24–25 nov. 2026
Campus d'Angers
Fuseau horaire Europe/Paris

Combinaison de méthodes de lutte contre Drosophila suzukii en cerise

Non programmé
10m
Campus d'Angers

Campus d'Angers

L'Institut Agro Rennes-Angers 2 rue André Le Nôtre 49 045 Angers
A- Présentation orale de 10 mn Santé des plantes et de l’environnement, interactions plantes-bioagresseurs Santé des plantes et de l'environnement, interactions plantes-bioagresseurs

Orateur

Nicolas Formez

Description

Contexte

Identifiée officiellement en France en 2010, Drosophila suzukii cause des dégâts dans les cultures dès 2011. Les pertes causées par D. suzukii sont importantes ; les fruits infestés ne peuvent pas être récoltés et, dans les cas de fortes pressions, la récolte entière est abandonnée. Des pertes peuvent aussi survenir après la récolte, suite à des retours de lots contaminés. Drosophila suzukii est actuellement le ravageur qui impacte le plus fortement la production de cerise. Ces dernières années, en l’absence de traitements de protection, une perte de 30 à 100 % des récoltes est observée. Les méthodes de prophylaxie peuvent permettre de diminuer la pression du ravageur mais ne suffisent pas à maintenir les dégâts sous un seuil économiquement acceptable.
Aujourd’hui, la protection des cerises vis-à-vis de D. suzukii est assurée par des stratégies combinant plusieurs molécules sur la période à risque. Mais les produits les plus efficaces sont sous dérogation et l’avenir de la filière cerise est aujourd’hui très fragile. Les pertes successives de substances actives fragilisent les stratégies de traitement des producteurs.

Objectifs

L’objectif du projet est d’évaluer des stratégies de lutte combinant filets périphériques, kaolin et traitements phytopharmaceutiques afin d’identifier les combinaisons les plus efficaces contre D. suzukii, tout en réduisant le recours aux insecticides.

Démarche et méthodes

Les essais sont conduits sur deux sites : le CTIFL de Balandran et le CTIFL de La Tapy. Ils sont réalisés sur des vergers de cerisiers équipés en partie d’un filet périphérique. Ce dernier permet de limiter les inconvénients des filets mono-rang, de réduire les coûts d’installation et d’offrir une protection d’environ 70 % par rapport à un témoin sans filet. Une modalité PFI (référence producteur) et un témoin non traité sont menés hors du filet. À l’intérieur du filet sont comparées la modalité PFI ainsi qu’une ou plusieurs modalités mixtes comprenant des applications d’argile en début de lutte combinées à des produits phytopharmaceutiques en cours de maturation des fruits.
La stratégie PFI de référence se compose de quatre ou cinq traitements avec une alternance d’EXIREL (cyantraniliprole) et de pyréthrinoïdes (lambda-cyhalothrine et deltaméthrine).
Les suivis portent sur les captures et les dégâts de Drosophila suzukii. Des analyses technico-économiques sont également réalisées.

Résultats obtenus

CTIFL La Tapy :
Les essais système de 2024 ont été reconduits en 2025. Deux programmes de traitements contre Drosophila suzukii ont été comparés sur Summit et Belge : un programme de référence et un programme mixte incluant des applications d’argile en début de programme, avec ou sans filet périphérique.
Drosophila suzukii était bien présente sur l’essai, avec de 66 à 100 % de dégâts sur les témoins non traités selon les variétés et l’année. En 2025, seule une différence a été observée sur Summit, en faveur du programme de référence avec filet, avec 28 % de fruits sains en plus par rapport au programme mixte sans filet. Aucune autre différence significative n’a été observée. Les coûts des produits appliqués varient selon le contexte.

CTIFL de Balandran :
En 2025, le témoin non traité présentait 55,4 % de dégâts, validant la présence du ravageur et la viabilité de l’essai.
Toutes les modalités testées se sont montrées statistiquement efficaces par rapport au témoin, avec des dégâts variant de 0,2 à 2,8 %, sans différence significative entre elles. Le remplacement d’un ou deux traitements chimiques par une ou deux applications de kaolin n’a pas modifié l’efficacité des stratégies. L’utilisation de kaolin implique cependant une contrainte forte : le nettoyage des fruits. Quelles que soient les méthodes de nettoyage réalisées, l’eau enlève une partie des traces mais les cerises sont marquées d’un film blanchâtre après séchage les rendant ternes.
Des analyses technico-économiques sont en cours afin d’évaluer l’impact financier et la transférabilité de ces stratégies auprès des producteurs.

Perspectives

La reconduction des essais pour une troisième et dernière année en 2026 permettra de statuer sur les méthodes testées au regard de leur coût.

Références bibliographiques

Mazzi, D., et al., (2021). Rapport final R&D Task Force Drosophila suzukii.
Gorski, C. et Lecomte, L., (2021). Le kaolin contre Drosophila suzukii. Regard sur, 2, 4 p.

Fonction de l'orateur Ingénieur de recherche
Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur CTIFL
Mots clés (hors ceux du titre) Combinaison de leviers, analyse technico-économique
Autorisation RGPD oui

Auteur

Nicolas Formez

Documents de présentation

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