Orateurs
Description
Depuis les années 1930, la filière lavandicole française est impactée par un ravageur la cécidomyie du lavandin (Resseliella lavandulae, Barnes 1953), dont le cycle biologique complet s’accomplit dans les lavanderaies [1-2]. La cécidomyie de la lavande et du lavandin est un insecte diptère volant. Les adultes sont actifs en hiver et viennent pondre leurs œufs sous l’écorce des plantes. Les larves, en se développant, provoquent une diminution de la circulation de la sève jusqu’à son arrêt complet, engendrant le dessèchement et la mortalité des rameaux. D’année en année, des plants entiers meurent [3-5]. Son expansion a vite été inquiétante, mais relativement rapidement maîtrisée par plusieurs générations d’insecticides dès la fin des années 1950. Avec le retrait progressif des insecticides efficaces, les attaques de cécidomyies sont redevenues problématiques dans les lavanderaies. A ce jour, les solutions autorisées ne permettent plus de contrôler ce ravageur. La pérennité même de ces cultures est en questionnement.
Face à l’impasse technique actuelle, le projet de recherche Casdar Connaissance CECILAV a débuté en octobre 2024 dans l’objectif d’approfondir la compréhension de la biologie de l’insecte, de déterminer l’influence de facteurs variétaux, environnementaux et des pratiques culturales sur le cycle du ravageur mais également l’existence d’ennemis naturels potentiels.
L’étude du cycle de l’insecte permettra de comprendre comment et quand les adultes émergent du sol et de définir où se localise la ponte dans la plante, la fréquence et les critères de choix de l’insecte (type d’écorce, hauteur de ponte). Pour cela, une parcelle de lavandin Grosso plantée en 2018 et équipée d’une station météorologique a été le support de l’étude en 2025 et se poursuivra en 2026. Afin de suivre le développement des cécidomyies de la ponte au développement des nécroses, des arrachages de plants ont été effectués tous les 15 jours du mois de février au mois de juin. Le retour au sol des larves et le passage au stade pupe a été évalué via des prélèvements de sol à plusieurs distances du collet (0-5, 5-10,10-15,15-20cm). Les premiers résultats montrent que les femelles de cécidomyie pondent en insérant leur ovipositeur sous le rhytidome au niveau d’une anfractuosité, entre la surface de la terre et les premières ramifications du lavandin. Quatre stades larvaires se succèdent dans le plant de février à juin dont 70% des larves redescendent entre fin avril et fin mai. Le passage d’un stade à un autre semble être fortement influencé par les conditions d’humidité. L’échantillonnage des cocons dans le sol montre que les cocons se trouvent à une profondeur de 0 à 4 cm et majoritairement dans les 5 premiers cm autour du collet. Ainsi, certains stades et périodes du cycle de la cécidomyie seraient davantage vulnérables.
Pour déterminer l’impact des facteurs variétaux une étude histologique est conduite par le CIRAD. Une première campagne de collecte de rameaux de lavandin (Grosso et Sumian) infectés et non infectés a été conduite en 2025. Des premiers tests de colorations ont été effectués (FASGA, DMACA, réactif de Neu, Yellow fluorol/fuchsine basique, Yellow fluorol/bleu d’aniline) ainsi que de l’imagerie spectrale et la microtomographie. L’analyse des images obtenues sera réalisée en 2026 ainsi qu’une deuxième campagne de collecte de rameux.
L’étude des pratiques culturale a débuté par le recensement des pratiques des producteurs à travers une enquête effectuée en 2025. 73 réponses exploitables ont pu être recueillies. Des corrélations ont été recherchées entre les différentes variables caractérisant les dégâts et les pratiques, afin d’identifier de potentiels facteurs impactant la sévérité des attaques. L’analyse de ces derniers montre que certaines pratiques culturales peuvent avoir une influence sur la présence de dégâts (effet favorable des rotations, des couverts végétaux sur la gestion du ravageur et défavorable lors de binages intenses, ou de réglages inadaptés de matériels pouvant favoriser la ponte et les dégâts de cécidomyies). L’approfondissement de ces observations est fait via la constitution et le suivi de 20 parcelles présentant des pratiques agricoles très différentes. Ce panel permettra à partir de 2026 d’identifier les interactions entre le ravageur, les ennemis naturels et les pratiques culturales. Les travaux initiés en 2025 seront poursuivis lors de la prochaine campagne afin d’objectiver les premières tendances obtenues, sur l’impact des pratiques culturales (binage, couvert…), des variétés et l’identification des ennemis naturels.
| Fonction de l'orateur | Coordinateur |
|---|---|
| Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur | Iteipmai |
| Mots clés (hors ceux du titre) | Resseliella lavandulae, cycle biologique, histologie |
| Autorisation RGPD | oui |