24–25 nov. 2026
Campus d'Angers
Fuseau horaire Europe/Paris

Gérer l'enherbement des cultures légumières en diversifiant la succession culturale et en mobilisant les carabidés granivores : utopie ou réalité ?

25 nov. 2026, 09:50
2m
Campus d'Angers

Campus d'Angers

L'Institut Agro Rennes-Angers 2 rue André Le Nôtre 49 045 Angers
B- Poster avec Flash présentation de 2 mn Agroécologie et gestion durable des ressources Agroécologie et gestion durable des ressources

Orateur

Sébastien Picault (CTIFL)

Description

La gestion des adventices constitue un enjeu majeur dans les systèmes maraîchers où la flore adventice, souvent abondante et peu diversifiée, est difficile à maîtriser. La dépendance fonctionnelle des producteurs de légumes aux herbicides pourrait être réduite en affectant négativement le stock édaphique de graines adventices. Dans cette optique, l’effet du niveau de diversification de la succession culturale sur la densité du peuplement adventice et le potentiel de régulation des adventices par les carabidés granivores sont étudiés par le CTIFL dans le cadre du projet SOLAD-FL, soutenu financièrement par le Plan d’Action Stratégique pour l’Anticipation du Retrait des Substances Actives et le Développement d’Alternatives (PARSADA).
Dans ce projet, qui a démarré en 2025, l’évolution du peuplement adventice sur une période de cinq ans est comparée entre trois systèmes de culture se différenciant l’un de l’autre par le niveau de diversification de la succession culturale (système D- : succession peu diversifiée ; système D+ : succession diversifiée ; système D++ : succession très diversifiée). En début de projet, une culture de carotte a été semée afin de caractériser l’état initial du peuplement adventice. Chaque succession culturale a ensuite été mis en œuvre avec un suivi régulier du peuplement adventice. A l’issue des cinq années d’expérimentation, une culture de carotte sera de nouveau mise en place dans chaque système de culture (culture « révélatrice ») et l’état final du peuplement adventice y sera caractérisé. L’effet du niveau de diversification de la succession culturale sur le peuplement adventice sera évalué (i) en comparant son l’état final de ce peuplement entre les trois systèmes de culture étudiés et (ii) en comparant, pour chaque système de culture, son état final à son état initial. En parallèle, le potentiel de régulation biologique par les adventices par les carabidés granivores est étudié (i) à travers des tests de préférences alimentaires en conditions contrôlées, (ii) en étudiant, en conditions semi-contrôlées, les corrélations entre la densité des populations de carabidés granivores et la densité du peuplement adventice, (iii) en caractérisant le bol alimentaire des principaux carabidés retrouvés dans les cultures légumières à l’aide d’outils moléculaires et (iv) en étudiant l’effet des certains facteurs agro-écosystémiques sur le niveau d’activité des carabidés granivores dans les parcelles de culture.
Le peuplement adventice initial de l’expérimentation mise en place est dominé par une présence écrasante de pourpier (80% de la population totale) et une densité très élevée (1065 adventices / m²). La mise en place d’un couvert végétal hivernal permet de réduire la densité de pourpier au printemps suivant, le meilleur effet ayant été obtenu avec du ray-grass d’Italie. Cependant, le bénéfice du couvert végétal est perdu si la culture suivante est forcée avec un petit tunnel. Les tests de préférences alimentaires montrent que les espèces de carabidés Amara aenea, Harpalus tardus et H. affinis sont capables de consommer des graines d’adventices de façon significative (respectivement 16, 15 et 5 graines par jour). A. aenea et H. tardus montrent une nette préférence pour les graines de laiteron (respectivement 67% et 54% du bol alimentaire) quand H. affinis préfère les graines de pâturin (46% du bol alimentaire). Les préférences alimentaires de l’espèce A. aenea sont très ciblées (laiteron, pâturin) tandis que celles d’H. tardus et H. affinis sont plus larges (laiteron, pâturin, chénopode blanc, morelle noire). Enfin, il existe une corrélation significative entre la densité des populations d’A. aenea et la densité du peuplement adventice, mais uniquement lorsque la densité des populations d’A. aena est élevée (15 à 50 individus / m²). Dans ces conditions, l’action d’A. aenea permet de réduire la densité du peuplement adventice de 42% par rapport à un témoin non traité. Néanmoins, cet effet est particulièrement fort sur les espèces préférées par A. aenea (laiteron et pâturin) mais relativement faible sur le pourpier.
Les travaux menés jusqu’à présent seront poursuivis dans les années à venir en s’intéressant d’une part aux facteurs culturaux et environnementaux susceptibles d’influencer l’activité des carabidés granivores dans les parcelles de culture légumières et en approfondissant les connaissances sur leur régime alimentaire à l’aide d’outils moléculaires, et en continuant d’autre part à suivre pas-à-pas le peuplement adventices dans les trois successions culturales étudiées jusqu’à l’évaluation finale dans la culture de carotte révélatrice en 2028.

Fonction de l'orateur Ingénieur de recherche et expérimentation
Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur CTIFL
Mots clés (hors ceux du titre) Adventices, maraîchage, Amara aenea, rotation
Autorisation RGPD oui

Auteur

Sébastien Picault (CTIFL)

Co-auteurs

Charlotte Le Pennec Jean-Charles Midon Loïc Fouyer

Documents de présentation

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