Orateur
Description
Depuis les débuts de l’agriculture l’humain n’a cessé d’améliorer le matériel végétal à sa disposition en sélectionnant pour les reproduire les fruits les plus savoureux, les meilleurs légumes, les céréales les plus productives. Avec le temps la compréhension et la maitrise des procédés techniques se sont améliorées et l’attention agronomique s’est portée sur l’hybridation, qui est un phénomène naturel fréquent chez les végétaux allogames et permet l’évolution d’une espèce. Elle peut être intraspécifique (croisement de 2 variétés d’une même espèce), ou interspécifique (croisement de 2 espèces différentes). Il est donc possible théoriquement de produire une multitude de nouvelles lignées végétales par combinaisons plus ou moins aléatoires. Mais dans les faits c’est parfois compliqué des les produire.
L’étape de la pollinisation révèle parfois des incompatibilités non anticipées et souvent incomprises. Le pollen, élément fécondant, est scruté et évalué sur les lignées mâles fertiles, mais sa présence ne suffit pas à la réussite d’une pollinisation. D’autres facteurs entrent en jeu.
Afin d’éviter de couteuses déconvenues, il est possible de juger de la compatibilité des lignées parentales mais pour l’attester en conditions réelles de production, il est préférable de disposer d’éléments probants et avérés.
Pour les végétaux à pollinisation entomophile, l’insecte est un agent de transport du pollen indispensable. Parmi ceux-ci on peut considérer les pollinisateurs à action aléatoire, qui véhiculent un peu de pollen et le déposent parfois au bon endroit, et les pollinisateurs à action ciblée, qui captent des signaux émis par le végétal en fleur et assurent ainsi une prestation efficace en échange d’une contrepartie consistant en ressource alimentaire. L’abeille domestique est l’un de ces insectes à action ciblée, capable de repérer et d’évaluer une ressource. L’abeille est de plus un insecte social capable de communiquer, animé par un instinct d’amassage qui fait qu’elle ne consomme pas sur place la ressource alimentaire mais la rapporte à la ruche ; elle transmettra alors à ses congénères la localisation et la valeur de cette ressource et la colonie, par son intelligence collective et naturelle, enverra alors une quantité de butineuses proportionnée à la ressource repérée.
La mise à disposition de la ressource alimentaire par le végétal n’est pas constante ni linéaire. C’est un coût énergétique conséquent et la nature étant pragmatique, cette mise à disposition correspondra au moment où la plante a besoin de l’insecte, c’est-à-dire au moment où elle est fécondante et/ ou fécondable. Et c’est alors que l’insecte à pollinisation ciblée est primordial car son activité pollinisatrice est régie par les signaux émis par le végétal ; si ces signaux ne sont pas manifestes l’insecte, lui aussi pragmatique par nature, ne dépensera pas d’énergie pour une activité de butinage non fructueuse. C’est pourquoi la présence d’abeilles sur une culture en fleur n’est pas constante au cours d’une journée, il y a même des journées sans activité pollinisatrice et ce n’est pas du à une quelconque paresse ou frilosité des butineuses.
La captation, l’enregistrement, l’analyse de ces mouvements d’abeilles nous livre donc de nombreuses informations sur le végétal et sur sa capacité à polliniser ou à être pollinisé. En mettant en parallèle des informations météorologiques et agronomiques on parvient à établir un panorama des conditions optimales de pollinisation en conditions réelles de productibilité, sans interférences humaines. Ces conditions sont particulières à chaque espèce végétale et chaque lignée présente des particularités.
Notre projet consiste donc à utiliser des ruches connectées à différents capteurs (radar à abeilles, balance à ruche, sondes internes) couplées à des capteurs météorologiques pour caractériser les conditions optimales de pollinisation sur diverses cultures : semences potagères, colza, tournesol, cultures fruitières. Ces informations précises permettent d’attester la productibilité de lignées nouvelles, elles permettent également d’anticiper les nécessaires adaptations au changement climatique.
La présentation proposée débutera par l’explication de la méthodologie mise en place pour enregistrer les signaux émis par le végétal, capté par l’abeille et retranscrit pour notre bonne compréhension. Plusieurs exemples de productions de semences potagères seront ainsi abordés. L’objectif est de pouvoir faire connaitre cette technologie efficace et non intrusive aux acteurs de la sélection et de la production du secteur du végétal spécialisé, afin de poursuivre et enrichir ces travaux dans le cadre de collaborations et d’expérimentations accompagnées par Végépolys Valley.
| Fonction de l'orateur | Formateur/ conseiller technique |
|---|---|
| Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur | Apipol |
| Mots clés (hors ceux du titre) | monitoring attractivité florale productibilité |
| Autorisation RGPD | oui |