Orateur
Description
Contexte
Pour faire face aux différents défis environnementaux et économiques, la filière horticole opère progressivement une transition vers des systèmes de culture hors sol, plus résilients et économes en eau, répondant également à la demande de productions en circuits courts et de végétalisation urbaine. Mais ces systèmes reposent encore massivement sur l’utilisation de tourbe, ressource fossile très peu renouvelable, comme composant majeur des supports de culture, tout particulièrement en raison de ses capacités de rétention en eau et sa biostabilité. Or, la demande de supports de culture horticoles devrait plus que doubler d’ici 2050 (Nguyen et al., 2026), rendant indispensable le développement d’alternatives durables, économiquement viables et performantes, ce qu’aucune solution actuelle ne satisfait pleinement. Parmi les alternatives explorées, les fibres de bois suscitent un intérêt tout particulier des fabricants de supports de culture, mais elles souffrent d’une faible rétention en eau et d’une stabilité biologique plus faible que la tourbe, qui freinent encore leur utilisation à plus grande échelle.
Démarche et méthodes
Dans ce contexte, des essais de défibrage ont été réalisés avec un extrudeur bi-vis haute capacité afin de produire des fibres de bois à partir de plaquettes de pin maritime en utilisant différents profils de vis plus ou moins cisaillants. Les fibres obtenues (Fig. 1) ont ensuite fait l'objet d'analyses granulométriques par analyse d’images dynamiques (Durand et al., 2023), ainsi que de mesures de leurs propriétés de rétention en eau et d’aération (Durand et al., 2024), et de leur biodégradabilité (Durand & Michel, 2026).
Résultats et perspectives
La réduction de la longueur des fibres, induite par des conditions d’extrusion bi-vis plus cisaillantes, s’accompagne d’une augmentation de leur capacité de rétention en eau, atteignant jusqu’à plus de 60 % vol. pour le profil 6C (Fig. 1), une valeur proche de celle de tourbes blondes et nettement supérieure aux 20 à 30 % vol. généralement observés pour les fibres de bois actuellement commercialisées. Elle conduit également à une biodégradabilité accrue (4,5 % de carbone minéralisé pour ce même profil 6C, contre environ 3 % pour les fibres disponibles sur le marché), mettant en évidence des corrélations inverses significatives entre la longueur des fibres et ces deux propriétés.
La morphologie des fibres apparaît ainsi comme un facteur déterminant de leurs performances, à la fois en matière de rétention hydrique et de stabilité biologique. Toutefois, le gain en rétention en eau va de pair avec une plus faible stabilité biologique, ce qui implique de recourir à des procédés complémentaires afin de limiter cette biodégradation.
Références bibliographiques
Durand S., Michel J.C., 2026. Changes in physical properties of growing media constituents according to biodegradation. Frontiers in Horticulture 5:1713311. https://doi.org.10.3389/fhort.2026.1713311
Durand S., Fonteno W.C., Michel J.C., 2024. A review and analysis of particle size parameters and their relationships to physical properties of growing media. Soil Science Society of America Journal. https://doi.org/10.1002/saj2.20661
Durand S., Jackson B.E., Fonteno W.C., Michel J.C., 2023. Particle size distribution of growing media constituents using dynamic image analysis: parametrization and comparison to sieving. Soil Science Society of America Journal. https://doi.org/10.1002/saj2.20518
Nguyen V.T.H., Blok C., Barbagli T., Zheng Z., Mondaca-Duarte F., Vandecasteele B., 2026. The growth of growing media market by 2050: demand and availability of raw materials. Frontiers in Horticulture 5:1800056. https://doi.org/10.3389/fhort.2026.1800056
| Fonction de l'orateur | Professeur |
|---|---|
| Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur | Unité Propre EPHor Environnement Physique de la plante Horticole, L'Institut Agro, Angers |
| Mots clés (hors ceux du titre) | substrats, rétention en eau, biodégradation |
| Autorisation RGPD | oui |