24–25 nov. 2026
Campus d'Angers
Fuseau horaire Europe/Paris

Explorer le potentiel de l'ail pour dévitaliser les ligneux envahissants

Non programmé
10m
Campus d'Angers

Campus d'Angers

L'Institut Agro Rennes-Angers 2 rue André Le Nôtre 49 045 Angers
A- Présentation orale de 10 mn Santé des plantes et de l’environnement, interactions plantes-bioagresseurs Santé des plantes et de l'environnement, interactions plantes-bioagresseurs

Orateurs

M. David Guilet (Université d'Angers) Maxime Guérin (Plante & Cité)

Description

Contexte

Si l'arbre est de plus en plus mis en avant en milieu urbanisé pour les services qu'il offre, il existe des situations où il est parfois nécessaire de le supprimer : enjeux phytosanitaires, de sécurité, cohabitation difficile avec les réseaux ou le bâti, protection du milieu et de la biodiversité... Lorsque les interventions mécaniques ne sont pas adaptées, par exemple pour les arbres poussant sur un ouvrage d'art ou ceux produisant des rejets de souche ou des drageons, les solutions efficaces et autorisées manquent, notamment sur les sites soumis à la Loi Labbé, où il n'est plus possible d'utiliser de dévitalisants chimiques.
C'est pourquoi les gestionnaires expérimentent différents procédés plus ou moins efficaces et qui peuvent se situer à la limite du cadre légal. Certains présentent cependant un potentiel intéressant, telle que la dévitalisation à l'ail, une solution accessible, fondée sur la nature et compatible avec la réglementation. Elle consiste à abattre l'arbre puis à insérer dans sa souche des gousses d'ail. Si cette technique traditionnelle est bien connue des jardiniers, elle n'avait à ce jour jamais été évaluée dans un cadre scientifique ou expérimental (sauf quelques tests ponctuels).

Objectifs

Les praticiens manquent donc de références pour déployer cette technique au quotidien. Il s'avère ainsi nécessaire de :
• Comprendre quels sont les mécanismes à l'origine de l'effet ;
• Définir les conditions de mise en œuvre pour une efficacité optimale et évaluer l'intérêt de la technique en fonction du contexte (espèces cibles, types de site...) ;
• Comprendre le statut réglementaire de la technique.
C'est l'objet du projet BONZAIL, lancé en 2024 pour 3 ans. Piloté par Plante & Cité, il rassemble une dizaine de partenaires, dont le laboratoire SONAS de l'Université d'Angers, et bénéficie du soutien de l'OFB.

Démarche et méthodes

Le projet s'organise en 3 volets :
• Évaluer les besoins en ail et les modalités d'approvisionnement pour la Métropole et les Outre-mer par l'étude de la bibliographie technique, économique et la consultation des professionnels.
• Explorer le mode d'action et le statut réglementaire par :
○ Des analyses en métabolomique pour identifier les substances à l'origine de l'effet.
○ Des recherches documentaires pour identifier les variétés d'ail les plus riches en ces substances.
○ Des recherches documentaires sur les effets non intentionnels des substances identifiées et les conditions dans lesquelles ceux-ci s'expriment.
○ Une analyse des textes législatifs et réglementaires et une consultation des instances gouvernementales.
• Expérimenter la technique en réseau pour évaluer l'efficacité et définir les conditions optimales d'utilisation. Après une phase d'élaboration collective des protocoles expérimentaux, des essais de valeur pratique ont été mis en place afin d'évaluer l'efficacité de l'ail sur différentes essences et dans différents contextes, de comprendre la dynamique de l'effet dans le temps, et de recueillir des informations pratiques sur la mise en œuvre de la technique.

Résultats obtenus

Les travaux se poursuivent, mais de premiers résultats ont été obtenus :
• Le germe d'ail tel qu'utilisé n'est pas une substance mais une plante en culture. Il sort donc du champ réglementaire des substances et produits phytosanitaires. De plus, aucun effet non intentionnel de l'ail tel qu'utilisé n'a été identifié via l'étude de la bibliographie scientifique.
• La technique est testée sur une trentaine de sites dans l'Hexagone et à la Réunion, principalement sur Prunus laurocerasus et Robinia pseudoacacia. L'installation progressive des sites pilotes a permis une amélioration continue du protocole de dévitalisation.
• Des prélèvements sur P. laurocerasus ont été réalisés 6 mois après intervention, complétés par des analyses en laboratoire afin de définir les composés secondaires exprimés (ail vs. tissus au contact de l'ail vs. tissus non au contact). Les effets macroscopiques induits par l'ail sur les tissus ligneux (nécroses dans le prolongement des trous) se sont traduits par des modifications chimiques dans les tissus. Des analyses complémentaires sont en cours sur R. pseudoacacia et P. serotina.

Perspectives

Il restera à traiter les données issues du terrain afin d'évaluer l'efficacité en conditions réelles et à comprendre à quelles voies métaboliques les modifications chimiques observées sont liées.

Référence bibliographique

Eymery M. (2025). BONZ'ail : Exploration par analyse métabolomique du potentiel de l'ail en alternative à la dévitalisation chimique. Mémoire de maîtrise, Université de Limoges, 47 p.

Fonction de l'orateur Chargée de mission santé des végétaux et PBI
Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur Plante & Cité
Mots clés (hors ceux du titre) alternative, souche, plante exotique envahissante
Autorisation RGPD oui

Auteur

Maxime Guérin (Plante & Cité)

Co-auteurs

M. David Guilet (Université d'Angers) Mme Séverine BOISARD (Université d'Angers)

Documents de présentation

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