Orateur
Description
Les pathogènes telluriques représentent un enjeu sanitaire majeur en maraîchage, dans un contexte de transition vers des systèmes de production moins dépendants des intrants phytosanitaires de synthèse.
L’utilisation de plantes de service, implantées soit en interculture (couverts végétaux) soit en association (cultures associées) avec la culture principale, constitue une piste prometteuse pour améliorer la résilience des systèmes maraîchers vis-à-vis des maladies du sol.
Cette hypothèse a été étudiée dans le cadre du projet SUPERNOMA (2020–2023), dont l’objectif était de réaliser un screening de plantes de service présentant un potentiel de biocontrôle vis-à-vis des bioagresseurs telluriques des salades. Au travers d’expérimentations conduites en conditions contrôlées et au champ — en contamination artificielle, in vitro, in planta puis in campo — quarante-trois espèces de plantes de service ont été évaluées pour leur capacité à protéger différentes cultures de salades (mâche, batavia et laitue) contre plusieurs agents pathogènes : Pythium spp., Sclerotinia spp., Rhizoctonia spp. et Fusarium spp.
Les effets des plantes de service ont été étudiés à travers plusieurs indicateurs : incidence et dynamique des maladies, biomasse des cultures de rente, statut photosynthétique et redox des plantes, ainsi que structure de la microflore rhizosphèrique.
Parmi les espèces testées, vingt-deux ont présenté des disservices agronomiques, se traduisant soit par une augmentation de la virulence des maladies, soit par une altération de la croissance des cultures hôtes. À l’inverse, neuf plantes de service ont permis de réduire significativement l’incidence des maladies et/ou de retarder leur apparition.
Deux grands modes d’action ont pu être mis en évidence via les expérimentations in planta. Cinq espèces semblent agir indirectement via une modification de la rhizosphère et une sélection de microorganismes bénéfiques symbiotiques, caractérisée notamment par une augmentation de l’abondance des champignons mycorhiziens à arbuscules (CMA). Ces plantes présentent un comportement bioamplificateur et/ou mycorhizotrophe favorisant la résilience des cultures. Les quatre autres espèces exercent un effet plus direct sur les agents pathogènes, probablement via l’exsudation racinaire de métabolites secondaires toxiques ou inhibiteurs. Ce comportement apparenté à des mécanismes allélopathiques pourrait constituer un levier complémentaire de gestion des maladies telluriques.
Les essais in campo en conditions de production soulignent l’intérêt mais également la complexité de l’utilisation des plantes de service dans les systèmes maraîchers. Ils mettent en évidence la nécessité d’une sélection rigoureuse des espèces, cohérente avec les pratiques usuelles des producteurs afin d’éviter les effets délétères potentiels (e.g. concurrence) et d’optimiser les interactions bénéfiques entre plantes, sol et microbiote.
| Fonction de l'orateur | Responsable unité de R&D |
|---|---|
| Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur | CTIFL |
| Mots clés (hors ceux du titre) | Microflore rhizospherique, cultures associées, couverts |
| Autorisation RGPD | oui |