formaliser un cadre réglementaire clair, ii) développer des plateformes régionales d’échange pour expérimenter les alternatives et iii) favoriser une meilleure coopération entre acteurs (agriculteurs, institutions, filières) pour partager les risques. Ce travail a permis d’imaginer une transition durable des usages à condition de soutenir financièrement et techniquement les producteurs, assurer une réglementation stable et assurer une valorisation économique des pratiques vertueuses. Sans ces leviers, le glyphosate restera dominant, malgré ses impacts avérés.
Références bibliographiques
-Andrieu N., Dorey E., et al. 2024. Introducing sheep for agroecological weed management on banana plantations in Guadeloupe : A co-design process with farmers. Agricultural Systems, 213 : 12 p.
-Grange J., Simon S., et al. 2024. Pratiques alternatives de gestion de l'enherbement dans les systèmes maraîchers de Martinique. Le Lamentin : CIRAD, 124 p.
-Le Bellec F. (coord.), Espinasse F. (coord.), et al. 2024. Rapport final d’exécution du projet Territoires Durables. CIRAD, Montpellier, 127 p. https://publications.cirad.fr/une_notice.php?dk=609671
-Tarsiguel L., Dorey E., et al. 2023. Alternative practices to pesticide use in the Guadeloupe banana belt: Do biophysical constraints limit agroecological transitions? Agricultural Systems, 210 : 11 p.Orateur: Fabrice Le Bellec (Cirad) -
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Gérer l'enherbement des cultures légumières en diversifiant la succession culturale et en mobilisant les carabidés granivores : utopie ou réalité ?
La gestion des adventices constitue un enjeu majeur dans les systèmes maraîchers où la flore adventice, souvent abondante et peu diversifiée, est difficile à maîtriser. La dépendance fonctionnelle des producteurs de légumes aux herbicides pourrait être réduite en affectant négativement le stock édaphique de graines adventices. Dans cette optique, l’effet du niveau de diversification de la succession culturale sur la densité du peuplement adventice et le potentiel de régulation des adventices par les carabidés granivores sont étudiés par le CTIFL dans le cadre du projet SOLAD-FL, soutenu financièrement par le Plan d’Action Stratégique pour l’Anticipation du Retrait des Substances Actives et le Développement d’Alternatives (PARSADA).
Dans ce projet, qui a démarré en 2025, l’évolution du peuplement adventice sur une période de cinq ans est comparée entre trois systèmes de culture se différenciant l’un de l’autre par le niveau de diversification de la succession culturale (système D- : succession peu diversifiée ; système D+ : succession diversifiée ; système D++ : succession très diversifiée). En début de projet, une culture de carotte a été semée afin de caractériser l’état initial du peuplement adventice. Chaque succession culturale a ensuite été mis en œuvre avec un suivi régulier du peuplement adventice. A l’issue des cinq années d’expérimentation, une culture de carotte sera de nouveau mise en place dans chaque système de culture (culture « révélatrice ») et l’état final du peuplement adventice y sera caractérisé. L’effet du niveau de diversification de la succession culturale sur le peuplement adventice sera évalué (i) en comparant son l’état final de ce peuplement entre les trois systèmes de culture étudiés et (ii) en comparant, pour chaque système de culture, son état final à son état initial. En parallèle, le potentiel de régulation biologique par les adventices par les carabidés granivores est étudié (i) à travers des tests de préférences alimentaires en conditions contrôlées, (ii) en étudiant, en conditions semi-contrôlées, les corrélations entre la densité des populations de carabidés granivores et la densité du peuplement adventice, (iii) en caractérisant le bol alimentaire des principaux carabidés retrouvés dans les cultures légumières à l’aide d’outils moléculaires et (iv) en étudiant l’effet des certains facteurs agro-écosystémiques sur le niveau d’activité des carabidés granivores dans les parcelles de culture.
Le peuplement adventice initial de l’expérimentation mise en place est dominé par une présence écrasante de pourpier (80% de la population totale) et une densité très élevée (1065 adventices / m²). La mise en place d’un couvert végétal hivernal permet de réduire la densité de pourpier au printemps suivant, le meilleur effet ayant été obtenu avec du ray-grass d’Italie. Cependant, le bénéfice du couvert végétal est perdu si la culture suivante est forcée avec un petit tunnel. Les tests de préférences alimentaires montrent que les espèces de carabidés Amara aenea, Harpalus tardus et H. affinis sont capables de consommer des graines d’adventices de façon significative (respectivement 16, 15 et 5 graines par jour). A. aenea et H. tardus montrent une nette préférence pour les graines de laiteron (respectivement 67% et 54% du bol alimentaire) quand H. affinis préfère les graines de pâturin (46% du bol alimentaire). Les préférences alimentaires de l’espèce A. aenea sont très ciblées (laiteron, pâturin) tandis que celles d’H. tardus et H. affinis sont plus larges (laiteron, pâturin, chénopode blanc, morelle noire). Enfin, il existe une corrélation significative entre la densité des populations d’A. aenea et la densité du peuplement adventice, mais uniquement lorsque la densité des populations d’A. aena est élevée (15 à 50 individus / m²). Dans ces conditions, l’action d’A. aenea permet de réduire la densité du peuplement adventice de 42% par rapport à un témoin non traité. Néanmoins, cet effet est particulièrement fort sur les espèces préférées par A. aenea (laiteron et pâturin) mais relativement faible sur le pourpier.
Les travaux menés jusqu’à présent seront poursuivis dans les années à venir en s’intéressant d’une part aux facteurs culturaux et environnementaux susceptibles d’influencer l’activité des carabidés granivores dans les parcelles de culture légumières et en approfondissant les connaissances sur leur régime alimentaire à l’aide d’outils moléculaires, et en continuant d’autre part à suivre pas-à-pas le peuplement adventices dans les trois successions culturales étudiées jusqu’à l’évaluation finale dans la culture de carotte révélatrice en 2028.Orateur: Sébastien Picault (CTIFL) -
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I3-4-BIOFERTILIZERS : un projet européen interrégional pour renforcer la chaîne de valeur des biofertilisants en Europe
Cofinancé par l’Union européenne, le projet I3-4-BIOFERTILIZERS vise à promouvoir la coopération interrégionale et à soutenir la mise à l’échelle, la démonstration et la commercialisation de 8 projets d’entreprises spécialisées dans les biofertilisants à travers l’Europe. Le consortium est composé de 18 partenaires (universités, associations, agences de conseil et institutions publiques, entreprises) d’Espagne, de France, d’Italie, de Belgique, du Portugal / des Açores et de Grèce (représentant 12 régions différentes). Cette approche collaborative accélère la création de pratiques agricoles durables, contribuant à une bioéconomie circulaire et faisant progresser les techniques de gestion des sols dans toute l’Europe.
Soutenir la croissance et la compétitivité des petites et moyennes entreprises (PME) est une pierre angulaire du projet. Durant trois ans (2024–2027), le consortium favorise la montée en échelle de huit projets d’entreprises, chacun axé sur le développement de biofertilisants de pointe (y compris des biostimulants), et la mise en œuvre de pratiques agricoles durables. Cette approche globale ne concerne pas seulement les barrières commerciales et techniques existantes, mais vise également à soutenir le secteur vers une plus grande compétitivité et résilience environnementale.
Grâce à un financement en cascade, le projet fournit également un soutien financier à d’autres PME, pour leur permettre de surmonter les obstacles techniques et commerciaux existants (formulation, mise à l’échelle industrielle, efficacité des produits, services associés, etc.). Au total, 25 projets, dont 18 projets individuels et 7 projets collaboratifs (avec 35 PME impliquées), ont été sélectionnés après le lancement de cet appel à projets en 2025 et sont en cours d’implémentation depuis le printemps 2026. En outre, un service de conseil technique, commercial et d’innovation, garantissant la mise en œuvre réussie des projets et favorisant la croissance entrepreneuriale au sein de l’industrie des biofertilisants, a été mis à disposition par le consortium pour les lauréats de l'appel à projet afin de mieux les soutenir.
La coopération interrégionale et l’échange de connaissances sont également au cœur du projet. I3-4-BIOFERTILIZERS facilite le renforcement des capacités (stratégie business, recherche de financements, ...) parmi les parties prenantes de l’écosystème régional, en particulier les PME. En offrant un soutien à la commercialisation, au transfert de connaissances et au partage des meilleures pratiques, le projet permettra de renforcer les capacités d’innovation régionales et favoriser l’adoption de technologies durables de biofertilisation. Ce réseau collaboratif améliorera non seulement l’expertise collective, mais visera également des normes et des pratiques plus cohérentes dans diverses régions européennes.Orateur: Thomas DEFFERIER (VEGEPOLYS VALLEY) -
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Les biostimulants aident ils la production arboricole ?
• Contexte
La filière arboricole française fait face à de nombreux défis. Malgré une progression de l’agriculture biologique, les surfaces de vergers diminuent en raison de l’urbanisation, de la fatigue des sols, des ravageurs émergents et des coûts élevés de production et de main-d’œuvre. Les pratiques actuelles de fertilisation montrent leurs limites et contribuent parfois à la pollution des sols et de l’eau.
Dans ce contexte, il devient nécessaire de développer de nouveaux modèles de production plus durables et moins dépendants des intrants chimiques. Les biofertilisants à base de microorganismes apparaissent comme une piste prometteuse, car ils pourraient améliorer la fertilité des sols, favoriser l’assimilation des nutriments par les plantes, limiter les pollutions et réduire l’empreinte carbone de l’arboriculture. Toutefois, le fonctionnement biologique des sols et les interactions entre microorganismes et vergers restent encore insuffisamment connus et nécessitent davantage de recherches.
• Objectifs
Le projet ARBIOZOME (2021-2024), avait pour objectif d’évaluer l’intérêt agronomique, économique et environnemental de l’utilisation de microorganismes en arboriculture fruitière.
• Démarche et méthodes
Les expérimentations ont été conduites sur trois sites et deux espèces fruitières : la station de la Pugère (Pomme), au CTIFL de la Tapy (Cerise) et au CTIFl de La Morinière (Pomme).
Les produits testés comprenaient des mycorhizes, des rhizobactéries, des champignons bénéfiques, des litières forestières fermentées, ainsi que des consortiums microbiens artisanaux ou développés en laboratoire. Les impacts recherchés étaient multiples : amélioration de l’assimilation de l’azote et du phosphore, augmentation de la rétention en eau, stimulation de la croissance racinaire, meilleure décomposition de la matière organique et renforcement des défenses naturelles des arbres.
Le protocole expérimental reposait sur des dispositifs en blocs randomisés avec témoins et répétitions.
• Résultats obtenus
Des prélèvements réguliers de sol montrent certaines tendances : les modalités Team Mix, Solactiv et P500/501 présentaient des concentrations élevées en ammonium, suggérant une meilleure rétention ou minéralisation de l’azote. À l’inverse, les modalités Derzhé et Référence+ affichaient des teneurs plus élevées en nitrates. Cependant, les analyses statistiques n’ont pas mis en évidence de différences significatives entre les modalités.
L’activité biologique des sols a été évaluée grâce à plusieurs outils. Le test « Tea Bag Index » mesure la vitesse de décomposition de la matière organique via l’enfouissement de sachets de thé, tandis que les tests Bait Lamina permettent d’observer l’activité alimentaire de la faune du sol. Certaines modalités ont montré une activité biologique plus soutenue, mais les résultats demeurent variables selon les années et les sites.
Pour évaluer l’impact sur les arbres, différents indicateurs ont été mesurés : la circonférence des troncs, la longueur de pousses et l’activité photosynthétique. Les analyses foliaires et de rameaux ont permis d’étudier l’assimilation des éléments minéraux et les réserves nutritives des arbres. Là encore, plusieurs modalités semblaient favoriser une meilleure nutrition azotée ou une croissance végétative plus importante, notamment Solactiv et certains traitements à base de litière forestière fermentée mais sans différences significatives.
Enfin, les performances agronomiques ont aussi été suivies au travers des rendements et de la qualité des fruits à la récolte. Les résultats montrent que certaines modalités microbiologiques pouvaient influencer positivement la qualité des fruits ou la régularité de production. Toutefois, les écarts observés restent non significatifs statistiquement.
• Perspectives
Les résultats montrent des tendances encourageantes mais les effets restent fortement dépendants des conditions pédoclimatiques et des produits utilisés. Une plus grande durée de suivis et la mise en place d’essais sur des parcelles avec des conditions de sol plus dégradées permettraient de mieux discriminer l’effet des produits testés. Un nouveau projet a été déposé en ce sens pour poursuivre les travaux à compter de 2027.
• Références bibliographiques
CALVO P., NELSON L., KLOEPPER J.W., 2014. Agricultural uses of plant biostimulants. Plant Soil, 383 : 3–41.DHARGALKAR V., PEREIRA N., 2015. Seaweed : Promising plant of the millennium. Science and Culture, 60-66.
GONCALVES B., MORAIS M.C., SEQUEIRA A., RIBEIRO C., GUEDES F., SILVA A.P., AIRES A., 2020. Quality preservation of sweet cherry cv. “Staccato” by using glycine-betaine or Ascophyllum nodosum. Food Chem., 322 : 322-126713.
SINDHU M.A., CORNFILED A.H., 1967. Comparative effects of varying levels of chlorides and sulfates of sodium, potassium, calcium and magnesium on ammonification during incubation of soil. Plant soil, 27 : 468- 472
Orateur: Aliénor Royer (CTIFL) -
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PLUVALUH - Promouvoir L’Usage et la Valorisation en Agriculture de l’Urine Humaine
Contexte
Le projet PLUVALUH (Promouvoir l’Usage et la Valorisation en Agriculture de l’Urine Humaine) est un projet national impliquant trois territoires que sont l’Ile de France, la métropole Lyonnaise et Angers Loire Métropole découlant lui-même du programme de recherche action OCAPI porté par le laboratoire LEESU (Laboratoire Eau Environnement et Systèmes Urbains) de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (ENPC). Ce projet cours sur la période 2024-2027.
Objectifs
Le projet PLUVALUH vise à créer des filières territoriales de valorisation de l’urine humaine en agriculture en mobilisant des acteurs institutionnels et privés pour structurer de zones de collectes en passant par la logistique et les process de transformation pour un débouché auprès des acteurs agricoles. Sur le territoire d’Angers Loire Métropole, le travail est orienté vers les filières de végétal spécialisé, consommatrices de fertilisants de synthèses et par ailleurs engagées dans des démarches de transition écologiques.
Démarches et méthodes
En partenariat avec les filières végétales et l’association Pole Végétal Loire Maine, des essais agronomiques et de faisabilités techniques sont réalisés en condition producteur chez un maraicher. Les essais agronomiques ont permis de comparer les effets des différents urino-fertilisants par rapport à un témoin producteur en fertilisation minérale sur salade plein champ ou sous abri. Les essais de faisabilité technique conduit en 2026, doivent permettre d’accompagner l’emploi des urino-fertilisants en identifiants les avantages et les inconvénients d’un changement de fertilisation dans les itinéraires culturaux. D’autres pistes d’emploi d’urino-fertilisants comme le compost enrichi par de l’urine est à l’étude pour s’intégrer dans des filières comme l’horticulture ornementale ou l’arboriculture.
Résultats attendus
Les résultats des essais encourageants, intéressent les producteurs et les organisations de producteurs dans une logique de changement de modèle agricole, de diminution de la dépendance aux importations de matières fertilisantes ou de synergies avec les espaces urbains.
Perspectives
Les perspectives et suite du projet PLUVALUH doivent permettre d’embarquer les producteurs dans un changement de fertilisation dès que les structurations de filières territoriales seront opérationnelles et avec des volumes conséquents et récurrents. D’autres projets sont en construction pour poursuivre ces travaux engagés.
Orateur: Guillaume JOUANNEAU (Chambre d'agriculture des pays de la loire)
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Diversité végétale, innovation variétale et diversification: Conservation et valorisation des ressources génétiques végétalesPrésidents de session: José Quero garcia, Philippe GALLOIS (iteipmai)
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BRC4Plants : un acteur incontournable du réseau français pour la préservation et la valorisation de la biodiversité végétale
Le réseau BRC4Plants fait partie de l'organisation française pour la conservation et l’utilisation durable des ressources génétiques d’espèces cultivées et d’apparentées sauvages, qui fédère une grande diversité d’acteurs (associations, entreprises, collectivités, organismes de recherche…), et dont la coordination est placée sous l’autorité du ministère chargé de l’agriculture.
Créé officiellement en 2015, BRC4Plants regroupe aujourd’hui 21 centres de ressources biologiques végétales (CRB) ainsi que le centre national de ressources génomiques végétales (CNRGV), représentant ainsi 85 collections dédiées à la conservation des principales plantes cultivées et de plantes modèles pour la recherche.
Figure : localisation des CRB de BRC4PlantsIl est un des cinq piliers de l'infrastructure nationale de recherche RARe (réseau français des centres de ressources biologiques pour la recherche en biologie, agronomie et environnement), infrastructure portée par INRAE, le CIRAD, l’IRD et l’Institut Pasteur. Il s’inscrit dans la Feuille de route nationale du Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (MESRI) dont la mission est de sécuriser, documenter et distribuer les ressources biologiques pour la recherche dans ces domaines.
Les CRB de BRC4Plants gèrent des collections très diversifiées en termes de pays d’origine, de phénotypes, de diversité génétique avec des variétés anciennes, des espèces d’apparentées sauvages mais aussi du matériel dérivé des programmes de recherche.
Au total, ce sont plus de 200 000 accessions qui sont conservées sous différentes formes biologiques (graines, plantes entières, tissus végétaux, etc.) et selon des modalités adaptées (culture en serre insect-proof, cryoconservation, etc.) pour limiter les risques de perte face aux risques sanitaires et environnementaux. Les CRB assurent la préservation de l’identité, de la viabilité et de l’intégrité́ génétique des ressources qu’ils maintiennent en collection. Ils participent à leur caractérisation, garantissent leur diffusion et le partage des informations associées notamment au travers du portail Florilège .
La totalité de ces CRB ont une démarche qualité et la très grande majorité d’entre eux sont certifiés ISO 9001 :2015. L’exigence de qualité et l’expertise existant au sein du réseau permettent à BRC4Plants d’être un partenaire majeur des projets de recherche-développement traitant des grands défis actuels pour l’agriculture et l’alimentation que sont la transition agroécologique, l’adaptation au changement climatique ou l’approche «One Health».Orateur: Isabelle Bonnin (INRAE) -
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Les réseaux européens EVA d’évaluation des ressources phytogénétiques : focus sur les légumineuses
Le réseau d’évaluation des ressources phytogénétiques pour l’agriculture et l’alimentation EVA de l’ECPGR est un projet européen visant à améliorer l’utilisation de la diversité génétique dans les programmes de sélection variétale par la mise en œuvre, dans chaque groupe d’espèces, de réseaux public-privés auxquels participent différents partenaires.
Parmi les six réseaux existants, l’un est consacré aux légumineuses. Quelles espèces sont concernées ? Qui est impliqué ? Quelles sont les activités menées par ces acteurs ?Orateur: charles-henry duval -
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Structurer, soutenir et rendre visibles les ressources phytogénétiques en France : une démarche en action
La France développe une démarche coordonnée pour structurer, reconnaître et valoriser la conservation des ressources phytogénétiques. Elle s’appuie sur l’animation d’un réseau d’acteurs et le soutien aux initiatives, ainsi que sur des travaux de reconnaissance des gestionnaires et d’identification des ressources contribuant à la Collection Nationale, portés par la section dédiée du CTPS. Elle se traduit aussi par le développement d’outils communs, dont le portail PreserV, visant à améliorer l’accès à l’information et la lisibilité du dispositif.
Orateur: Audrey Didier (GEVES) -
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Leçons à tirer pour le maraîchage de la controverse "Quelles semences pour la transition agroécologique ?" au Cirad
Contexte - Avec l'engagement agroécologique institutionnel du Cirad, le statut, le rôle, et les recherches liées aux semences ont pris une place centrale dans la stratégie des acteurs des filières végétales. La grande diversité d'espèces et de variétés de la filière maraîchère accentue la réflexion, stimulée par les attentes d’une grande diversité de producteurs et la pression des industriels.
Objectifs - Une étude a été réalisée au Cirad visant à expliciter la diversité des positionnements des scientifiques vis à vis des semences en lien avec la transition agroécologique qu'ils mettent en oeuvre, quelle que soit l'espèce végétale, la discipline scientifique ou le site géographique de leurs travaux. Plus particulièrement, les cultures maraîchères proposent-elles des positionnements spécifiques dont il faudrait tenir compte dans les démarches de recherche et de partenariat du Cirad ?
Démarche et méthodes - Une démarche de controverse a été mise en oeuvre, basée sur une étude bibliographique de la question "Quelles semences pour la TAE ?", et sur une série d'interviews ciblés (21), donnant lieu à une typologie de positionnements. Un questionnaire d'enquête a été élaboré à partir de cette typologie, destiné à l'ensemble des cadres de recherche du Cirad. La présentation et l'analyse des résultats de cette enquête ont fait l'objet d'un atelier-débat interne, effectué en ligne (93) afin de faciliter la participation les agents en mobilité.
Résultats – Quatre positionnements théoriques ont été définis qui lient systèmes semenciers et agroécologie, autour desquels des caractéristiques scientifiques, socio-culturelles et éthiques ont été rattachées : POS1- Le système formel comme moteur de l’agroécologie ; POS2- La recherche d’une réformation du système semencier formel en reconnaissance des critiques ; POS3- Le développement de systèmes semenciers hybrides, diversifiés et ancrés localement ; POS4- Pour une souveraineté semencière paysanne et une rupture avec le système formel dominant. Le croisement de cette typologie avec la réalité des activités de recherche au Cirad a montré une distribution autour de ces 4 positionnements avec une majorité globale autour du POS3 mais surtout des passerelles entre 2 ou même 3 positionnements. Lors du débat, aucun positionnement « pur » n’était adopté, même si les chercheurs en génétique et sélection étaient plus proches des POS1 et POS2, tandis que les chercheurs en sciences humaines et sociales étaient plus proches des POS3 et POS4. Dans tous les cas, les positionnements individuels tiennent compte des contextes des travaux de recherche, les systèmes de production en particulier. Les cultures maraîchères, qui font l’objet d’études en partenariat au Cirad, répondent en majorité aux attentes et enjeux des exploitations familiales de petite taille. Elles font essentiellement appel à la biodiversité et à la gestion agroécologique de la fertilité du sol et des bioagresseurs, en considérant les interactions entre plantes cultivées (génétique) et environnement biotique et abiotique. Le degré de prise en compte des savoir-faire locaux s’est avéré une des caractéristiques déterminantes du positionnement des chercheurs : plus faible en monoculture et cultures d’exportation, plus fort en polyculture vivrière.
Perspectives – Cette étude a eu le mérite de révéler la place de la semence dans la stratégie de TAE du Cirad, et d’objectiver scientifiquement les positionnements controversés des chercheurs du Cirad. Elle se poursuivra par une note de positionnement et sans doute par un comparatif avec d’autres institutions de recherche ou de formation pour envisager ce qui serait générique aux espèces légumières ou spécifique aux contextes Sud.Orateur: Rémi Kahane (CIRAD) -
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Développement d’une filière de superfruits en région Centre-Val de Loire
Construit à partir de la volonté des producteurs horticulteurs et pépiniéristes de se diversifier, le Partenariat Européen pour l’Innovation (PEI) Aronia s’est déroulé sur la période 2017-2021 en région Centre-Val de Loire, porté par le Comité de Développement Horticole de la Région Centre-Val de Loire (CDHR).
L’objectif était d’étudier la faisabilité de la construction d’une filière bio « petits fruits » à fort potentiel nutritionnel en région Centre-Val de Loire. 10 partenaires ont ainsi collaboré dans ce projet : 3 producteurs, 4 transformateurs, et 3 structures institutionnelles régionales. Grâce à ces partenaires, l’ensemble de la chaîne de valeur était représenté, de la production à la transformation / vente. De plus, la valorisation des co-produits a également été étudiée.
L’Aronia était l’espèce pilote pour l’étude de faisabilité, ainsi que quelques autres espèces de petits fruits, peu connus sur le territoire français (amélanches, argouses, …). Adossé à ce PEI, un projet régional visait à réaliser un screening variétal des espèces et variétés les plus pertinentes à implanter sur le territoire, d’un point de vue phénologique, biologique et organoleptique.
Des parcelles expérimentales ont ainsi été mises en place chez les producteurs partenaires volontaires en bio pour évaluer la capacité de production, la mécanisation de la récolte et conservation des récoltes. Les transformateurs ont mis au point des recettes alimentaires pour valoriser les produits (confiture, jus de fruits, pâtisseries). Les partenaires institutionnels ont accompagné le projet, apportant leur contribution avec du conseil, de l’animation et la communication autour du projet.
A l’issue du projet, une entreprise sous la forme d’une SAS Superfruits Loire Valley a vu le jour, regroupant les différents producteurs pour valoriser leurs fruits. L’aronia ayant été validé techniquement, de nouvelles parcelles ont été implantées chez les producteurs de la SAS Superfruits Loire Valley.
D’autres travaux, notamment dans le cadre du projet CASDAR FILFRUI « Supers fruits résilients, de la pépinière à la barquette », également porté par le CDHR, qui vise à co-construire des références techniques entre producteurs et expérimentateurs pour bâtir des systèmes de cultures de petits fruits résilients face aux impacts du changement climatique sur cassis, myrtilles et aronia. Les expérimentations sont menées sur les impacts des gels tardifs et les stress hydriques pendant l’été. Les producteurs de la SAS Superfruits Loire Valley sont associés à ce projet pour les mises en place à grande échelle. L’INRAe et le RITTMO sont également associés pour comprendre les mécanismes en jeu lors des phénomènes climatiques.
Orateur: Mme Coralie PETITJEAN
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Santé des plantes et de l'environnement, interactions plantes-bioagresseurs: Mécanismes de défense des plantes, de virulence des pathogènes et d'action du biocontrôlePrésidents de session: Alain Ferre (ASTREDHOR), Benjamin CARBONNE (staff)
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Santé des plantes et de l'environnement, interactions plantes-bioagresseurs: Protection intégrée des cultures fruitières et maraîchères : combiner les leviers
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Technologies pour l'étude et la conduite des plantes: Robotique, agroéquipements et déploiement des innovationsPrésidents de session: David Rousseau (Université d'Angers), Marine Louargant (CTIFL)
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ADHEMAR - Anticiper la Disparition d’Herbicides en cultures de plantes Médicinales, Aromatiques et à Parfum
Le projet ADHEMAR (2025-2029), a pour ambition d’accompagner les producteurs de PPAM dans la transition vers des solutions alternatives de gestion des adventices. Face au retrait progressif de nombreuses matières actives herbicides, le projet vise à tester et évaluer des outils innovants, efficaces et économiquement viables afin de réduire la dépendance aux herbicides de synthèse et sécuriser durablement les systèmes de production. Les 13 partenaires du projet associent instituts techniques, chambres d’agriculture, entreprises innovantes, constructeurs et établissements d’enseignement agricole. Cette dynamique collective permet de coconcevoir et tester des solutions adaptées à la diversité des cultures et des itinéraires techniques des filières PPAM. Le projet combine le développement, le test et l’évaluation d’agroéquipements innovants avec l’évaluation de leviers agronomiques alternatifs afin de proposer des stratégies de désherbage adaptées aux productions de PPAM.
Ce projet vise notamment dans une de ses actions, à évaluer et déployer des agroéquipements innovants et performants pour la gestion des adventices dans les PPAM avec plusieurs objectifs complémentaires :
- Identifier et actualiser les solutions existantes en matière d’agroéquipements innovants (mécaniques, robotiques, laser), adaptées ou adaptables aux cultures de PPAM. En 2025, 4 essais d’équipements dont le FarmDroid® et le FarmingGT®, ont été réalisés sur 19 cultures différentes, incluant des cultures semées et plantées.
- Développer des technologies de reconnaissance des plantes (cultures et adventices), grâce notamment au partenaire Telespazio, via des travaux basés sur l’imagerie et l’intelligence artificielle, permettant en particulier la cartographie du séneçon en cultures de PPAM
- Évaluer les performances des équipements selon une approche multicritère intégrant des dimensions techniques, économiques, sociales et environnementales
- Adapter, concevoir et améliorer des outils mécaniques et robotiques, en lien étroit avec les besoins du terrain, notamment avec le partenaire ELATEC pour le développement d’une planteuse et d’une bineuse GPS mais également avec l’association Communs Paysans à travers un stage de traque à l’innovation des équipement auto-conçus.L’enjeu de cette action du projet est de produire des références technico-économiques sur les agroéquipements testés sur différentes cultures du spectre des PPAM en France sous la forme de fiches techniques. Les modèles et cartographies développés par Telespazio pourront permettre aux producteurs de suivre et d’agir de manière plus précise sur les séneçons présents sur les parcelles. Il existe une attente particulière sur cette thématique car le séneçon reste l’adventice la plus problématiques dans les productions de PPAM quant à sa production d’alcaloïdes pyrrolizidiniques qui sont responsable d’invalidation de lots. Enfin, le développement de matériels directement adaptés aux cultures de PPAM avec le constructeur ELATEC permettra aux producteurs de nouvelles méthodes de gestion des adventices au sein d’une filière avec peu d’options adaptées disponibles. Pour 2026, de nombreuses perspectives sont attendues avec la continuité des expérimentations de solutions robotiques (FarmDroid, Caterra, FarmingGT) mais également le commencement des essais au champs pour le matériel conçu par l’entreprise ELATEC. Des journées de démonstrations sont prévues cette année ainsi qu’un évènement co-réalisé avec le partenaire RobAgri afin de lancer un appel à projet pour le développement d’un matériel de gestion des adventices adapté aux productions PPAM. La publication prochaine de fiches de synthèse des équipements robotiques testés permettra de contribuer au déploiement de ces solutions dans la filière.
BIBLIOGRAPHIE
Ciaghi, G., & Bellenot, D. (2022). Évaluation technico-économique de l’impact de la disparition des herbicides pour les productions des PPAM au regard des nouvelles exigences réglementaires sur les alcaloïdes. FranceAgriMer, coll. Les Etudes.
Li, N., Zhang, X., Zhang, C., Ge, L., He, Y., & Wu, X. (2019). Review of Machine-Vision-Based Plant Detection Technologies for Robotic Weeding. 2019 IEEE International Conference on Robotics and Biomimetics (ROBIO), 2370-2377.
Munier-Jolain N., Deytieux V., Guillemin JP., Granger S., Gaba S. (2008). Conception et évaluation multicritères de prototypes de systèmes de culture dans le cadre de la protection intégrée contre la flore adventice en grandes cultures. Innovations Agronomiques, INRA, n° 3, p.75-88.
Van Der Weide RY, Bleeker PO, Achten Vtjm, Lotz lap, Fogelberg F, Melander B. (2008). Innovation in mechanical weed control in crop rows. Weed Research 48, p. 215–224.Orateur: M. Camille Bortoli (Iteipmai) -
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Évaluation de solution de pulvérisation ultra-localisée pour le désherbage des cultures légumières
Contexte
Les agroéquipements innovants tels que les solutions de pulvérisation localisée présentent un potentiel pour, d’une part, réduire les quantités de produits appliqués pour les substances actives sans alternative, et d’autre part, pour faciliter le déploiement de l’utilisation de produits de biocontrôle en réduisant leur coût d’application ou en améliorant leur performance. Dans le cadre du projet SOLAD-FL, projet PARSADA qui vise à anticiper le potentiel retrait européen de substances actives, des essais ont été mis en place afin d’évaluer les performances d’une solution de pulvérisation ultra-localisée, le ARA d’Ecorobotix, sur des cultures de carottes, poireaux et oignons.
Objectifs
Les essais menés dans ce projet ont pour objectifs de :
- Évaluer les performances de la solution ARA d’Ecorobotix sur cultures légumières
- Adapter la solution et les itinéraires techniques à de nouvelles cultures
- Évaluer la qualité d’application de ces équipements censés réduire la dériveDémarche et méthodes
Le ARA est un pulvérisateur de 6 mètres de large, permettant la pulvérisation ultra-localisée de produits phytosanitaires sur des surfaces au sol de 6x6 cm. Le ARA est équipé de caméras 3D et RGB, couplées à des modèles d’IA de reconnaissance de cultures et d’adventices, ce qui lui permet de cibler la pulvérisation uniquement sur les adventices. Les modèles de reconnaissance ont été entrainés et validés sur diverses cultures, dont la carotte. De nouvelles cultures, comme le poireau, sont en cours de tests.
Les essais ont été menés sur cultures de carotte et de poireau, chez un producteur situé dans les Hauts-de-France. Le dispositif était composé de 5 modalités comportant différentes combinaisons de produits et concentrations, répétées 3 fois, ainsi que d’un témoin non traité. Les modalités étaient les suivantes : un itinéraire de référence producteur avec un pulvérisateur « en plein » ; un itinéraire sans traitement post-semi ou post-plantation avec des rattrapages en pulvérisation ultra-localisée ; 2 itinéraires avec un traitement conventionnel et des rattrapages au pulvérisateur ultra-localisé ; et un itinéraire avec une pulvérisation ultra-localisée de produit de biocontrôle.
Plusieurs données sur le terrain ont été suivies afin d’évaluer l’impact de cette solution sur la culture et les adventices : densité de la culture sur 1 mètre linéaire, identification et comptage des adventices, surface de recouvrement des adventices, sélectivité et efficacité des traitements selon échelle EWRS, données finales de récolte (poids, calibre, nombre). De plus, les quantités de produits utilisées ont été mesurées et une réduction des quantités de produits a été calculée en comparaison à l’itinéraire technique de référence.Résultats obtenus
La première année d’essais a montré une réduction de quantité de produit phytosanitaire pulvérisé allant de 16 à 84% en poireau et de 30 à 60% en carotte en fonction des différentes modalités. Selon les modalités, entre 80 à 95% des adventices ont été détruites, par rapport à un témoin non traité. Les espèces majoritairement observées étaient des graminées, des ammi élevés, des morelles et des chénopodes. La sélectivité s’est montrée élevée (aucun symptôme observé sur la culture), bien que le pulvérisateur ultra-localisé ait été paramétré sans zone de protection autour de la culture. Concernant la récolte, des pertes significatives ont été observées pour les modalités sans traitement post-semis sur carotte (93t/ha vs. 43t/ha) ou post-plantation sur poireau (55,5 t/ha vs. 49,4 t/ha). Pour les autres modalités, les essais ont montré une réduction des quantités de produits sans réduire le rendement, voire dans certains cas en l’augmentant légèrement.
Perspectives
Les premières campagnes de tests ont permis des retours d’expérience montrant un fort intérêt de cette technologie : opportunité d’utiliser des produits peu sélectifs, phytotoxicité diminuée observée, possibilité de désherber de façon anticipée, gain de rendement dans certains cas.
En 2026, ces essais seront reconduits sur poireau et carotte avec d’autres itinéraires. En particulier un itinéraire 100% biocontrôle sera testé. Des essais complémentaires seront menés pour mesurer la qualité d’application sur les cibles visées, ainsi que la réduction de dérive obtenue avec cette solution.Orateur: M. Florian JEAUMART (CTIFL) -
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Évaluation de méthodes de désherbage robotisé, mécanique et chimique dans des vergers de pommiers adultes
Résumé
La gestion des adventices est une opération culturale essentielle qui permet de limiter la concurrence pour les ressources du sol. Au cours des dernières années, le développement de robots de désherbage automatisés a révélé le potentiel de la mécanisation de cette opération, ainsi que son efficacité, tout en réduisant l'impact environnemental et l'utilisation d'herbicides.
Dans le cadre du projet européen GOOD, une première étude expérimentale a été menée en 2024 dans des vergers de pommiers au centre CTIFL de Lanxade, en France. L'objectif de cet essai était d'évaluer la performance d'un robot de tonte autonome et d'étudier son efficacité ainsi que son adaptation aux conditions de production réelles d'un verger de pommiers.
En 2025, une deuxième étude expérimentale a été réalisée afin d’évaluer l’efficacité des stratégies de gestion des adventices sur le rang dans un verger de pommiers. Pour ce faire, différentes méthodes de désherbage ont été comparées : un désherbage chimique à l'aide d'herbicides, un désherbage mécanique à l'aide d'outils tractés, ainsi qu'un désherbage utilisant une nouvelle technologie robotisée et autonome, avec deux fréquences de tonte différentes.
Les valeurs moyennes de la hauteur d’enherbement pour les différentes mesures effectuées entre mai et septembre 2025 montrent que le désherbage avec un robot de tonte, réalisé avec des passages fréquents, a permis d'obtenir les hauteurs d’herbe les plus faibles durant l’essai, à l'instar de la méthode chimique. Les nouvelles technologies de désherbage autonome et robotisé semblent alors prometteuses en arboriculture. Cependant, le coût de désherbage est plus onéreux comparé aux stratégies conventionnelles chimiques ou mécaniques. Le développement technologique continu est donc essentiel pour favoriser l’adaptation de ces solutions aux conditions du verger et de répondre aux enjeux économiques et techniques, afin de faciliter leur adoption par les producteurs.
En 2026, une nouvelle étude expérimentale est réalisée pour analyser l’efficacité de nouveaux robots de désherbage autonomes en comparaison avec des stratégies de gestion conventionnelles. L'analyse comparative des différentes modalités de désherbage permettra d'évaluer les performances techniques, agronomiques et économiques de ces stratégies.Orateur: Diana NACOUZI (Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes) -
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Usages et freins à l’adoption des technologies numériques en agriculture dans l’Union Européenne dans le cadre du projet 4Growth
Titre : Usages et freins à l’adoption des technologies numériques en agriculture dans l’Union Européenne dans le cadre du projet 4Growth
Contexte
Dans les secteurs de l’agriculture et de la foresterie, les technologies numériques et les solutions basées sur les données apparaissent comme des leviers majeurs de transformation vers plus de durabilité, de performance économique et d’amélioration des conditions de travail. Toutefois, malgré un intérêt largement reconnu, les connaissances sur leur diffusion réelle et leurs impacts restent fragmentées. Les analyses existantes sont souvent limitées à un pays, une filière ou une technologie spécifique, et il n’existe pas aujourd’hui d’observatoire européen capable de fournir une vision actualisée et transversale de ces dynamiques d’adoption. Ce manque d’information freine l’identification des leviers d’accélération et la mise à l’échelle des solutions numériques. Le projet 4Growth vise à combler ces lacunes, en dressant un état des lieux du secteur, et en projetant son évolution future.Objectifs
L’étude conduite vise à répondre à deux questions : Comment se caractérisent les usages du numérique en agriculture en Europe ? Quelles sont les barrières contraignant l’adoption de ces technologies ?Démarche et méthodes
Pour répondre à cette question, une enquête a été diffusée entre septembre 2024 et mai 2026, à travers 3 vagues de diffusion successives visant des acteurs de la filière agricole et forestière. Les questions posées se concentrent sur leur profil, leur niveau d’adoption de différentes technologies, la gestion de leurs données et les freins à l’adoption. Cette enquête a été diffusée par 8 observatoires répartis dans 8 pays de l’Union Européenne (France, Espagne, Pays-Bas, Grèce, Belgique, Lituanie, Finlande, Hongrie), profitant des réseaux et contacts de chaque observatoire pour diffuser le questionnaire. Il s’agit donc d’un échantillonnage non probabiliste de convenance, avec effet boule de neige. Cette méthode de diffusion peut introduire des biais de représentativité qui seront vérifiés. Au total, 1750 répondants ont fourni une réponse valide (plus de 50% des questions répondues). Parmi ces répondants, 790 sont des producteurs agriculteurs. Les résultats de l’enquête vont être analysées via une analyse des correspondances multiples, qui permettra de caractériser des profils types de répondants au sein de l’échantillon de producteurs étudié. Aussi, des tests du Chi² vont être effectués afin d’évaluer les corrélations entre les caractéristiques des répondants et leur niveau d’intégration de technologies numériques.Premiers résultats obtenus et attendus
Les premiers résultats de l’Analyse des Correspondances Multiples mettent en évidence une structuration différenciée des usages numériques selon les catégories de production des répondants, leur taille et leur localisation géographique. La taille de l’exploitation structure majoritairement la première dimension, tandis que les dimensions 2 et 3 sont expliquées par le contexte national et le système de production. Les prochaines analyses permettront d’identifier des profils types de producteurs selon leur niveau d’intégration des technologies numériques et de mieux comprendre les facteurs associés à leur adoption. Les tests du Chi² compléteront ces résultats en évaluant les relations entre caractéristiques des répondants et usages numériques.Perspectives
Le projet 4Growth vise à documenter l’état actuel et l’évolution future des usages numériques, en diffusant les connaissances via une plateforme de visualisation, et en collectant des données de terrain afin d’identifier les facteurs clés et les contraintes d’adoption. En parallèle, un outil de suivi et de prévision du marché des technologies numériques est développé dans le cadre du projet. Le projet vise à produire des recommandations de politiques publiques et des guides de bonnes pratiques pour les acteurs des chaînes de valeur, afin de favoriser l’adoption et l’intégration des technologies numériques dans les systèmes agricoles et forestiers européens.Références bibliographiques
Barnes, A. P.; Soto, I.; Eory, V.; Beck, B.; Balafoutis, A.; Sánchez, B.; Vangeyte, J.; Fountas, S.; van der Wal, T.; Gómez-Barbero, M. Exploring the Adoption of Precision Agricultural Technologies: A Cross Regional Study of EU Farmers. Land Use Policy 2019, 80, 163–174.Vecchio, Y.; De Rosa, M.; Adinolfi, F.; Bartoli, L.; Masi, M. Adoption of Precision Farming Tools: A Context-Related Analysis. Land Use Policy 2020, 94, 104481.
Lachia, N.; Pichon, L.; Tisseyre, B. A Collective Framework to Assess the Adoption of Precision Agriculture in France: Description and Preliminary Results after Two Years. In Precision agriculture ’19; Wageningen Academic, 2019; pp 851–857.
Orateur: Antoine Régnier (CTIFL) -
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Agroboscope : lancement d’un appel à candidature pour des tests d’intégration de robots dans les exploitations agricoles françaises en vue de constituer un référentiel de la robotique agricole
Le projet Agroboscope, coordonné par le CTIFL, a été lancé en janvier 2026 dans le cadre du Grand Défi Robotique Agricole coordonné par Robagri. Il vise à tester et évaluer les performances de solutions robotiques, au travers d’essais (en stations expérimentales et exploitations agricoles), en vue d’alimenter un référentiel national. Celui-ci apportera des informations objectivées pour aider les agriculteurs à choisir les solutions robotiques les plus pertinentes au regard de leur situation propre.
Le projet repose sur 2 piliers :
- La structuration d’un réseau d’infrastructures de tests pour évaluer les solutions robotiques. L'objectif est d’aboutir à la mise en place d’une offre de services à destination des constructeurs et utilisateurs pour tester et évaluer les solutions pour favoriser le développement de la robotique agricole
- L'évaluation des performances des solutions robotisées via des essais standardisés et des essais sur parcelles en stations expérimentales et en exploitations agricoles.
Dans le cadre de cette évaluation des performances, le projet proposera une enveloppe financière à une sélection d’agriculteurs pour tester des robots au sein même de leur exploitation sur une période donnée. VEGEPOLYS VALLEY est en charge du pilotage de cette action. L’objectif sera de capitaliser sur ces retours d’expériences et de proposer un référentiel « vu du terrain », précisant la manière et la facilité dont les producteurs ont pu s’approprier les solutions testées, dans l’objectif de faciliter la dissémination de pratiques nouvelles. Une attention particulière sera apportée à sélectionner les bénéficiaires de sorte à représenter différentes solutions robotiques, différents systèmes et types d’exploitations agricoles, ainsi que différents territoires et cas d’usage.
Dans le cadre de ce dispositif, les agriculteurs devront s’entourer a minima de deux acteurs partenaires :
- L’un avec la compétence robotique (constructeur, concessionnaire à même de mettre à disposition un robot et d’accompagner la prise en main du robot et de conseiller techniquement sur le fonctionnement de la machine)
- L’autre avec la compétence agronomie / expérimentation (type conseiller agricole) qui pourra l’accompagner dans le suivi des protocoles et pour récolter les données nécessaires pour renseigner les indicateurs de performances suivis dans le cadre du référentiel.
Ce dispositif sera construit sur la base d’enquêtes qualitatives menées auprès d’une sélection d’acteurs correspondant aux 3 catégories d’acteurs visés (acteur robotique, acteur agronomie – expérimentation, agriculteurs) et de trois « pré-tests » qui seront en finalisation au moment des Rencontres du végétal.
L’objectif de cette flash présentation sera de présenter, vraisemblablement en avant-première, ce dispositif d’appel à candidature pour les tests en exploitation agricole, prévu pour un lancement fin 2026 pour des tests en 2027, 2028 et 2029. Celui-ci pourra effectivement intéresser les participants aux Rencontres du végétal car il porte sur l’ensemble des productions végétales, avec toutefois une prédominance de solutions commerciales dans les filières viticoles et maraîchage.
Par ailleurs, suite à l’avancée du projet et la consolidation de premiers résultats, une présentation détaillée plus longue pourra être proposée aux prochaines éditions des Rencontres du végétal.Orateur: Emeline DEFOSSEZ (VEGEPOLYS VALLEY)
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75
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10:30
Café
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Table ronde
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Clôture
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12:30
Déjeuner
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Visite technique
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