Orateur
Description
Contexte
Les pucerons sont des bioagresseurs majeurs de nombreuses cultures maraîchères. Dans un contexte de retrait de substances actives qui menace la viabilité de certaines productions, et avec la volonté de diminuer le recours aux produits phytosanitaires, plusieurs projets collaboratifs mobilisent les stations d’expérimentation sur ce sujet. L’APREL teste des solutions alternatives seules ou combinées chez les producteurs de Provence. Les dispositifs sont mis en place dans des tunnels séparés pour bien isoler les stratégies.
Démarches et résultats obtenus
La lutte biologique par conservation en concombre avec le projet EFFICACE (Adaptation et pilotage des pratiques agronomiques pour améliorer l’efficacité des stratégies de lutte biologique contre les pucerons en cultures légumières, 2023-2025) : Différentes plantes de service ont été installées en bordure de tunnel pour jouer un rôle de plante banque (fournit les proies de substitution aux auxiliaires) et de plante ressource (fournit des ressources alimentaires attractives pour les auxiliaires). Les 2 modalités sont disposées dans des tunnels adjacents ou séparées de 50m dans un même tunnel. Les bandes fleuries (73 à 150 m de long) comprennent 5 à 6 répétitions par espèce. Parmi les différentes espèces testées, l’avoine, le blé, l’alysse et l’achillée sont retenues pour jouer un rôle intéressant qui reste à cadrer techniquement pour un développement à grande échelle. L’aneth présente le risque d’attirer le puceron Myzus persiscae compatible avec les cultures maraîchères.
Le projet PAUPFL (Plan Alternatives d’Urgence Phytosanitaire Fruits et Légumes, 2024-2026) a permis de tester deux autres leviers en culture de fraise :
Le dispositif d’essai est constitué de 1 ou 2 tunnels / stratégie au sein desquels 20 plantes sont observées pour dénombrer les pucerons et auxiliaires.
Les lâchers d’auxiliaires : les lâchers de parasitoïdes ou de prédateurs sont historiquement utilisés contre les pucerons mais montrent des limites dans le contrôle du ravageur du fait de la diversité des espèces de pucerons et des déséquilibres de population. Des innovations proposées par les fournisseurs d’auxiliaires ont été testées : le lâcher d’œufs de chrysopes sur fil (Chrysoline) semble améliorer la prédation et le contrôle des populations de pucerons. La modalité présente 2 fois moins de pucerons/plante sur la période entre mi-avril et fin mai. Toutefois, des ajustements techniques sont ici aussi nécessaires pour faciliter la pose.
Les produits de biocontrôle sont disponibles pour la lutte contre les pucerons mais peu utilisés par manque de référence ou d’efficacité. En fraise, les produits Neudosan (sels potassiques d’acides gras) et Lovell (huile paraffinique) ont été testés face à Movento ou une modalité non traitée. L’efficacité est variable selon la date d’application, avec en moyenne 35% d’efficacité pour les 2 produits mais l’hétérogénéité de contamination des pucerons ne permet pas de rendre ce résultat significatif. Une meilleure maîtrise des conditions d’application permettrait d’augmenter la performance de ces produits.
L’ensemble de ces résultats d’essai a pour objectif de construire des stratégies de protection qui combinent plusieurs solutions tout en respectant une faisabilité technico-économique pour le producteur.
| Fonction de l'orateur | directrice et chargée d'expérimentation |
|---|---|
| Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur | APREL |
| Mots clés (hors ceux du titre) | protection biologique – stratégie alternative |
| Autorisation RGPD | oui |