24–25 nov. 2026
Campus d'Angers
Fuseau horaire Europe/Paris

Inventorier pour préserver : les formes sauvages apparentées aux plantes cultivées en France métropolitaine

24 nov. 2026, 16:20
10m
Campus d'Angers

Campus d'Angers

L'Institut Agro Rennes-Angers 2 rue André Le Nôtre 49 045 Angers
A- Présentation orale de 10 mn Diversité végétale, innovation variétale et diversification Diversité végétale, innovation variétale et diversification

Orateur

Magalie DELALANDE (INRAE)

Description

Contexte

Face aux défis posés par le changement climatique et l’évolution des pratiques agricoles, la préservation des ressources génétiques (RG) constitue un enjeu majeur pour l’agriculture. Les RG regroupent les formes cultivées, anciennes et actuelles, ainsi que les formes sauvages apparentées appelées CWR pour Crop Wild Relatives. Les CWR représentent une ressource particulièrement intéressante. Présentes dans les milieux naturels, ces espèces proches des plantes cultivées possèdent souvent une diversité génétique plus élevée que les formes cultivées issues du goulot d’étranglement lié à la domestication et à la sélection moderne (Glémin et Bataillon, 2009). En continuant d’évoluer dans leur environnement naturel, ces formes sauvages ont développé des adaptations aux contraintes climatiques et écologiques, constituant ainsi une source précieuse de gènes d’intérêt pour améliorer la résistance des cultures aux stress biotiques et abiotiques.

Objectifs

Malgré leur importance pour l’amélioration variétale, les CWR restent encore peu intégrés aux politiques de conservation. Afin de mieux connaître la diversité disponible et d’anticiper les impacts des changements globaux, nous avons réalisé un inventaire des CWR présentes en France métropolitaine, Corse comprise.

Démarches et méthodes

À partir des principales espèces cultivées en France (208 espèces appartenant à 134 genres), nous avons recensé 1213 taxons de CWR, correspondant à 845 espèces et 368 sous-espèces ou variétés botaniques (Delalande et al., soumis).
Chaque taxon a été évalué selon plusieurs critères : statut de menace, endémicité, capacité de croisement avec les espèces cultivées et importance économique des cultures associées. Cette analyse a permis d’établir des priorités de conservation in situ. Une première liste comprend 170 espèces nécessitant un suivi précis des populations et la mise au point d’actions de conservation adaptées. Une seconde liste rassemble 365 espèces devant faire l’objet d’une surveillance renforcée afin de mieux évaluer leur vulnérabilité.
La prochaine étape consiste à analyser la distribution géographique des espèces prioritaires afin d’étudier leur diversité adaptative potentielle, d’identifier des zones prioritaires de collecte ou de conservation et de repérer les lacunes dans la conservation ex situ de ces espèces. Pour cela, nous prévoyons d’utiliser l’outil CAPFITOGEN (Parra-Quijano et al., 2012), qui permet de produire des cartographies éco-géographiques (cartes ELC) intégrant des variables climatiques, topographiques et édaphiques. Ces cartes permettent de caractériser les habitats occupés par les espèces et d’utiliser les contextes environnementaux comme indicateurs de diversité adaptative.
Dans une perspective de conservation dynamique in situ Maxted et al. (2020) proposent la création de réserves génétiques dédiées au maintien de la diversité génétique des espèces dans leur habitat naturel. Ces réserves visent à préserver les populations, leur variabilité intra-spécifique et les processus évolutifs. Elles peuvent être implantées dans les aires protégées françaises ou à proximité. L’analyse croisée des unités éco-géographiques et du réseau des aires protégées permettra d’évaluer la capacité actuelle de conservation in situ et d’identifier des zones nécessitant une protection renforcée. Un autre objectif sera de comparer la diversité observée dans les populations naturelles avec celle conservée dans les collections afin d’identifier les régions ou populations insuffisamment représentées.
Dans un premier temps, nous avons sélectionné un panel de formes sauvages de céréales (blé, orge, avoine, seigle) et de lin dans les listes prioritaires des CWR de l’inventaire français pour réaliser ces analyses éco-géographiques. Ce travail donnera des éléments concrets afin de mieux articuler conservation in situ et ex situ, d’optimiser les collections existantes, de proposer des stratégies innovantes de conservation et de produire des outils d’aide à la décision pour les gestionnaires d’espaces naturels, les banques de gènes et les politiques publiques.

Références bibliographiques

Delalande M., et al. (2026). Inventory and priorization of France’s crop wild relatives. Flora (under review).
Glémin, S. and Bataillon, T. (2009), A comparative view of the evolution of grasses under domestication. New Phytologist, 183: 273-290.
Maxted N., et al. (2020). Plant Genetic Conservation. Cambridge University Press.
Parra-Quijano M., et al. (2012). Ecogeographical land characterization maps as a tool for assessing plant adaptation and their implications in agrobiodiversity studies. Genet Resour Crop Evol 59, 205–217.

Fonction de l'orateur Ingénieur
Nom de la structure et affiliation (UMR, Station...) de l'orateur UMR AGAP institut
Mots clés (hors ceux du titre) CWR inventaire priorisation diversité conservation
Autorisation RGPD oui

Auteurs

M. Louis BONNARD Magalie DELALANDE (INRAE) Dr Laurène GAY (INRAE) Dr James MOLINA (amis du CBNMED) Dr Joëlle RONFORT (INRAE)

Documents de présentation

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