24–25 nov. 2026
Campus d'Angers
Fuseau horaire Europe/Paris

Protection des cultures légumières contre les thrips et les altises à l'aide de stratégies push-pull

24 nov. 2026, 11:20
10m
Campus d'Angers

Campus d'Angers

L'Institut Agro Rennes-Angers 2 rue André Le Nôtre 49 045 Angers
A- Présentation orale de 10 mn Agroécologie et gestion durable des ressources Agroécologie et gestion durable des ressources

Orateur

Sébastien Picault (CTIFL)

Description

Les thrips Thrips tabaci et Frankliniella occidentalis ainsi que la petite altise des crucifères sont trois ravageurs majeurs en cultures légumières, posant des problèmes importants de qualité et de rendement dans un contexte où l’usage des pesticides est de plus en plus contraint. T. tabaci provoque des dommages considérables en culture de poireau : ses piqûres entraînent décolorations, nécroses et pertes de photosynthèse, qui dégradent sévèrement la qualité commerciale des feuilles. F. occidentalis est particulièrement problématique en culture de fraise et en cultures sous abri, où il cause des déformations importantes des fleurs et des fruits, avec un seuil de nuisibilité extrêmement bas. Les altises ravagent quant à elles les cultures de brassicacées maraîchères en dévorant les feuilles, ce qui entraîne un retard de croissance des plantes. Ces ravageurs ont en commun d’être très difficiles à gérer, que ce soit avec des moyens chimiques, biologique, mécaniques ou prophylactiques.
Dans ce contexte, des travaux ont été initiés par le CTIFL afin de mettre au point un nouveau type de stratégie de protection des cultures plein de promesses : les stratégies « push-pull ». Dans un premier temps, des tests d’olfactométrie ont été menés afin de déterminer la réponse comportementale de T. tabaci, de F. occidentalis et des altises face à différentes odeurs d’huiles essentielles. Dans un second temps, des expérimentations au champ ont été menées pour évaluer l’effet de stratégies de protection basées sur la diffusion d’odeurs répulsives sur (i) la sévérité des dégâts occasionnés par T. tabaci dans une culture de poireau et (ii) la sévérité des dégâts occasionnés par les altises du chou dans une culture de chou-fleur. En culture de poireau, six modalités ont été testées : association de poireau avec de la rue officinale de la reine des prés, ou de la coriandre et huile essentielle de coriandre sous forme de gel, de microcapsules pulvérisées sur le feuillage ou de granulés épandus au sol. En culture de chou-fleur, deux modalités ont été testées : association de chou-fleur et de fénugrec et huile essentielle de coriandre (gel).
Les résultats obtenus montrent que les trois ravageurs étudiés répondent de manière différenciée aux signaux olfactifs testés, et que certaines odeurs, qu’elles proviennent de plantes vivantes ou d’huiles essentielles, exercent un effet significatif sur leur comportement. En conditions contrôlées, T. tabaci s’est révélé fortement attiré par les huiles essentielles d’oignon et de poireau tandis que le thym, la coriandre ou le basilic « Grand vert » induisaient une répulsion marquée. F. occidentalis a montré un profil olfactif distinct, caractérisé par une attraction notable pour la rue officinale, la rose de Damas et le basilic grand vert, et une répulsion beaucoup plus atténuée vis‑à‑vis du thym ou de la coriandre, ce qui révèle une divergence interspécifique importante dans la perception des COV et dans la hiérarchie des signaux comportementaux. Les altises des choux ont réagi à l’inverse, en manifestant une attraction nette pour l’huile végétale de moutarde et une répulsion significative face à la coriandre, au thym, à la tanaisie et au fenugrec. En parcelle expérimentale, l’association de rue officinale, de reine des prés et de coriandre au poireau a conduit à une réduction significative des niveaux de vol et d’infestation de T. tabaci par rapport aux témoins, avec des diminutions allant jusqu’à un facteur 2 à 2,5 selon les modalités et les périodes d’observation. Toutefois, malgré ces diminutions, la sévérité finale des dégâts n’a pas pu être maintenue sous les seuils de nuisibilité à l’échelle de la récolte, ce qui souligne la difficulté à prolonger l’effet répulsif au-delà des premières phases de croissance ou des stades physiologiques clés des plantes de service. En culture de chou, les dispositifs testés ont permis de réduire de manière notable le nombre d’altises capturées, mais n’ont entraîné aucune diminution significative de la sévérité des perforations foliaires, en particulier durant les phases critiques de développement des jeunes plants. L’absence d’effet significatif des odeurs testées sur T. tabaci et les altises pourrait s’expliquer par des traitements trop tardifs, très peu d’individus étant suffisants pour provoquer des dégâts très sévères. La réplication des expérimentations en 2025, en commençant cette fois les traitements olfactifs dès la plantation des poireaux ou des choux, devrait permettre d’atteindre des niveaux d’efficacité satisfaisants.

Fonction de l'orateur Ingénieur de
Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur CTIFL
Mots clés (hors ceux du titre) poireau, chou-fleur, Frankliniella, Phyllotreta, tabaci
Autorisation RGPD oui

Auteur

Sébastien Picault (CTIFL)

Co-auteurs

Charlotte Le Pennec Mathis Ingremeau Mohamed Kone

Documents de présentation

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