Orateur
Description
Contexte
La pomiculture et la viticulture sont fortement dépendantes des produits phytosanitaires, avec des indices de fréquence de traitements (IFT) atteignant 35 et 12, respectivement. La moitié de ces traitements sont des fongicides visant la tavelure du pommier (Venturia inaequalis) et le mildiou de la vigne (Plasmopara viticola). Dans un contexte de transition écologique, l’utilisation de stimulateurs de défense des plantes (SDP) constitue une alternative prometteuse aux traitements phytosanitaires conventionnels. Les SDP activent le système immunitaire des plantes afin de renforcer leur capacité de défense contre les bioagresseurs. Cependant, malgré des résultats encourageants en conditions contrôlées et semi-contrôlées, leur efficacité reste parfois décevante au champ (Sandroni et al., 2020 ; Marolleau et al., 2017 ; Walters et al., 2013). Cette variabilité pourrait être liée à la capacité des SDP à pénétrer dans les tissus végétaux, étape nécessaire au déclenchement des réponses immunitaires. Or, cette pénétration pourrait être influencée par une série de facteurs abiotiques et de pratiques culturales encadrant la pulvérisation.
Objectif
Le projet OCASE (« Optimisation des Conditions d’Application des SDP sur vigne et pommier pour améliorer leur Efficacité ») vise à caractériser les sources de variabilité de l’efficacité de trois SDP de synthèse : l’acibenzolar-S-méthyl (ASM, Bion®, non homologué, mais utilisé en tant que modèle d’étude en raison de sa forte propriété SDP, notamment chez le pommier), le phosphonate de potassium (KHP, Soriale®) et un mélange de chitooligosaccharides et oligogalacturonides (COS-OGA, Messager®).
L’étude porte à la fois sur la qualité de la pulvérisation — dose appliquée, couverture foliaire et taille des gouttes — et sur l’effet de facteurs abiotiques après application des SDP, tels que la température, l’hygrométrie et le lessivage.
Démarches et méthodes
Le projet repose sur une approche progressive allant des conditions contrôlées jusqu’aux expérimentations au champ.
Dans un premier temps, des essais sont conduits en laboratoire sur de jeunes plants de vigne et de pommier. Les applications de SDP sont réalisées à l’aide d’une cabine de pulvérisation automatisée permettant de définir des qualités de pulvérisation contrastées et répétables, à travers le contrôle de paramètres tels que le type de buses, la pression de pulvérisation, ou la vitesse de passage. Ainsi, trois qualités de pulvérisation (grosses gouttes, gouttes intermédiaires et gouttes fines) sont étudiées par trois approches :
- la quantification des matières actives ayant pénétré dans les tissus par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse (LC-MS) ;
- l’analyse de l’expression de gènes de défense (RT-PCR);
- l’évaluation phénotypique de l’efficacité de protection contre le mildiou et la tavelure.
Les deux meilleures qualités de pulvérisation sont ensuite retenues pour étudier l’effet des facteurs abiotiques selon ces trois mêmes approches.
Les conditions de température et d’humidité relative sont modulées grâce à des chambres climatiques, tandis que des simulations de pluie permettent d’évaluer l’effet du lessivage.
Dans un second temps, les scénarios les plus pertinents sont évalués en conditions semi-contrôlées sous tunnel puis validés au vignoble et en verger expérimental. Les essais intègrent des suivis climatiques, des analyses de qualité de pulvérisation et des évaluations sanitaires au cours de la saison culturale.
Résultats attendus
Les résultats sont en phase d’acquisition et les premiers enseignements seront exposés aux Rencontres du Végétal. Le projet permettra d’identifier la qualité de pulvérisation optimale pour chaque SDP en fonction du pathosystème, ainsi que de définir les conditions météorologiques favorables à leur application. Ce projet apportera une compréhension de l’impact du taux de pénétration sur l’induction des défenses, et son effet sur l’efficacité de protection des SDP. Les connaissances acquises permettront l’élaboration d’outils d’aide à la décision ou de guides techniques pour l’application des SDP.
Perspectives
À terme, l’optimisation des conditions d’application des SDP devrait favoriser leur adoption par les filières viticole et arboricole. L’essor de ces solutions alternatives contribuerait ainsi à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires.
Références bibliographiques
Marolleau B, et al., 2017. When a plant resistance inducer leaves the lab for the field. Frontiers in Plant Science 8, 1938.
Sandroni M, et al., (2020) Plant resistance inducers (PRIs): perspectives for future disease management in the field. CABI Reviews 15, 001.
Walters D.R., et al., (2013). Controlling crop diseases using induced resistance. Journal of Experimental Botany 64, 1263–1280.
| Fonction de l'orateur | Ingénieure d'étude |
|---|---|
| Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur | Institut de Recherche en Horticulture et Semences (IRHS, UMR 1345, Beaucouzé) |
| Mots clés (hors ceux du titre) | SDP qualité pulvérisation facteurs abiotiques |
| Autorisation RGPD | oui |