24–25 nov. 2026
Campus d'Angers
Fuseau horaire Europe/Paris

SUPERMOMA : Des plantes de services contre les pathogènes telluriques

24 nov. 2026, 11:10
10m
Campus d'Angers

Campus d'Angers

L'Institut Agro Rennes-Angers 2 rue André Le Nôtre 49 045 Angers
A- Présentation orale de 10 mn Agroécologie et gestion durable des ressources Agroécologie et gestion durable des ressources

Orateur

Charlotte Berthelot (CTIFL)

Description

Les pathogènes telluriques représentent un enjeu sanitaire majeur en maraîchage, dans un contexte de transition vers des systèmes de production moins dépendants des intrants phytosanitaires de synthèse.
L’utilisation de plantes de service, implantées soit en interculture (couverts végétaux) soit en association (cultures associées) avec la culture principale, constitue une piste prometteuse pour améliorer la résilience des systèmes maraîchers vis-à-vis des maladies du sol.
Cette hypothèse a été étudiée dans le cadre du projet SUPERNOMA (2020–2023), dont l’objectif était de réaliser un screening de plantes de service présentant un potentiel de biocontrôle vis-à-vis des bioagresseurs telluriques des salades. Au travers d’expérimentations conduites en conditions contrôlées et au champ — en contamination artificielle, in vitro, in planta puis in campo — quarante-trois espèces de plantes de service ont été évaluées pour leur capacité à protéger différentes cultures de salades (mâche, batavia et laitue) contre plusieurs agents pathogènes : Pythium spp., Sclerotinia spp., Rhizoctonia spp. et Fusarium spp.
Les effets des plantes de service ont été étudiés à travers plusieurs indicateurs : incidence et dynamique des maladies, biomasse des cultures de rente, statut photosynthétique et redox des plantes, ainsi que structure de la microflore rhizosphèrique.
Parmi les espèces testées, vingt-deux ont présenté des disservices agronomiques, se traduisant soit par une augmentation de la virulence des maladies, soit par une altération de la croissance des cultures hôtes. À l’inverse, neuf plantes de service ont permis de réduire significativement l’incidence des maladies et/ou de retarder leur apparition.
Deux grands modes d’action ont pu être mis en évidence via les expérimentations in planta. Cinq espèces semblent agir indirectement via une modification de la rhizosphère et une sélection de microorganismes bénéfiques symbiotiques, caractérisée notamment par une augmentation de l’abondance des champignons mycorhiziens à arbuscules (CMA). Ces plantes présentent un comportement bioamplificateur et/ou mycorhizotrophe favorisant la résilience des cultures. Les quatre autres espèces exercent un effet plus direct sur les agents pathogènes, probablement via l’exsudation racinaire de métabolites secondaires toxiques ou inhibiteurs. Ce comportement apparenté à des mécanismes allélopathiques pourrait constituer un levier complémentaire de gestion des maladies telluriques.
Les essais in campo en conditions de production soulignent l’intérêt mais également la complexité de l’utilisation des plantes de service dans les systèmes maraîchers. Ils mettent en évidence la nécessité d’une sélection rigoureuse des espèces, cohérente avec les pratiques usuelles des producteurs afin d’éviter les effets délétères potentiels (e.g. concurrence) et d’optimiser les interactions bénéfiques entre plantes, sol et microbiote.

Fonction de l'orateur Responsable unité de R&D
Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur CTIFL
Mots clés (hors ceux du titre) Microflore rhizospherique, cultures associées, couverts
Autorisation RGPD oui

Auteur

Charlotte Berthelot (CTIFL)

Documents de présentation

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