24–25 nov. 2026
Campus d'Angers
Fuseau horaire Europe/Paris

Projet ARDECO : une infrastructure nationale d’écologie chimique pour le biocontrôle des ravageurs agricoles

24 nov. 2026, 17:02
2m
Campus d'Angers

Campus d'Angers

L'Institut Agro Rennes-Angers 2 rue André Le Nôtre 49 045 Angers
B- Poster avec Flash présentation de 2 mn Santé des plantes et de l’environnement, interactions plantes-bioagresseurs Santé des plantes et de l'environnement, interactions plantes-bioagresseurs

Orateur

Benjamin CARBONNE ((IGEPP, INRAE, Institut Agro, Univ. Rennes, Angers 49045, France))

Description

Contexte

Les odeurs émises par les plantes, les insectes et les micro-organismes jouent un rôle central dans les interactions du vivant. Ces composés organiques volatils (COV) permettent aux insectes de localiser leurs plantes hôtes ou leurs partenaires, aux plantes d’émettre des signaux d’alerte, mais aussi aux ennemis naturels de repérer leurs proies. En décrypter le fonctionnement ouvre la voie à de nouvelles stratégies de protection des cultures, plus durables et respectueuses des écosystèmes.

Objectifs

C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet ARDECO. Intégré au plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures (PARSADA), ARDECO vise à développer des solutions innovantes de biocontrôle fondées sur l’écologie chimique. Le projet a pour objectif d’identifier et de caractériser des médiateurs chimiques — tels que les phéromones, kairomones ou allomones — capables de modifier le comportement des insectes ravageurs. En exploitant ces signaux naturels, ARDECO cherche à concevoir des alternatives aux pesticides basées sur la perturbation comportementale : attirer les insectes vers des pièges, les repousser des cultures ou encore masquer les signaux indispensables à la recherche de partenaires sexuels ou de plantes hôtes.

Démarche et méthodes

Les travaux portent sur huit ravageurs agricoles représentatifs d’une grande diversité écologique et agronomique, ainsi que sur un carabe auxiliaire. Certaines espèces sont déjà bien étudiées en écologie chimique, tandis que d’autres restent encore peu explorées. Cette diversité permettra d’évaluer la robustesse et la transférabilité des approches développées.
Le projet ARDECO est structuré autour de cinq lots de travail couvrant l’ensemble du continuum de recherche, depuis l’identification des signaux chimiques jusqu’au développement et au déploiement de solutions de biocontrôle au champ. Il vise également à mettre en place une infrastructure distribuée dédiée à l’étude des composés volatils d’intérêt écologique, accessible à la communauté scientifique, aux acteurs du biocontrôle et aux agriculteurs. Le projet s’appuie sur six plateformes technologiques complémentaires couvrant toute la chaîne « odeur → perception → application » : étude du comportement et des réponses électrophysiologiques des insectes, identification des composés organiques volatils (chimie analytique), modélisation et criblage virtuel par IA, analyse des mécanismes de perception olfactive, formulation de solutions de biocontrôle et expérimentation en conditions réelles avec les partenaires du terrain.
Coordonné par INRAE, le projet ARDECO rassemble 12 partenaires publics et privés répartis sur l’ensemble du territoire français, associant organismes de recherche, universités, instituts techniques agricoles et entreprises. Cette complémentarité favorise le transfert des connaissances et le développement de solutions directement applicables par les filières agricoles. Le consortium réunit notamment Université Côte d’Azur et l’Institut de Chimie de Nice, plusieurs instituts techniques agricoles (TERRES INOVIA, ARVALIS, FNAMS, ASTREDHOR et UNILET), ainsi que des entreprises privées impliquées dans le biocontrôle et les filières agricoles, comme Koppert France, Agriodor et La Compagnie des Amandes.

Résultats attendus

Le projet ARDECO devrait permettre l’identification de nouveaux médiateurs chimiques impliqués dans les interactions insectes–plantes–auxiliaires. Il est attendu la mise au point de solutions de biocontrôle opérationnelles, capables de perturber le comportement des ravageurs en conditions contrôlées puis au champ.

Perspectives

À plus long terme, ARDECO ouvre la voie à une nouvelle génération de stratégies de protection des cultures fondées sur l’écologie chimique directe et inverse. Ces approches pourraient réduire significativement le recours aux pesticides de synthèse. Le développement d’une infrastructure collaborative facilitera aussi l’émergence de futurs projets et l’extension des solutions à d’autres ravageurs et systèmes agricoles.

Références bibliographiques

Anton, S. et al., (2022). Plasticity in chemical host plant recognition in herbivorous insects and its implication for pest control. Biology. 11, 1842.
Caballero-Vidal, G. et al., (2021). Reverse chemical ecology in a moth: machine learning on odorant receptors identifies new behaviorally active agonist. Cell Mol Life Sci. 78 (19-20):6593-6603.
Duval, H. et al., (2024). Volatile emissions from almond trees and response of the almond wasp (Eurytoma amygdali) to these volatiles. Acta Horticulturae.

Fonction de l'orateur Maître de conférences
Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur IGEPP, INRAE, Institut Agro, Univ. Rennes, Angers 49045, France
Mots clés (hors ceux du titre) olfaction, médiateur chimique, insecte
Autorisation RGPD oui

Auteurs

Mme Anne-Marie Cortesero (IGEPP, INRAE, Institut Agro, Univ. Rennes, Angers 49045, France) Benjamin CARBONNE ((IGEPP, INRAE, Institut Agro, Univ. Rennes, Angers 49045, France)) Mme Cristina Ottocento (Institute of Ecology and Environmental Sciences of Paris (iEES-Paris), INRAE, Sorbonne University, CNRS, IRD, UPEC, Université Paris Cité, 78026 Versailles, France) M. David Gilardo (Institute of Ecology and Environmental Sciences of Paris (iEES-Paris), INRAE, Sorbonne University, CNRS, IRD, UPEC, Université Paris Cité, 78026 Versailles, France) Mme Elisa Venturini (Institute of Ecology and Environmental Sciences of Paris (iEES-Paris), INRAE, Sorbonne University, CNRS, IRD, UPEC, Université Paris Cité, 78026 Versailles, France) Mme Emmanuelle Jacquin-Joly (Institute of Ecology and Environmental Sciences of Paris (iEES-Paris), INRAE, Sorbonne University, CNRS, IRD, UPEC, Université Paris Cité, 78026 Versailles, France) M. Philippe Lucas (Institute of Ecology and Environmental Sciences of Paris (iEES-Paris), INRAE, Sorbonne University, CNRS, IRD, UPEC, Université Paris Cité, 78026 Versailles, France) M. Pierre Gendron (IGEPP, INRAE, Institut Agro, Univ. Rennes, Angers 49045, France) Mme Sara Aitmokhtar (Institute of Ecology and Environmental Sciences of Paris (iEES-Paris), INRAE, Sorbonne University, CNRS, IRD, UPEC, Université Paris Cité, 78026 Versailles, France)

Documents de présentation

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