24–25 nov. 2026
Campus d'Angers
Fuseau horaire Europe/Paris

Les microalgues pour limiter les effets du stress hydrique chez la plante

Non programmé
10m
Campus d'Angers

Campus d'Angers

L'Institut Agro Rennes-Angers 2 rue André Le Nôtre 49 045 Angers
A- Présentation orale de 10 mn Adaptation au changement climatique et impacts sur les filières du végétal spécialisé Adaptation au changement climatique et impacts sur les filières du végétal spécialisé

Orateur

François Godart (CarbonWorks)

Description

Contexte

Les microalgues émergent comme une nouvelle catégorie de biosolutions pour l’agriculture, à la croisée de la biofertilisation, de la biostimulation et du biocontrôle. Dans un contexte de transition agroécologique, les biostimulants sont recherchés pour sécuriser les rendements avec moins d’intrants. Les microalgues apparaissent prometteuses car elles offrent des effets plus réguliers et maîtrisés que les macroalgues, dont la composition varie selon la ressource, les conditions climatiques et la localisation. Dans un contexte de dérèglement climatique marqué par l’intensification des sécheresses, le développement de solutions améliorant la résilience des cultures au stress hydrique devient un enjeu agronomique majeur. CarbonWorks développe des biosolutions en s’appuyant sur des méthodologies éprouvées d’industrialisation et une technologie permettant la production à grande échelle de biomasse de microalgue de qualité stable, indépendante des aléas climatiques. L’expertise repose sur la maîtrise des leviers de production pour optimiser l’accumulation d’actifs et maximiser le potentiel de chaque souche, notamment via un photobioréacteur industriel innovant permettant de piloter finement les paramètres de croissance, en particulier la lumière utilisée par le métabolisme algal.

Objectifs

L’intérêt stratégique est double : répondre à un besoin agronomique lié au changement climatique et proposer au marché des biostimulants une solution plus stable, prédictible et industrialisable que les approches fondées sur les macroalgues.
CarbonWorks a identifié plusieurs souches d’intérêt en s’appuyant sur la teneur en phytohormones de leur biomasse relevée dans la littérature et de leur potentiel de production industrielle.

Démarche et méthodes

Deux souches de microalgues (A et B), sélectionnées pour leur teneur en phytohormones, ont été testées sur tomate en conditions contrôlées. Le protocole consistait à :
• Appliquer deux pulvérisations foliaires de biomasse sèche remise en suspension (à une semaine d'intervalle),
• Soumettre les plants à un stress hydrique de 7 jours,
• Puis les laisser récupérer pendant 14 jours de réhydratation.
Les doses testées (équivalent à 100 et 200 g/ha) ont été comparées à un témoin (stressé et non stressé) ainsi qu'à une référence du marché à base d'extrait de la macroalgue Ascophyllum nodosum (ANE), à 200 g/ha.

Résultats obtenus

Les résultats sur tomate sont nets :
• Pendant le stress, les symptômes sont réduits de 42% avec la souche A et jusqu'à 68% avec la souche B, contre seulement 23% pour la référence ANE.
• Après réhydratation, le gain de biomasse foliaire atteint +29% (souche A) et +61% (souche B), contre +7% pour la référence.
• Ces effets s'accompagnent d'une hausse de la teneur en chlorophylle et d'une reprise de croissance plus rapide, signe d'une action durable sur le métabolisme de la plante.
Des essais sur vigne confirment cette tendance : la souche B permet un gain de +68% de biomasse foliaire fraîche après réhydratation, là où la référence n'apporte aucune amélioration. Des essais sur blé montrent également un effet positif, bien que plus modéré.
Conclusion
La souche B constitue une innovation robuste et reproductible, efficace sur plusieurs cultures (tomate, vigne, blé), avec une performance supérieure à une référence déjà commercialisée. Ces résultats démontrent la pertinence des microalgues comme alternative fiable aux macroalgues pour améliorer la tolérance des cultures à la sécheresse, et confirment le potentiel de cette technologie pour répondre à un enjeu agronomique majeur.

Perspectives

Ces résultats ouvrent la voie à un développement rapide et structuré vers une application terrain :
1. Validation au champ : des essais sont déjà en cours sur vigne et blé, et seront étendus à d'autres cultures et zones géographiques, pour confirmer à grande échelle une efficacité déjà démontrée en conditions contrôlées.
2. Optimisation du procédé de production : ajuster les paramètres de culture pour maximiser l'efficacité du produit final.
3. Caractérisation approfondie : identifier et quantifier les métabolites potentiellement impliqués dans la résistance au stress hydrique.
4. Compréhension du mode d'action : étudier comment ces molécules agissent concrètement dans la plante, pour affiner le positionnement produit et les recommandations d'usage (dose, stade d'application, culture cible).
Avec des résultats déjà supérieurs aux références du marché sur plusieurs cultures, cette solution est en bonne voie pour devenir un biostimulant efficace et standardisé, offrant aux agriculteurs un outil concret et fiable pour sécuriser leurs rendements face aux épisodes de sécheresses.

Fonction de l'orateur Responsable Marchés
Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur CarbonWorks
Mots clés (hors ceux du titre) stress abiotique; tomate; vigne; photobioréacteur
Autorisation RGPD oui

Auteur

François Godart (CarbonWorks)

Documents de présentation

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