Orateur
Description
• Contexte
La filière arboricole française fait face à de nombreux défis. Malgré une progression de l’agriculture biologique, les surfaces de vergers diminuent en raison de l’urbanisation, de la fatigue des sols, des ravageurs émergents et des coûts élevés de production et de main-d’œuvre. Les pratiques actuelles de fertilisation montrent leurs limites et contribuent parfois à la pollution des sols et de l’eau.
Dans ce contexte, il devient nécessaire de développer de nouveaux modèles de production plus durables et moins dépendants des intrants chimiques. Les biofertilisants à base de microorganismes apparaissent comme une piste prometteuse, car ils pourraient améliorer la fertilité des sols, favoriser l’assimilation des nutriments par les plantes, limiter les pollutions et réduire l’empreinte carbone de l’arboriculture. Toutefois, le fonctionnement biologique des sols et les interactions entre microorganismes et vergers restent encore insuffisamment connus et nécessitent davantage de recherches.
• Objectifs
Le projet ARBIOZOME (2021-2024), avait pour objectif d’évaluer l’intérêt agronomique, économique et environnemental de l’utilisation de microorganismes en arboriculture fruitière.
• Démarche et méthodes
Les expérimentations ont été conduites sur trois sites et deux espèces fruitières : la station de la Pugère (Pomme), au CTIFL de la Tapy (Cerise) et au CTIFl de La Morinière (Pomme).
Les produits testés comprenaient des mycorhizes, des rhizobactéries, des champignons bénéfiques, des litières forestières fermentées, ainsi que des consortiums microbiens artisanaux ou développés en laboratoire. Les impacts recherchés étaient multiples : amélioration de l’assimilation de l’azote et du phosphore, augmentation de la rétention en eau, stimulation de la croissance racinaire, meilleure décomposition de la matière organique et renforcement des défenses naturelles des arbres.
Le protocole expérimental reposait sur des dispositifs en blocs randomisés avec témoins et répétitions.
• Résultats obtenus
Des prélèvements réguliers de sol montrent certaines tendances : les modalités Team Mix, Solactiv et P500/501 présentaient des concentrations élevées en ammonium, suggérant une meilleure rétention ou minéralisation de l’azote. À l’inverse, les modalités Derzhé et Référence+ affichaient des teneurs plus élevées en nitrates. Cependant, les analyses statistiques n’ont pas mis en évidence de différences significatives entre les modalités.
L’activité biologique des sols a été évaluée grâce à plusieurs outils. Le test « Tea Bag Index » mesure la vitesse de décomposition de la matière organique via l’enfouissement de sachets de thé, tandis que les tests Bait Lamina permettent d’observer l’activité alimentaire de la faune du sol. Certaines modalités ont montré une activité biologique plus soutenue, mais les résultats demeurent variables selon les années et les sites.
Pour évaluer l’impact sur les arbres, différents indicateurs ont été mesurés : la circonférence des troncs, la longueur de pousses et l’activité photosynthétique. Les analyses foliaires et de rameaux ont permis d’étudier l’assimilation des éléments minéraux et les réserves nutritives des arbres. Là encore, plusieurs modalités semblaient favoriser une meilleure nutrition azotée ou une croissance végétative plus importante, notamment Solactiv et certains traitements à base de litière forestière fermentée mais sans différences significatives.
Enfin, les performances agronomiques ont aussi été suivies au travers des rendements et de la qualité des fruits à la récolte. Les résultats montrent que certaines modalités microbiologiques pouvaient influencer positivement la qualité des fruits ou la régularité de production. Toutefois, les écarts observés restent non significatifs statistiquement.
• Perspectives
Les résultats montrent des tendances encourageantes mais les effets restent fortement dépendants des conditions pédoclimatiques et des produits utilisés. Une plus grande durée de suivis et la mise en place d’essais sur des parcelles avec des conditions de sol plus dégradées permettraient de mieux discriminer l’effet des produits testés. Un nouveau projet a été déposé en ce sens pour poursuivre les travaux à compter de 2027.
• Références bibliographiques
CALVO P., NELSON L., KLOEPPER J.W., 2014. Agricultural uses of plant biostimulants. Plant Soil, 383 : 3–41.
DHARGALKAR V., PEREIRA N., 2015. Seaweed : Promising plant of the millennium. Science and Culture, 60-66.
GONCALVES B., MORAIS M.C., SEQUEIRA A., RIBEIRO C., GUEDES F., SILVA A.P., AIRES A., 2020. Quality preservation of sweet cherry cv. “Staccato” by using glycine-betaine or Ascophyllum nodosum. Food Chem., 322 : 322-126713.
SINDHU M.A., CORNFILED A.H., 1967. Comparative effects of varying levels of chlorides and sulfates of sodium, potassium, calcium and magnesium on ammonification during incubation of soil. Plant soil, 27 : 468- 472
| Fonction de l'orateur | Ingénieure d'expérimentation |
|---|---|
| Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur | CTIFL - La Tapy |
| Mots clés (hors ceux du titre) | pomme cerise microorganismes agroécologie fertilité |
| Autorisation RGPD | oui |